• La Japon, lieu de la Coupe du monde de rugby qui commencera le vendredi 20 septembre 2019
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Edito

Bienvenue au Japon

L'édito de Léo Faure... Cette fois, c’est parti. Les Bleus ne sont plus que 31, comme le réclame World rugby pour la Coupe du monde. Sans Belleau ni Rattez, on s’y attendait. Sans Romain Taofifenua, invité de dernière minute ni Dany Priso, pris par la concurrence soudaine de Cyril Baille. Sans François Cros ni Félix Lambey, et c’est bien plus surprenant. Le premier attendra pour donner un lendemain à sa belle prestation de Nice. C’est dur, mais c’est finalement le jeu, au poste le plus concurrentiel du XV de France.

Le second, lui, aura de quoi nourrir de la frustration. Lambey était la belle et rare satisfaction du dernier Tournoi des 6 Nations. Cinq mois plus tard, il est évincé au pied de l’avion pour Tokyo. Injuste ? Certainement. Pour une Coupe du monde qui s’annonce féroce et stratégique bien plus qu’aérée, son profil de déplacement n’a pas séduit l’encadrement bleu. L’avenir validera ce choix. Ou pas.

Au moment de s’envoler pour le Japon, les certitudes sont de toute façon rares, côté français. Les Bleus ont bouclé leurs deux mois de préparation physique, autour desquels on se rassure traditionnellement. Les Bleus ont bossé dur, beaucoup et bien. Ils ont sué en proportion. La préparation physique la plus dure qu’ils aient connue, ils le jurent tous. Tant mieux. Mais attention : il serait franchement crétin de penser que les autres nations n’en ont pas fait de même, qu’elles s’avancent au Mondial affirmant une préparation « bof, pas terrible ». Physiquement les Bleus seront donc au niveau. Pas plus.

Pour le reste, vous voulez du poncif ? C’est sur le rugby que se jouera cette Coupe du monde de rugby. On ne sait pas encore quelle forme de rugby triomphera mais on sait déjà que l’affaire se jouera sur le terrain et avec un ballon, jamais en salle et sous de la fonte.

Sur ce point, le capital confiance des Bleus est bien moindre. De belles choses à Nice, de très vilaines à Édimbourg, de l’inconstance à Saint-Denis. Un bilan « contrasté », ce nouveau mot fétiche que le sélectionneur Jacques Brunel s’est plu à utiliser tout au long des matchs de préparation. Il faudra s’en contenter. Samedi, les Bleus s’envoleront pour Tokyo toujours empreints d’incertitudes. Leur voyage est un grand saut dans le vide. à quoi se raccrocher, dès lors ?

à cette histoire humaine qui se forge, dans ces difficultés, et cette jeunesse qui semble avoir accéléré sa prise de pouvoir en imposant ses codes sociaux, ses routines, ses rires et ses insouciances dans la vie du groupe France.

à cette croyance que, du seul point de vue des talents individuels, les Bleus n’ont pas à rougir de la comparaison avec leurs concurrents directs.

à cette idée que, malgré le programme copieux qui se présente, il n’y a rien d’insurmontable. Une qualification doit se jouer aux dépens de l’Argentine, qui n’est pas vraiment en meilleure forme. Les hommes du duo Galthié-Brunel gardent le droit d’y croire. Et si l’affaire veut sourire, on oubliera bien vite les prestations indignes des deux dernières années, les choix polémiques des deux derniers mois pour rêver à nouveau d’un grand Mondial. Oui, leur rêve est toujours permis. Que ces Bleus l’embrassent pleinement. 

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