• Avec trois pénalités inscrites en dix minutes, Julien Dumora a permis aux Castrais de s’imposer en toute fin de match.
    Avec trois pénalités inscrites en dix minutes, Julien Dumora a permis aux Castrais de s’imposer en toute fin de match. Icon Sport / Icon Sport
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Top 14

Castres : Confession de foi

Rien ne semble avoir changé. Toujours aussi accrocheurs, résilients défensivement et amenés par des avants conquérants, les Tarnais s’imposent aux forceps. Héros, d’abord malheureux puis heureux, Julien Dumora décrypte ce succès.

Neuf points marqués en sept minutes (entre la 68e et la 75e). Impérial face aux perches, Julien Dumora a offert le succès aux Castrais samedi : "«l me fallait les mettre car nos avants avaient fait le boulot et que sur les montées défensives, on récupère des pénalités. Il y a deux coups de pied lointains, mais avec l’adrénaline du match, on les a généralement dans les pattes.» Hermétique à la pression, l’intéressé a été décisif au moment où son équipe avait le plus besoin de lui. Et pourtant, il ne peut s’empêcher de jeter une ombre sur sa prestation : «Sur le premier essai adverse, Nagusa me met un cadrage-débordement sur trois mètres et je vais donc retenir ça ! Je ne dois jamais le prendre, cela ne doit pas m’arriver. Et sur leur seconde réalisation, je fais une erreur de plaquage, je lui redonne le ballon dans les mains (en arrière sur une passe de Nagusa pour Timu, N.D.L.R.) et il marque." Décidément, l’intéressé, déjà coupable de deux erreurs défensives face aux Héraultais l’an passé à Pierre-Fabre (défaite 9-12), n’est pas en réussite face au MHR : "C’est vrai ! L’année dernière, deux de mes fautes amènent aussi deux essais (de N’Gandebe et Reilhac)…»

Un dix précieux prêt physiquement

Titularisé en 10, Dumora pourrait jouer un rôle clé à un poste où le maestro Benjamin Urdapilleta, retenu avec l’Argentine pour le Mondial, manquera à son équipe pendant plusieurs mois. Et où la recrue montalbanaise, Thomas Fortunel, aura besoin de temps pour s’adapter au Top 14. Sa polyvalence lui offre aussi la possibilité de retrouver sa place de prédilection (arrière) en cours de match comme face à Montpellier : «J’ai plutôt mes automatismes aux deux postes. J’ai beaucoup joué arrière sur les deux dernières saisons et un peu moins sur celui d’ouvreur, où j’ai évolué à deux reprises l’an dernier. Il me manque juste à reprendre des repères, surtout défensifs.»Convaincant hier sur sa gestion et son alternance dans ses choix, le trentenaire (31 ans) est apparu très en jambes : «J’ai retrouvé physiquement de très bonnes sensations et je peux désormais faire des choses dont j’étais capable avant mon opération des adducteurs l’année passée. Cela a pris du temps, car même sur la fin du dernier championnat, je n’étais pas à ce niveau. J’ai suivi une bonne préparation avec les kinés et la blessure s’est effacée progressivement. Je n’ai plus de douleur après avoir eu des pépins à la cheville et au mollet l’an dernier. Peut-être qu’il y avait un manque de récupération et que j’ai repris un peu trop tôt.»

Un proche passé que l’intéressé a aujourd’hui dépassé. Là, où le Castres du nouveau manager Mauricio Reggiardo, s’est montré fidèle à son image. «Nous n’avons rien lâché en restant solidaires jusqu’à la fin. C’est la force de ce groupe qui arrive à faire basculer le match sur la fin. On va donc retenir ce caractère et cette cohésion. Ainsi que l’apport de notre banc qui a amené beaucoup de fraîcheur. On a aussi mieux occupé le terrain sur le second acte, pour mettre les Héraultais sous pression dans leur camp et récupéré des fautes.» Toujours aussi "pénibles" à l’instar d’un Rory Kockott des grands soirs (à l’origine du jaune de Jacques Du Plessis), les Tarnais ont réussi à faire ressortir les faiblesses de leurs adversaires pour les punir. Sans parvenir à mettre à profit leur double supériorité numérique : «Nous avons deux touches proches de leur ligne alors qu’ils sont à treize et on les perd. C’est un manque de maîtrise et des fautes bêtes qui les remettent dans le match.»

Joueurs sur l’entame, les locaux, maîtres de la possession par la suite mais soudainement perdus offensivement, se sont vite recentrés sur un rugby axial pour triompher. Alors, rien n’aurait encore changé au CO malgré l’apport d’un nouveau staff et des matchs amicaux séduisants ? «Il va falloir être patient afin que l’on puisse mettre nos nouveaux systèmes en place et que notre rugby soit plus huilé. Le coach ne veut pas qu’on joue petit bras. C’est un petit changement pour nous qui étions plutôt pragmatiques. Les repères sont différents entre nous et pour avancer, il faudra arrêter de faire autant de fautes de main qui nous ont empêchés de développer de longues séquences.» Une question de confiance aussi, renforcée par ce succès vital et incarnée par Julien Dumora.

Midi Olympique
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