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Pro D2

Béziers : à pas de fourmi

Vainqueurs du promu, parfois dans la douleur, les Biterrois n’ont pas raté leur première au stade Raoul-Barrière. L’essentiel est assuré mais la transition n’a pas beaucoup avancé.

Évoluer veut-il forcément dire renier ses convictions ? «Non, nous sommes toujours aussi casse c… ! C’est notre marque de fabrique», lance le pilier Francisco Fernandes Moreira, qui disputait vendredi son 201e match en Rouge et Bleu. Mathias Marie poursuit : «On a des joueurs qui sont réputés pour. C’est bien, car on sait que l’état d’esprit est toujours présent. Et tant qu’on aura ça, l’équipe parviendra à mettre les choses dans l’ordre.»

La meute des «chiens» fous héraultais a encore frappé, en s’appuyant sur ses forces passées. Les Biterrois ont étouffé leurs adversaires dans les rucks pour les faire déjouer, en misant sur une conquête rageuse afin de les épuiser. Mêlée conquérante, touche précise, mauls et pick and go dévastateurs (trois essais d’avants et un de Munilla). Un triptyque toujours gagnant selon le deuxième ligne : «On avait vu à la vidéo que c’était là où il fallait appuyer si on avait des problèmes. L’équipe s’est appliquée sur ses bases comme la saison dernière et cela a porté le groupe pour la victoire. Sur mauls, c’est l’envie qui nous fait avancer. Nous avons des mecs de tempérament, qui ne supportent pas de reculer même à l’entraînement.» Une rage salvatrice, qui a failli offrir un bonus offensif aux locaux dans le money-time…

Amenés par leurs avants, ils n’ont jamais douté malgré les difficultés rencontrées. Et leur force de caractère a encore fait in fine la différence. L’ASBH n’a donc pas perdu son ADN et gagne en confiance grâce à lui. «Après, si on continue comme ça, on va vite s’épuiser. Et à un moment donné, contre d’autres équipes, ça ne suffira plus», prévient Fernandes.

Alors, pour changer et développer un jeu de mouvement plus ambitieux ; ce qui est le leitmotiv affiché ; ses coéquipiers doivent dépasser leurs faiblesses récurrentes.

Mêmes forces, mêmes faiblesses

Face au promu, ils sont encore passés à côté de leur premier acte, en affichant des carences défensives inhabituelles à cause d’une absence d’agressivité. «Il manque aussi encore du liant avants/trois-quarts. Et surtout jouer ensemble. Car nous avons encore été un peu individualistes. C’est toujours pareil et c’est notre plus gros défaut», poursuit-il. Mathias Marie confirme : «On a essayé de mettre les choses en place avec les trois-quarts, mais nous n’avons pas su garder notre lucidité pour se réorganiser. Si chaque joueur respecte plus son rôle et n’appelle plus les ballons pour soi, ce qui perturbe notre charnière, ça va devenir intéressant.»

À l’image de ces séquences offensives développées en fin de match et de cette envie de se faire des passes. L’évolution est en marche, mais il faudra encore du temps avant que le changement ne se matérialise réellement.

Julien Louis
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