• Les Anglais de Manu Tuilagi ont envoyé un signal fort au monde du rugby. Ils sont prêts pour la conquête du trophée Webb-Ellis.
    Les Anglais de Manu Tuilagi ont envoyé un signal fort au monde du rugby. Ils sont prêts pour la conquête du trophée Webb-Ellis. PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
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Test Match

La Rose a piqué

Les Anglais terminent leur préparation par une performance majuscule à Twickenham. En faisant voler en éclats les Irlandais, ils ne laissent planer que peu de doutes sur leurs ambitions.. Les Bleus sont prévenus.

À moins d’un mois du Mondial nippon, l’Angleterre fait déjà peur. Les protégés d’Eddie Jones, qui ne font pas de cachotteries autour de leur désir de victoire finale au Japon, n’ont jamais semblé aussi forts. Dans leur antre de Twickenham, les Anglais ont fait voler en éclats leurs voisins irlandais, au terme d’un match magnifique. Leur puissance – tant individuelle que collective- et leur vitesse d’exécution ont fait merveille.

Huit essais, tous plus beaux les uns que les autres, sont venus enluminer la balade anglaise dans la touffeur de Londres, où la température ambiante n’est jamais descendue au-dessous des 30 degrés samedi après-midi. Cela n’a nullement empêché le XV de la Rose de développer un rugby incroyablement efficace, servis par des soldats au sommet de leur art. Passons sur le match d’Owen Farrell, toujours aussi efficace, qu’il évolue en 10 ou en 12. L’ange blond de Wigan a réussi une partie pleine de maîtrise (7/8 au pied), où sa créativité et ses habiletés techniques ont lancé quelques attaques venues d’ailleurs. Son coéquipier du centre, Manu Tuilagi, dans un autre style, tout en puissance, s’est régalé des caviars du numéro 12 Anglais. Avec leurs lancements au cordeau, les Anglais ont mis au supplice des Irlandais qui n’ont pas su répondre à un tel déferlement de puissance et de créativité au centre du terrain. Les essais de Cokanasiga (13e, 65e), de Daly (29e) ou de Tuilagi (36e) illustrent à la perfection l’efficacité du rugby anglais, où la vitesse le dispute à la prise d’initiatives.

Que dire, aussi, de la jeune troisième ligne du XV de la Rose ? Autour du numéro 8 hyperexpérimenté Billy Vunipola, Eddie Jones a choisi d’aligner deux gamins dégingandés, déjà vus lors du dernier Tournoi des 6 Nations et qui confirment tout le bien que l’Angleterre pense d’eux : Tom Curry et Sam Underhill. À respectivement 21 et 23 ans, la classe biberon du XV de la Rose a mis sous l’éteignoir la troisième ligne irlandaise. Maîtres des rucks et du combat, grattant un nombre incalculable de ballons, les deux gamins ont posé les jalons du succès anglais.

Enfin, Maro Itoje a lui aussi survolé les débats. Étouffant les Irlandais en touche (deux ballons volés), on a vu sa longiligne carcasse se démultiplier dans toutes les strates du jeu. Il s’est même permis le luxe de marquer un essai que n’aurait pas renié un trois-quarts, en venant se proposer à hauteur d’Owen Farrell et en cassant deux plaquages avant de s’écrouler dans l’en-but. Une performance majuscule. Une de plus.

Un test contre l’Italie pour les derniers choix

Quid de la suite, alors ? Les Anglais disputeront un ultime match de préparation, le 6 septembre, contre l’Italie, à Newcastle. Cette rencontre devrait permettre à Eddie Jones d’affiner ses derniers choix, et de tester une dernière fois le pilier Mako Vunipola, sorti touché à cinq minutes du terme de la rencontre. Pour le reste, il y a fort à parier que le sorcier du XV de la Rose tient peu ou prou son équipe type.

Ensuite, les Anglais se retrouveront au Japon dans la même poule que l’équipe de France. Ils joueront d’abord contre les Tonga, puis les États-Unis et l’Argentine. Et sans vouloir présager ici du résultat de l’Angleterre-France du 12 octobre prochain, il vaudrait quand même mieux que les Bleus de Jacques Brunel et Fabien Galthié abordent cette rencontre en ayant fait auparavant le plein de points... L’Angleterre vient d’envoyer un signal fort au monde du rugby. La perfide Albion est prête.

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