• Les Bleus défaits en Écosse pour leur deuxième match de préparation à la Coupe du monde
    Les Bleus défaits en Écosse pour leur deuxième match de préparation à la Coupe du monde PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
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Edito

En culotte courte

L'édito d'Emmanuel Massicard... Ne vous fiez pas aux apparences. Le soleil qui a réchauffé - et pour le coup transfiguré - Murrayfield samedi après-midi, n’a pas éclairé le chemin du XV de France. Pire, une semaine après s’être levé sur la Côte d’Azur avec un franc succès à cinq essais remporté face à l’arrière banc écossais, il s’est salement couché sur nos maigres espérances. Bref, au terme d’un « petit » match, les Bleus se sont donc inclinés, de peu mais hélas sans talent. Dans la lumière crue d’Édimbourg, ils sont apparus tels qu’ils étaient ces dernières années : atones, lents, empruntés, imprécis. Sans liant et sans réussite.

Même s’il convient de relativiser la portée de ce revers comme nous avions tempéré la valeur du succès précédent, ce « jour sans » ressemble à tant d’autres de ceux que nous avons vécus l’an dernier. Il nous renvoie à une bien triste réalité : nous irons à la Coupe du monde en culotte courte. C’est à dire sans maîtriser véritablement le nouveau cadre de jeu posé par Fabien Galthié. Et sans posséder de certitudes collectives ou individuelles, même si l’écrémage naturel s’est fait par le bas à Murrayfield, au gré de la litanie de fautes et du manque d’allant inquiétant qui habitait quelques-uns des joueurs français à l’image de Raka ou Taofifenua.

À tel point que l’on ne se pose clairement plus la question de savoir s’ils sont tous taillés pour la grande aventure internationale… Une chose est désormais bien claire : avec ou sans Gabrillagues, certains choix se feront plus par défaut qu’autre chose le 2 septembre quand Jacques Brunel dévoilera la liste des 31 joueurs sélectionnés pour le Japon.

Vous l’avez compris, nous sommes loin, très loin de l’Angleterre qui a corrigé l’Irlande à Twickenham. Loin du « confort » d’Eddie Jones qui a plus que jamais l’embarras du choix des hommes, pour constituer son équipe et assouvir son ambition. Nous sommes loin, très loin mais c’est bien face à l’Angleterre que le XV de France devrait jouer son avenir, le 12 octobre. Qu’importe tout cela, Jacques Brunel s’est dit satisfait après la balade écossaise. Déroutant discours de façade qui laisse à penser que les Bleus ont été rattrapés par la résignation. Ou qu’ils se bercent d’illusions en espérant qu’une telle positive attitude fera des miracles dans quelques semaines, quand toutes les cartes auront été rebattues…

Tout est possible mais, sans langue de bois, il faut l’avouer : on ne croit plus au Père Noël depuis belle lurette. Et puis, il nous revient le souvenir - cauchemar - de 2015 quand les Bleus avaient adopté pareille stratégie d’auto-persuasion, moral gonflé artificiellement à grands coups de wattbike. Pour le naufrage que l’on sait. N’y revenons pas. Plus jamais.

Vendredi à Paris l’équipe de France livrera son troisième match d’entraînement, face à l’Italie. Trop tard pour nous rassurer véritablement, puisque l’ultime galop servira à faire tourner les hommes. Tous joueront, a annoncé le sélectionneur. Tant pis si l’équipe-type qui affrontera l’Argentine reste à construire et plus encore à rôder. Tant pis, enfin, si nous n’avons que de frêles certitudes, autour d’une défense ragaillardie et avec la fraîcheur des Penaud, Ollivon, Dupont et autres Alldritt. C’est ainsi que le XV de France tentera l’impossible face aux Pumas. Faut y croire…

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