• "L’an passé, j’ai raté les matchs décisifs..."
    "L’an passé, j’ai raté les matchs décisifs..."
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Entretiens

Holmes : «L’an passé, j’ai raté les matchs décisifs...»

Après une fin de saison frustrante à titre personnel, il est déjà le papa des trois-quarts durant le mondial.

Midi Olympique : Comment vous sentez-vous après plusieurs mois frustrants ?

Zack Holmes : Être de retour est agréable. J’ai raté presque toute la deuxième partie de saison passée… J’ai juste envie d’être sur le terrain, de me sentir libéré et de laisser les pépins physiques derrière moi autant que possible. C’est mon premier objectif. Sur le plan collectif, le but est d’aligner des résultats positifs dans ce premier bloc difficile pour nous.

Vous aviez joué de malchance depuis votre expulsion en quart de finale européen, en enchaînant commotions et blessures…

Z. H. : Tout m’est tombé dessus en même temps. Ce sont des choses qui arrivent dans une carrière. Il faut l’accepter mais j’espère aujourd’hui que la chance a tourné pour moi et que je vais pouvoir continuer à m’exprimer sur le terrain. C’est vraiment mon souhait. En ce sens, j’ai tout fait durant la trêve puis lors de la préparation pour que mon corps me laisse tranquille.

Vous sentez-vous pleinement champion de France ?

Z. H. : Non, je crois qu’à partir du moment où vous n’êtes pas sur le terrain en finale… Je sais que j’ai beaucoup joué durant la saison mais manquer ce genre de rendez-vous, c’est dur pour n’importe qui. Tout rugbyman veut disputer les grands matchs et, l’an passé, j’ai raté ceux décisifs : la demi-finale de Champions Cup, celle de Top 14 puis la finale. Même le quart de finale européen, j’ai écopé d’un carton rouge en première mi-temps. Je suis venu à Toulouse pour avoir l’opportunité de vivre ce genre de moment et je n’ai pas pu le faire. La déception était immense même si ça n’enlève rien à ma joie de voir le club champion de France et à la fierté d’avoir participé à cette aventure. Cela va marquer le reste de ma vie.

L’objectif est donc de conquérir un nouveau titre en étant acteur jusqu’au bout cette fois…

Z. H. : Évidemment. C’est toujours l’ambition quand on débute une saison. Mais on sait que, dans le passé récent, le champion en titre a toujours connu de grosses difficultés lors de l’exercice suivant. Toulouse ne sera pas épargné, chacun en est conscient, mais je crois en ce groupe. Si notre équipe joue comme elle l’a fait l’an passé, même quand elle était touchée par les blessures ou les absences durant le Tournoi des 6 Nations, il n’y a pas de raison. Sur ce point, la performance à Bordeaux est encourageante même si nous avons offert trop de points faciles à notre adversaire.

Comment vivez-vous la période actuelle sans les internationaux ?

Z. H. : L’entame de saison est complexe, c’est évident. Le contexte est ainsi fait et les joueurs présents au club doivent donner le maximum pour surmonter la situation.

Avec Sébastien Bezy, vous êtes du coup le plus expérimenté derrière. Qu’est-ce que cela change ?

Z. H. : Avec Seb, nous avons probablement encore plus de responsabilités. On peut aussi s’appuyer sur Théo Belan qui a un gros vécu, Max Mermoz qui fait son retour ou Arthur Bonneval qui commence à avoir une belle expérience. Nous sommes tous encore jeunes mais avons assez joué à haut niveau pour savoir ce qu’il faut faire. Le but est de limiter les risques dans un départ de championnat qui nous offre trois gros matchs à l’extérieur, à Bordeaux, Lyon et La Rochelle, lors des quatre premières journées. Il faut être prêt d’entrée mais j’ai confiance en notre jeune formation, surtout que la saison passée a donné de l’assurance à tout le monde.

Personnellement, parlez-vous encore davantage aux jeunes ?

Z. H. : Oui. Clément (Poitrenaud) et Ugo (Mola) encouragent beaucoup les jeunes joueurs et j’en fais de même. J’essaye de leur parler, notamment aux espoirs qui ont intégré le groupe cet été, de leur donner confiance et leur dire que leur opinion est importante. Le poste d’ouvreur m’oblige naturellement à tenir ce leadership, pas seulement lors des matchs mais également durant la semaine. Il faut s’assurer que chacun est engagé, impliqué et concentré pendant les séances de trois-quarts. C’est une chose à laquelle je dois faire plus attention en cette période de Mondial car je commence à être un des plus vieux (sourires). Je suis assez à l’aise avec ça.

Ramos absent, vous avez aussi la responsabilité du tir au but…

Z. H. : J’ai eu l’habitude de buter durant toute ma carrière même si je le fais un peu moins à Toulouse en raison de la réussite de Thomas. C’était plus dur en fin de saison dernière avec ma blessure (adducteurs, N.D.L.R.) mais je me suis ménagé, notamment lors du premier match amical (contre Colomiers, N.D.L.R.). Ça ne se perd pas quand vous tapez depuis votre jeunesse, vous connaissez votre rituel, votre processus personnel. Et en voyant le pourcentage d’un week-end à l’autre, vous comprenez que le reste est psychologique. C’est une forte responsabilité puisque vous avez l’occasion de récompenser votre équipe mais j’aime ça.

FADAT Jérémy
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