• Le talonneur francilien, Teddy Baubigny, a pour ambition d’atteindre la barre des trente matchs joués cette saison. Il sait qu’il faudra que  le résultat soit meilleur que face à Bayonne. Photo Icon Sport
    Le talonneur francilien, Teddy Baubigny, a pour ambition d’atteindre la barre des trente matchs joués cette saison. Il sait qu’il faudra que le résultat soit meilleur que face à Bayonne. Photo Icon Sport
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Top 14

Baubigny : Le poids des responsabilités

Dans une situation déjà anxiogène après seulement une journée de Top 14, le jeune talonneur formé au club s’affirme comme un leader. Il le dit haut et fort, en l’absence des cadres, «C’est aux jeunes d’assumer».

N’allez pas dire à Teddy Baubigny que cette défaite inaugurale contre le promu bayonnais, c’est de la faute aux absents, vous risqueriez au mieux de voir ses épais sourcils se froncer, au pire de sentir vos doigts se briser à l’instant de lui serrer la main pour le saluer. Ce revers à domicile, le jeune talonneur du Racing 92 l’a en travers de la gorge. Bel euphémisme. On a eu beau tenter d’évoquer avec lui sa prestation personnelle lors de la première journée de Top 14, il n’a rien voulu entendre. «Peu importe les performances individuelles des uns ou des autres, a-t-il répliqué, on n’avait pas le droit de perdre à l’Arena contre le promu. Avec cette défaite, on s’est mis dans l’embarras dès le premier match. Du coup, on a encore plus de pression, plus de responsabilité avant de recevoir Castres.» Le discours est à l’image du bonhomme : musclé et lucide.

À bientôt 21 ans, Teddy Baubigny n’est pas du genre à s’échapper. Les dix absents pour cause de Mondial, il n’en a cure. Au contraire. Il y voit une opportunité pour les jeunes d’avoir du temps de jeu, d’engranger de l’expérience. Et de cingler : «On a une chance incroyable de pouvoir jouer en Top 14, qu’on la saisisse !» Les responsabilités ne l’effraient pas. Il veut les assumer. «Pour moi, c’est une opportunité incroyable, dit-il. C’est pile poil le moment où les gens vont se demander si le petit jeune va réussir à combler le trou laissé par les grands ou s’il va falloir aller chercher un talonneur ailleurs. C’est vraiment une saison charnière pour moi, mais aussi pour beaucoup de jeunes du club. Seulement, si on ne répond pas positivement aux attentes, il ne faudra pas pleurer.»

L’an passé, Teddy Baubigny a disputé 23 rencontres, toutes compétitions confondues et en comptabilisant le match avec les Barbarians français contre le Tonga en novembre 2018. «Cette année, j’aimerais atteindre la barre des trente matchs, mais j’ai surtout envie d’équilibrer mon ratio titulaire/remplaçant.» Ambition légitime, la saison dernière, il n’a débuté que trois rencontres…

Rendez-vous crucial

La retraite de Dimitri Szarzewski conjuguée à l’absence de Camille Chat pour cause de Mondial, Baubigny y pense depuis longtemps. «Depuis trois ans, j’ai vraiment ciblé cette saison, confie-t-il. J’en parlais avec mes parents, mes proches. Jusque-là, je prenais ce qu’on voulait bien me donner. Là, j’ai envie de profiter. Je veux prouver au club qu’à moyen et long termes, il peut compter sur moi.» Le juge de paix, ce sera évidemment les résultats sportifs. Celui qui est arrivé au Racing à l’âge de 14 ans en provenance de Meaux en a conscience. Il ressasse encore cette première défaite. «Le ton est monté en début de semaine, confesse-t-il. Mais c’est normal, non ?» Assurément, le Racing 92 n’a pas assumé son statut de prétendant au titre de champion de France face à une équipe qui bataillait l’an passé à l’étage inférieur. Ce deuxième rendez-vous face à Castres est déjà crucial. «Ce sera un vrai test pour nous, reprend-il. Ils viennent de gagner, ont de la confiance et vont vouloir nous mettre la tête de l’eau.» Le décor est planté.

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