• Top 14 - Les joueurs de Pau discutant après avoir encaissé un essai contre Montpellier
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Pau : maîtrise, degré zéro

Minés par des fautes individuelles, les Béarnais ont démontré comment perdre seuls (ou presque) un match. Et gâché ainsi de bonnes intentions et une belle occasion.

Si vous cherchez à annihiler tous vos efforts en un claquement de doigts, demandez aux Palois, ils connaissent une technique imparable. Première étape : dès que vous marquez, offrez une chance immédiate à vos adversaires de reprendre le score : "Quand on prend vingt-et-un points sur nos réceptions de coup d’envoi, cela explique en grande partie notre défaillance", note le comanager de la Section, Nicolas Godignon.

Et si cela ne suffit pas à vous faire "décrocher", respectez ce second point : évitez surtout d’être réalistes en attaque. Lorsque vous êtes en position de marque, faites le mauvais choix tactique près des lignes. Ou mieux encore, effectuez des déblayages à retardement, afin de perdre la possession. Lucas Rey : "Je pense que c’est dû au fait que nous sommes en retard sur certaines zones. Du coup nous arrivons lancés ou dans une mauvaise position sur les rucks. Ce ne sont pas des sautes d’humeur mais plus une envie de rattraper notre retard. Le problème c’est qu’à quinze contre quatorze (durant trente-huit minutes, N.D.L.R.), nous ne devrions pas être en retard sur les soutiens, mais en avance." Malgré tout ça vous parvenez toujours à être dans le coup ?

Pas de panique ! Troisième concept : n’hésitez pas à multiplier les en-avant pour vous exposer aux contres mortels sur turnovers. L’arrière Charly Malié poursuit : "À chaque fois nous sommes derrière au score. On s’expose, encore et toujours, et les Montpelliérains n’ont plus grand-chose à faire. Seulement à attendre qu’on tombe les ballons pour nous contrer."

Les individualités "tuent" le collectif

Miraculeusement, il vous reste encore une petite chance de décrocher un bonus défensif en enflammant la fin de match (essai de Marchois, 36-22 à la 63e). Aucun problème.

Répétez l’étape initiale en perdant le ballon sur le renvoi pour vous mettre sous pression et inversez le momentum en passant en infériorité numérique en cent-vingts secondes (mauls écroulés, jaunes à Adriaanse et Tagitagivalu). Mais, au courage, le collectif résiste alors aux assauts adverses, évite d’encaisser l’essai fatidique ; et vous êtes en position de marque dix minutes plus tard. Alors, comment se saborder ? En s’offrant un dernier petit plongeon dans les rucks (Calles, 76e) pour offrir une ultime pénalité au MHR.

Place au festival de Gabriel Ngandebe, suivi de la réalisation bonus offensif : "On a essayé, le groupe s’est battu, mais on a fait beaucoup trop de fautes individuelles. Il y a le haut niveau et le "bas" niveau ; et tant qu’on jouera comme ça en faisant des erreurs stupides, on n’arrivera pas à gagner des matchs à l’extérieur. Et au classement, l’équipe ne jouera pas le haut de tableau. On a donc beaucoup de frustration mais ce n’est que le premier match à l’extérieur. À nous d’en retirer beaucoup d’enseignements", conclut Malié.

Sans maîtrise ; une mêlée dominatrice, l’abnégation défensive et les belles intentions offensives ; ne sont rien. Au delà d’une analyse au second degré, telle est la leçon à retenir pour les Béarnais.

Julien Louis
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