• 79e minute : après une passe au pied de Samuel Marques, Antoine Hastoy marque l’ultime essai du match pour finir en beauté. Photo
    79e minute : après une passe au pied de Samuel Marques, Antoine Hastoy marque l’ultime essai du match pour finir en beauté. Photo Quentin Top / Quentin Top
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Le renouveau de Pau

Avec du métier mais surtout beaucoup de courage, les Palois sont parvenus à surmonter l’obstacle Brive à 14 contre 15. La preuve que la Section écrit un nouveau chapitre de son histoire.

Et si le public du Hameau venait d’assister à la naissance d’une équipe ? Au vu de la prestation des Palois ce samedi, ils peuvent en tout cas y croire. Loin des galères de l’an dernier, qu’elles furent sportives ou extra-sportives, les supporters béarnais se sont mis à rêver en voyant les colombes s’envoler pendant la Honhada. Même le co-manager Frédéric Manca en est persuadé : "On ne pouvait pas espérer mieux ! Les faits de match nous ont permis de découvrir que l’on avait un groupe. On le savait mais les paroles sont faciles, les actes beaucoup moins. Et là, il y a eu des actes sur le terrain." Réduits à 14 dès la 21e minute, les Palois ont en effet dû s’employer pour tenir leur ligne. Même si les Brivistes ont manqué de réalisme, leurs hôtes ont été extrêmement vaillants en défense. "On sait que Brive a des qualités de puissance, notamment dans les 22 mètres où ils envoient les tanks, remarque Thibault Daubagna. Mais notre défense les a contrés, tout simplement. Ils ont été à court de solutions, n’ont pas réussi à concrétiser. On avait mis l’accent là-dessus et les gros, même les trois-quarts avons été très performants en défense."

Un acte fondateur

En effet, les Palois ont donné du fil à retordre aux promus, au point que l’on ne remarque pas l’infériorité numérique. "Les Palois avaient vraiment les crocs et en voulaient plus que nous, reconnaît avec amertume le manager Jeremy Davidson. Ils étaient très combatifs et très agressifs en défense." Pour se sortir de ce piège, il a fallu également à la Section des leaders tactiques à la hauteur de la difficulté de la tâche. Et dans ce rôle-là, la charnière a été irréprochable. "Quand le temps est aussi beau, le risque est de croire qu’on va faire du grand rugby, analyse Fred Manca. Mais c’est souvent dans ces conditions-là que le ballon est difficile à maîtriser à cause de la transpiration. Au vu de la chaleur on était partis pour gérer les efforts, on a dû doublement le faire une fois à 14. La charnière l’a bien fait aujourd’hui." L’intelligence stratégique de cette jeune charnière (Daubagna, 25 ans ; Hastoy, 22 ans) en a surpris plus d’un. Le premier temporise au maximum dans les sorties de balle, ou pointe du doigt une intrusion illicite au sol de la part d’un adversaire pour que l’arbitre siffle pénalité. Et le second a épaté son monde. Il est aussi le signe d’un renouveau, car c’est peut-être la saison de son avènement. Amené à jouer davantage, il peut postuler à une place de titulaire à l’ouverture après sa prestation samedi, cumulée à ses sorties de la saison dernière. Colin Slade, tout excellent joueur qu’il est, était blessé et peut-être décalé à d’autres postes de l’arrière.

Des revanchards et un état d’esprit retrouvé

Comme son demi de mêlée Thibault Daubagna, Fred Manca était admiratif de la prestation de son jeune ouvreur : "Son match m’a plu, oui. Je sais de quoi il est capable et je pense que, petit à petit, il est en train de se construire. Un tel match en vaut 10 au niveau de l’expérience et du management que l’on doit avoir. Je l’ai aussi trouvé solide en défense, c’est très important dans ces conditions."

D’autres n’avaient pas eu leur chance l’an dernier, ou du moins n’avaient pas été convaincants. Parmi eux, Antoine Erbani, qui samedi a été partout. Très perforant, il a volé deux lancers adverses en touche et a rassuré à son poste avant l’arrivée du All Black Luke Whitelock.

À ses côtés, Martin Puech a plaqué à tour de bras et sans relâche et s’affirme lui aussi comme un titulaire en puissance. "Antoine fait un très bon match, dans toutes ses prises de balle et en touche, assure Thibault Daubagna. Certains joueurs ont rongé leur frein toute la saison dernière et ils arrivent cette saison un peu affamés. Cette stimulation est très positive."

Cette reprise de championnat, pleine de rebondissements marque donc une nouvelle histoire pour une Section paloise qui a retrouvé du caractère. "Une page s’est tournée au club pour beaucoup de choses, conclut le demi de mêlée. C’est un match sur lequel on peut s’appuyer pour nos prochaines confrontations."

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