• À force de travail et de remise en question, le pilier gauche, Cyril Baille pourrait s’inviter dans les 31 qui partiront au Japon. Photo M. O. - D. P.
    À force de travail et de remise en question, le pilier gauche, Cyril Baille pourrait s’inviter dans les 31 qui partiront au Japon. Photo M. O. - D. P.
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Courses contre la montre

il y a encore un an, fauché par deux graves blessures d’affilée, le toulousain partait de loin pour voir le japon. mais après avoir regagné sa place en club, il pourrait s’inviter dans les 31 bleus.

Mi-décembre, à la veille de son retour sur les pelouses du Top 14, la question de sa présence lors de la Coupe du monde 2019 était posée à Cyril Baille sur Rugbyrama.fr. Lequel avait poliment tempéré : "Cela reste un objectif à long terme. Mais je veux d’abord regagner ma place à Toulouse. Pour le moment, je suis concentré sur mon club. Le reste, on verra plus tard." Il faut dire que le pilier gauche revenait de deux graves blessures et d’autant d’opérations. Une rupture du tendon rotulien d’un genou en avril 2017, venu le faucher en pleine ascension alors qu’il était devenu le premier choix à son poste chez les Bleus, puis une rechute au niveau des ischios en août 2018 qui l’a contraint à être de nouveau éloigné des terrains. Il restait donc un long chemin à parcourir pour rallier Tokyo… Voilà pourquoi l’intéressé, dont la bonne humeur n’a d’égal que l’humilité érigée en tradition familiale, s’est avant tout concentré sur ses objectifs à Ernest-Wallon où, en son absence, Clément Castets, Lucas Pointud, Rodrigue Neti et même le jeune David Ainu’u avaient présenté de solides garanties. À force de travail et de remise en cause, ce garçon naturellement à l’aise dans le jeu en a pourtant profité pour faire évoluer son profil. Il est ainsi revenu plus affiné pour se muer en un joueur plus moderne encore. Jusqu’à retrouver peu à peu son meilleur niveau et logiquement sa place de titulaire chez les Rouge et Noir. Le 15 juin dernier, au Stade de France, c’est lui qui portait le numéro 1 dans le dos face à Clermont pour s’offrir le Bouclier de Brennus. Juste récompense collective et personnelle, derrière ces deux années de galère.

Servat : "garçon doué et rigoureux"

Trois jours plus tard, la douche aurait néanmoins pu être froide. Jacques Brunel annonçait une liste de 37 noms pour la Coupe du monde, dans laquelle ne figurait pas Baille malgré des espoirs légitimes au vu de ses phases finales. L’intéressé encaissait sobrement, déjà heureux du titre qu’il venait de décrocher. Mais tout s’est encore accéléré… Le forfait du Clermontois Etienne Falgoux, retenu comme réserviste, lui ouvrait finalement les portes du groupe élargi. Ce qu’il accueillait avec autant d’enthousiasme que de lucidité : "Vous imaginez l’opportunité que ça représente pour moi, même si, à la base, je ne devais pas être là. J’ai composé avec un retard physique en me retrouvant avec des gars qui ont repris la compétition bien avant moi. " Pas de quoi lui faire baisser les bras. Initialement derrière Dany Priso dans la hiérarchie des "remplaçants" de Jefferson Poirot, Baille — qui possède la vertu de rassurer ses entraîneurs en mêlée fermée — a marqué de précieux points ces dernières semaines. Au point de gagner sa deuxième course contre la montre pour s’inviter au Japon ? Tout semble aujourd’hui l’indiquer. Déjà sur le banc à Édimbourg où son entrée en jeu a permis de rééquilibrer les débats dans l’épreuve de force, le Toulousain sera encore sur la feuille de match ce vendredi soir. Une rencontre que le Rochelais observera des tribunes… Un signal suffisamment équivoque ? Reviennent alors en tête ces mots de William Servat concernant son protégé : "Cyril a fourni un énorme boulot de l’ombre depuis le début de sa carrière. C’est un garçon doué et rigoureux, qui mérite ce qui lui arrive." J. Fa.

FADAT Jérémy
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