• Pour son retour dans le club qui l’a formé, Julien Hériteau a offert un récital.
    Pour son retour dans le club qui l’a formé, Julien Hériteau a offert un récital. MIDI OLYMPIQUE - PATRICK DEREWIA / MIDI OLYMPIQUE - PATRICK DEREWIA
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Toulon : Comme à la maison

Produit de la formation agenaise, Hériteau faisait son retour au stade Armandie, trois mois après l’avoir quitté. et, avec un doublé à la clé, il a brillé.

La confession était signée Patrice Collazo, après le coup de sifflet final, dans le couloir d’Armandie : «J’ai connu des joueurs pour qui la première face à leur ancien club a été beaucoup plus délicate. » Référence à son nouveau protégé, Julien Hériteau, qui portait le maillot d’Agen depuis l’âge de 15 ans jusqu’en mai dernier, avant de rejoindre la Rade. Forcément, quand le calendrier fut dévoilé, avec ce déplacement dans son antre de cœur d’entrée, le trois-quarts centre était servi. Il a répondu plus que présent, avec une large victoire à la clé mais aussi un doublé sur le plan personnel. «Je suis content d’avoir marqué. En plus, deux essais pour mon premier match avec Toulon et lors du retour sur mes terres…» Mais sur chaque réalisation, l’intéressé est resté sobre après avoir aplati, se contentant de recevoir les félicitations de ses partenaires. «Je ne pouvais pas les célébrer, avoue-t-il. Je revenais à Agen, un endroit qui compte pour moi, je n’allais pas faire n’importe quoi.» Car, après avoir commencé le rugby dans son Gers natal et signé sa première licence à Lectoure à 13 ans, c’est au SUALG que Julien Hériteau a tout connu, ou presque. Une éclosion qui lui a permis de s’affirmer comme l’un des Français les plus prometteurs à son poste et qui a convaincu les dirigeants toulonnais. «Je vais avoir 25 ans, Toulon m’a appelé et je me suis dit : «C’est un grand club, il faut le tenter.» Après une période difficile, j’ai compris que le RCT voulait reconstruire quelque chose de bien. Je crois à mort en ce projet.» Aventure commencée de la plus belle des manières au bout d’une semaine pas comme les autres. «Elle a été particulière. Je pensais beaucoup au retour à Armandie où j’ai vécu tellement de choses. On m’avait prévenu que c’était singulier. Oui, ça l’est mais il faut savoir le mettre de côté. Je savais qu’il y aurait un peu d’émotion mais je n’avais pas le droit de me laisser emporter.» Son entraîneur avait senti cette forme d’appréhension : «Il était tendu avant la rencontre mais il s’est libéré sur le terrain.» Une évidence. Ses anciens coéquipiers peuvent d’ailleurs en témoigner, eux qu’Hériteau avait rejoints la veille, en fin de journée, en ville. «Je ne me suis même pas mis dans une bulle les jours précédents. J’ai appelé les mecs pour prendre quelques nouvelles, savoir dans quel état d’esprit ils étaient. Puis on a passé ce petit moment ensemble et on a pu se parler gentiment dans le bec (rires).»

Collazo : «Ils vont apprendre à le connaître»

Surtout, si le XV de départ a été livré au groupe assez tard, Hériteau avait vite compris qu’il devrait faire passer les sentiments au second plan puisqu’il serait titulaire au centre de l’attaque, associé à Julian Savea, pour l’entame de la saison. «La composition a été annoncée au dernier moment mais, au vu des entraînements, on avait une petite idée de l’équipe qui allait débuter» glisse-t-il. Ce "come-back" réussi à merveille, le néo-Varois peut se projeter sur la suite désormais. «Je suis heureux pour lui et je suis heureux qu’il soit à Toulon, assure Collazo. Les vrais le connaissent déjà mais les autres vont apprendre à le connaître car c’est un joueur très complet.» Le genre de compliment qui en dit long sur le rôle qu’Hériteau devrait tenir dans le dispositif du technicien, lequel n’hésite pas à accorder sa confiance à des talents en devenir. «On l’a vu avec tous les jeunes sur le banc, souligne l’ex-Agenais. Il y a une belle génération qui arrive ici et ça ne peut que marcher…» Lui va continuer de s’épanouir, d’autant plus qu’il fait déjà presque figure de taulier à son poste. «Bastareaud et Fekitoa sont partis, Duncan (Paia’aua) s’est blessé mais ça reste Toulon. Je suis conscient de la concurrence et des attentes qui existent.» La preuve ? Ben Te’o, écarté de la liste anglaise pour le Japon vient de s’engager comme joker Coupe du monde. Après avoir évolué aux côtés d’un All Black samedi, il devrait aussi côtoyer un Lion britannique. Lui en est ravi : «C’est génial. J’apprends beaucoup de ces mecs tous les jours.»

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