• Le puissant Caleb Timu s’apprête à vivre une période intense où il devra suppléer Louis Picamoles, en séjour au Japon avec le groupe France pour le Mondial.
    Le puissant Caleb Timu s’apprête à vivre une période intense où il devra suppléer Louis Picamoles, en séjour au Japon avec le groupe France pour le Mondial. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Top 14

Timu : Compétiteur né

Inconnu ou presque du public français, l’international australien (2 sélections) a réussi son baptême du feu à Castres. Confirmation attendue samedi (18h) face à Pau, lors de sa première au GGL Stadium.

"Un entraînement ne vaudra jamais un match." Vous connaissez sûrement cette ritournelle chantée à tout bout de champ sur les prés du Top 14 durant l’été. Et bien Caleb Timu y a trouvé un sens. Ou plutôt, il a été l’incarnation de son contresens. Nonchalant et parfois maladroit durant les séances et les matchs amicaux, l’intéressé ; explosif et précis samedi dernier, s’est révélé sous pression dans le Tarn : "Je suis assez satisfait de mes débuts. C’est une base sur laquelle je peux travailler." Et ses statistiques face au CO prouvent ses dires : un essai, 85 mètres parcourus ballon en main, 5 défenseurs battus, 2 offloads, une pénalité commise et aucune balle perdue. Recruté pour suppléer l’absence présumée du capitaine Louis Picamoles durant le Mondial, l’Îlien de 25 ans débarque deux ans à Montpellier sur les conseils de son sosie (ou presque) : "J’avais aussi été contacté par des clubs anglais et c’est Nemani Nadolo qui a rendu ma décision facile. Nous venons de la même ville, Brisbane, et j’étais à l’école avec son petit frère, Chris Kuridrani (joker médical de Fall l’an dernier, N.D.L.R.)."

Missionnaire mormon puis chauffeur Uber

Natif de Nouvelle-Zélande, de parents samoans et naturalisé australien (pays où il a grandi dès ses cinq ans), Timu a un parcours rugbystique atypique au pays : "J’ai commencé par pratiquer le rugby à quinze dans ma jeunesse, avant de débuter ma carrière professionnelle à Treize, avec les Brisbane Broncos en NRL (2012-2013 et 2015-2016). Je suis ensuite revenu au quinze avec les Queensland Reds (2016-2019 ; 21 matchs de Super Rugby)."

Un CV déjà étoffé et deux années passées aux oubliettes : "J’ai arrêté le rugby pendant deux ans (2013-2015) pour devenir missionnaire mormon à Auckland, où je rendais visite aux gens pour les aider et leur apprendre la Bible. […] Je suis un fervent croyant. Nous prions tous les matins en famille et je vais à l’église tous les dimanches." Et l’Australien devient hilare quand on le questionne sur la véracité d’une idée reçue sur les Mormons : "Je n’ai pas regardé la télé durant ma mission ; mais non, je la regarde !" Il n’a donc rien contre les nouvelles technologies. Il a même été chauffeur Uber ! "J’ai fait ça durant un an et demi en parallèle du rugby (2016, à son retour d’une déchirure des ligaments croisés). Ma femme était enceinte de notre deuxième enfant et nous avions besoin d’argent."

Un joueur puissant et technique

Homme de convictions, Timu (1,90 m et 117 kg) est un numéro huit capable d’évoluer dans plusieurs registres. Son manager Xavier Garbajosa développe : "Il a cette capacité à pouvoir jouer les deux registres, ce qui est intéressant et rend encore plus facile la composition d’équipe. Il est capable de jouer en pénétration et peut aussi combiner avec les trois-quarts dans un jeu de rupture dans les couloirs."

Mobile et endurant il a réussi sur la même action face au CO, à se trouver au soutien de Timoci Nagusa, avant d’inscrire son premier essai à la course. Doué techniquement, il peut aussi faciliter le liant avants-trois-quarts : "Le jeu tourné vers le mouvement et l’attaque que veut mettre en place Xavier me correspond. Il me demande d’être disponible pour l’équipe, de porter le ballon en jouant vite et d’être dur au contact." Un dernier point sur lequel il est apparu un peu tendre : "Je dois progresser sur ce point et surtout sur ma défense (sept plaquages, un manqué)." Afin de saisir sa chance avant le retour d’un redoutable concurrent (Picamoles) ou le repositionnement d’un polyvalent (Jac. Du Plessis, Galletier et Devergie) : "C’est une opportunité à saisir pour moi. Mais le retour de Louis sera également positif, car je pourrai apprendre de lui."

Caleb Timu et Montpellier devront donc confirmer samedi leurs belles promesses castraises, en battant Pau (il a déjà affronté la Section en Australie en 2017 ; test préparatoire) au GGL Stadium pour lancer leur saison : "Samedi, l’équipe devra continuer à mettre son jeu offensif en place, en étant toujours généreuse dans l’effort et forte en conquête. Tout en mettant beaucoup plus l’accent sur la discipline. On s’est beaucoup préparés sur ce point." Mais un entraînement ne vaudra jamais un match…

Julien LOUIS
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