L’animation inoffensive des Bleus

  • À l’image d’Alivereti Raka, qui est pris ici dans la tenaille écossaise, les Français ont eu toutes les peines du monde à développer leur jeu offensif à Murrayfield.
    À l’image d’Alivereti Raka, qui est pris ici dans la tenaille écossaise, les Français ont eu toutes les peines du monde à développer leur jeu offensif à Murrayfield. PA Images / Icon Sport
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Bien en place en défense mais incapables de créer du danger ballon en main, les Bleus se sont montrés bien trop maladroits et désorganisés pour ne pas se faire punir par l’Écosse. Un vrai pas en arrière, après les promesses entrevues à Nice.

On avait annoncé, avant ce match, ces 80 minutes à Murrayfield comme un véritable test pour le nouveau système défensif des Bleus, face à une formation écossaise beaucoup plus proche de son XV-type. De ce point de vue, on ne peut pas complètement se montrer déçus, puisque c’est sur deux ballons récupérés en défense que Damian Penaud put inscrire son doublé (le premier sur une interception personnelle, le second après un bon travail de Guitoune). Et cela, fidèles à leur positive attitude, les Bleus ne s sont pas privés de le rappeler… "On ne s’est jamais sentis en danger", confiait Charles Ollivon, tandis que la paire de centres Fickou-Guitoune avançait que "les initiatives écossaises étaient relativement faciles à lire, ce qui nous a permis de les mettre en difficulté." Sauf, à vrai dire, sur l’essai de Harris, où la deuxième ligne Vahaamahina-Taofifenua laissa un boulevard au milieu du terrain. Mais chut ! N’anticipons pas…

30 ballons perdus au total, dont 18 en-avant

Car la moralité, après ce match ? Elle s’avère qu’à ce jeu, il ne suffit malheureusement plus de bien défendre pour gagner… Incapables de conserver le ballon, les Bleus ont concédé de trop nombreuses pertes de balle (30 ballons perdus au total, dont 18 en-avant) face à des Écossais plus agressifs dans les phases de ruck (lire ci-contre), et organisés différemment en défense. "Ils montaient plus haut, plus fort", comparait Fickou. Les lancements de jeu si efficaces à Nice (comme ces "zooms" pour les ailiers dans le dos des centres) se virent ainsi systématiquement coupés, tandis que les ouvreurs tricolores ne surent jamais s’extraire de la pression de Hamish Watson (Lopez y laissant au passage quelques cotes), s’enlisant dans des retours intérieurs inefficaces et un jeu au pied imprécis. Et dire que le staff du XV de France avait choisi de conserver l’ossature de l’équipe alignée la semaine dernière, justement dans le souci de privilégier les repères collectifs entre joueurs…

Alors certes, il faut convenir que la blessure de Camille Lopez n’aida pas vraiment les Bleus, qui menaient au score (14-3) avant la sortie de leur meneur de jeu. Mais on ne fera gober à personne, honnêtement, que les Tricolores étaient beaucoup mieux inspirés ballon en main durant les 39 premières minutes. Au contraire, incapable de construire son jeu lorsqu’il se situait dans le camp écossais, le XV de France oublia d’insister dans l’axe, là où il avait pourtant fait des ravages la semaine dernière.

L’improvisation fatale de la 39e

Voilà comment les Bleus se sont retrouvés ainsi en situation périlleuse, chaque fois qu’ils se sont risqués à se faire des passes devant la défense. Pas étonnant donc de les voir se faire punir lorsqu’ils jouèrent la balle de trop… Ainsi, sur le premier ballon de Ntamack juste avant la mi-temps, les Tricolores se lancèrent ainsi dans une attaque-suicide derrière une mêlée sur le reculoir, immédiatement sanctionnée par une perte de balle entre Ramos et Penaud, et un essai de Sean Maitland. "C’est un match amical, ça fait partie du jeu de tenter ce genre de coup, essayait d’argumenter Fickou. Contre l’Argentine, dans nos 22 mètres, on ne jouera évidemment pas ce ballon comme ça…" Une explication qui risque de beaucoup moins convaincre Fabien Galthié en séance vidéo, puisque c’est au contraire quant à leur capacité à sortir de leur camp que les Bleus souhaitaient s’évaluer à Murrayfield… Et à ce sujet, ces derniers touchèrent le fond en deuxième période, lorsque Raka et Ramos se firent croquer sous la pression écossaise près de leur ligne… La suite, on la connaît, avec une séquence de jeu dans les cinq mètres et l’erreur défensive (la seule du match, peut-être) qui permit au centre Harris de s’infiltrer. Circulez, il n’y avait plus rien à voir, hormis cette indigence offensive qui demeure rien d’autre qu’un brave retour en arrière, avant ce dernier match de préparation face à l’Italie.

Midi-Olympique.fr
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