• Top 14 - Les Castrais de Thomas Fortunel ont manqué deux actions cruciales dans les dernières minutes. Photo Julien Poupart
    Top 14 - Les Castrais de Thomas Fortunel ont manqué deux actions cruciales dans les dernières minutes. Photo Julien Poupart / Julien Poupart
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Top 14

Castres : ça prendra un peu de temps

Les intentions offensives des Castrais ont buté sur leurs approximations en tous genres. La patte Mauricio Reggiardo est visible mais la gestation de ses options de jeu prendra du temps.

La prestation d’ensemble des Castrais a été modélisé en deux minutes chrono dans les tous derniers instants de la partie. En ne transformant pas l’essai un peu miraculeux inscrit par son ailier Geoffrey Palis (voir Micro ci-dessous), Rory Kockott a empêché que les siens se battent jusqu’au bout pour le gain d’un match nul. Une minute plus tard, en commettant un en avant derrière le dernier ruck de la partie, le demi de mêlée international a aussi mis un terme à la possibilité d’aller chercher un bonus défensif alors que son équipe se trouvait en position de supériorité numérique. Voilà deux "momentum" durant lesquels les hommes de Mauricio Reggiardo n’ont pas été capables de saisir leur chance, la faute à un coup de pied imprécis et à une faute de main grossière. Dans le lot des symptômes apparents de leur efficacité impossible, on retiendra aussi cette décision trop tardive de l’ouvreur Thomas Fortunel d’inverser le sens du jeu, alors que son demi de mêlée avait déjà amorcé sa passe, ce qui occasionna une balle tombée et une récupération difficile sous la pression francilienne (77e). Tout est là, dans ces deux erreurs et ce choix de jeu maladroit, de la difficulté des Tarnais à s’adapter à la volonté de leur manager argentin de les décoincer des options stratégiques plus restrictives choisies par son prédécesseur.

De la place malgré tout

À la fin de ce match brouillon, il est possible de dire de façon assez fataliste que leur faiblesse en conquête condamnait les Castrais à une désillusion. On gagne difficilement un match au Racing 92 en concédant cinq pénalités sur mêlée fermée et un bras cassé qui ont fait un carton jaune et de nombreuses reculades. On n’arrête pas non plus la machine francilienne sans pouvoir lui proposer un niveau de contre en touche acceptable. Et pourtant, malgré tous ces manquements, malgré un début de match catastrophique (0-17 à la 21e minute de jeu), et malgré leurs nombreux en-avant commis devant la défense, leur volonté permanente de bouger les lignes les a maintenus à flot. Cette défaite a montré que le changement culturel décidé par leur nouveau responsable devait être assez profond, et assez excitant, pour qu’ils le mettent en pratique sans trop cogiter dans ce moment de difficulté. "C’est bien, a apprécié Mauricio Reggiardo. D’abord nous n’avons pas explosé quand le Racing a mené très largement et très vite. Et nous avons essayé de nous trouver collectivement. Nous ne toucherons pas notre cohésion collective d’un claquement de doigt. Je demande aux joueurs de s’adapter aux situations. Ils doivent sortir de leurs automatismes. Ils sont passés d’un cadre de jeu assez strict sans beaucoup de prises de décisions à un modèle beaucoup plus ouvert. Nous devons vivre ces matchs et répéter nos erreurs avant de les gommer." "Mauriccio nous propose des choses super intéressantes, abondait le pilier Wilfried Hounkpatin. Peut-être que parfois nous avons voulu trop en faire, mais nous ne sommes pas dans le flou. Nos entraînements sont très précis et nous construisons nos repères. Je suis certains que portés par notre enthousiasme, nous les mettrons en pratique de façon plus nette." Une seule question demeure : dans combien de temps ?

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