Parce que "Tolo"

  • Christopher Tolofua et les Toulonnais réalisent un bon début de saison. Pour la première fois depuis des lustres, le talonneur enchaîne les matchs et retrouve le plaisir de faire partie intégrante d’un groupe.
    Christopher Tolofua et les Toulonnais réalisent un bon début de saison. Pour la première fois depuis des lustres, le talonneur enchaîne les matchs et retrouve le plaisir de faire partie intégrante d’un groupe. Midi Olympique - Midi Olympique
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Pour ses débuts officiels à Mayol, il enchaînera sa troisième titularisation consécutive pour la première fois depuis presque trois ans. Une renaissance qu’il entend savourer à plein, dans le contexte étrange du retour des «Toulyonnais.

C’est dingue, tout de même, comme le temps passe vite. Dingue comme les premières apparitions de Christopher Tolofua en Top 14 nous ramènent à une autre époque, pour ne pas dire un autre siècle. Un temps où l’absence de William Servat pour cause de Coupe du monde était compensée par des arrivées aussi peu marquantes que celles d’Akvsenti Giorgadze, Jaba Bregvadze, Alberto Vernet Basualdo et autres Gary Botha, jusqu’à ce que le Stade puisse utiliser sa pépite de 18 ans à peine qu’il couvait dans son centre de formation, qui termina sa première saison par un titre de champion de France… C’était il y a déjà huit ans, et à l’époque, tous les grands clercs prévoyaient à Christopher Tolofua le plus royal des destins. Or, on sait ce qu’il advint…

À 25 ans désormais, Tolofua ne compte «que» 7 sélections, dont la dernière remonte au Tournoi 2017, la faute (entre autres) à une grave blessure aux cervicales qui l’obligea à un exil de deux ans à Londres, chez les Saracens. Or, revenu en France sur la pointe des pieds à l’intersaison, l’ancien Toulousain réalisera ce week-end une première depuis… fin 2016, à savoir enchaîner trois titularisations consécutives ! Une nouvelle que l’intéressé accueillait avec prudence («on ne connaît pas le groupe, on n’est sûr de rien») avant de concéder dans un sourire que «oui, ça fait plaisir de pouvoir enchaîner…»

La frustration de Bordeaux

On l’imagine à moins… D’autant que, malgré ses 25 ans, Christopher Tolofua fait nécessairement figure de cadre, au sein d’un RCT rajeuni par sa nouvelle politique sportive. «Ce groupe a besoin de se roder et de se confronter au Top 14, quitte à commettre quelques erreurs, souffle placidement «Tolo». Dans un groupe rajeuni, ce qui est compliqué, c’est la gestion du stress et des émotions. À certains postes où il faut un leadership fort, on a parfois vite tendance à paniquer, et régler cela passera par l’accumulation d’une expérience en commun.» Une référence, à l’évidence, aux deux premiers matchs de la saison qui vit le RCT perdre le fil de partie, ce qui fut hautement préjudiciable à Bordeaux. «Le sentiment, c’était avant tout de la frustration, parce qu’on a laissé pas mal de points en route et surtout qu’on en a directement donné aux Bordelais… Ils ont bien contrôlé la partie et il n’y a rien à dire à cela, mais notre frustration, c’est de ne pas avoir maîtrisé ce que nous pouvions maîtriser, de ne pas avoir su tenir notre plan de jeu.» Un reproche que Tolofua s’adresse évidemment à lui-même, conscient que, de par son expérience, il doit apporter davantage dans la maîtrise des temps faibles. «Je suis nouveau dans le club, alors comme à mon arrivée chez les Saracens, je me tiens pour l’instant sur la pointe des pieds.»

Un gros match pour les supporters

Un comportement discret dont Tolofua sait pourtant qu’il devra s’affranchir ce week-end, dans un contexte hautement particulier. «Pendant les séances vidéo, cette semaine, les prénoms de nos adversaires sortent plus facilement, on connaît assez bien les attributions des uns et des autres, admet Tolofua en référence à la greffe toulonnaise patente du côté du Lou. On sent que tout le monde a envie de se montrer sous son meilleur jour, d’autant que la semaine a été particulière, avec l’annonce du départ de Mamuka Gorgodze avec la Géorgie, les retours au club d’Anthony Belleau et Romain Taofifenua… Ce sont les aléas des sélections, c’est toujours pareil : Il y a des départs à gérer et des joueurs à qui on souhaite le meilleur, mais aussi des déceptions et des garçons à réintégrer, des gars qu’il faut vite remettre dans le bain en ne réfléchissant pas trop.»

Rien de tel, dès lors, qu’une première sortie à Mayol pour se remettre dans l’axe, avec une pression populaire qui n’a fait que monter crescendo tout au long de la semaine. «Je connais Mayol dans ses moindres recoins pour y a voir joué assez souvent, s’amuse Tolofua. Mais c’est vrai qu’avec les équipes où j’ai joué précédemment, c’est un stade qui ne nous a jamais trop bien réussi ! Cela fait quatre mois que l’équipe n’a pas joué à Mayol, quatre mois qu’elle sent monter l’enthousiasme d’un public à qui elle doit une revanche par rapport à la saison dernière. Ne serait-ce que pour eux, on se doit de sortir un gros match.» Histoire de lancer définitivement la saison…

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