• Thomas Fortunel, ici balle en main, profite du départ de Benjamin Urdapilleta à la Coupe du monde pour s’installer au poste d’ouvreur. Un accessit mérité pour ce joueur déjà très bien intégré et talentueux.
    Thomas Fortunel, ici balle en main, profite du départ de Benjamin Urdapilleta à la Coupe du monde pour s’installer au poste d’ouvreur. Un accessit mérité pour ce joueur déjà très bien intégré et talentueux. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Top 14

Castres : La bonne fortune de Thomas

Arrivé avec des étoiles plein les yeux lors de l’intersaison, l’ouvreur venu de montauban profite du départ d’urdapilleta à la coupe du monde pour enfiler un costume de titulaire. une chance inouïe à ne pas galvauder.

On le revoit arriver, déambuler un peu impressionné dans les locaux flambants neufs du centre d’entraînement du CO, perdre son regard par-delà la verte plaine du Levézou et réaliser qu’il venait de réaliser son rêve de signer dans un club de Top 14. C’était au mois de juillet dernier et Thomas Fortunel débarquait à Castres pour y vivre sa première expérience dans un club de l’élite, après une solide formation et de belles années en Tarn-et-Garonne, au sein de feu l’entente Moissac-Honor de Cos d’abord, puis à Montauban, où Xavier Péméja lui fit confiance alors qu’il avait à peine 18 ans.

Avant cela, au pôle de Jolimont que Thomas fréquentait alors avec assiduité, Sébastien Piqueronnie avait décelé le talent du jeune homme, qui évoluait alors au poste de centre. C’est Thomas qui raconte : «Au vu de mon gabarit (1,77 m, 83 kg, N.D.L.R.), Sébastien m’a conseillé de glisser sur le poste de 10. Franchement, j’ai accroché immédiatement à ce poste qui me permet de toucher un maximum de ballons et de prendre le contrôle du jeu. à l’ouverture, c’est la technique qui prime sur le physique et cela m’a immédiatement correspondu. Sébastien a eu la bienveillance de me faire comprendre qu’avec mes attributs physique, je ne serais jamais un grand centre. Mais que je pourrais tirer mon épingle du jeu à l’ouverture.»

Le départ d’Urdapiletta rebat les cartes

Après cette mutation évidente, Thomas a eu la trajectoire de tous les jeunes doués qui ont la chance d’évoluer dans une structure professionnelle : les matchs en équipe première se sont enchaînés, d’abord en tant que suppléant et puis très vite en tant que titulaire à part entière en Pro D2. Suite logique, des clubs de Top 14 se sont intéressés à lui. C’est Castres qui a raflé la mise. Et sans temps mort, Thomas aura un rôle important à jouer dans cette grosse écurie de Top 14 dès son arrivée. Car la bonne nouvelle n’a pas tardé à tomber : le maestro argentin du CO, Benjamin Urdapilleta, titulaire la saison dernière au poste d’ouvreur, ira au Japon défendre les couleurs de l’Argentine pour la Coupe du monde, au dépends du futur racingman Joaquin Diaz Bonilla.

Petit coup de pouce du destin. Qui propulse Thomas dans la peau d’un titulaire, qui défendra pour la première fois ses nouvelles couleurs dans son antre de Pierre-Fabre. «Je suis bien évidemment très heureux de débuter cette rencontre. On doit se faire pardonner après le match moyen livré au Racing. Il y aura une grosse attente et j’espère être à la hauteur. On a fait une grosse semaine d’entraînement, tous les voyants sont au vert. Pour la présence de Benjamin à la Coupe du monde, je suis heureux pour lui parce que c’est un excellent joueur, qui est capable de faire basculer un match. J’espère d’ailleurs qu’il ne le fera pas contre l’équipe de France. Blague à part, si sa sélection me fait grappiller un peu de temps de jeu avec le CO, je serais bien évidemment très satisfait.» Dans le contexte émotionnel fort de ce match contre Bordeaux-Bègles, avec le retour de Christophe Urios sur les terres qui l’ont fait roi ; Thomas Fortunel aura une lourde charge à assumer même si lui ne sait rien de l’histoire commune entre Urios et le CO.

Stéphane Prosper, entraîneur en charge des trois-quarts de Castres salue la façon dont Fortunel s’est intégré : «Thomas est tout à fait dans l’esprit du groupe. Il s’est fondu dans l’équipe dès les premiers instants. Il a fait une superbe préparation de présaison et il répond parfaitement à nos exigences. Le départ de Benjamin avec l’Argentine lui ouvre une fenêtre. À lui de s’engouffrer à l’intérieur.» Et le technicien d’énumérer les qualités de son poulain : «Thomas est le joueur ad hoc pour mettre du liant dans notre système de jeu. Il est capable d’attaquer la ligne comme de gérer le tempo de la rencontre à sa main, c’est un excellent animateur et il dispose d’un redoutable jeu au pied avec une patte gauche très précise, ce qui ne gâche rien pour un ouvreur.» Musique, maestro !

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