• Pro D2 - Après une terne prestation face à Aix-en-Provence, une réaction des Usapistes est attendue contre Colomiers à Aimé-Giral. Photo Icon Sport
    Pro D2 - Après une terne prestation face à Aix-en-Provence, une réaction des Usapistes est attendue contre Colomiers à Aimé-Giral. Photo Icon Sport Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Perpignan : des maux et des bas

Amorphe dimanche dernier sur la pelouse d’Aix-en-Provence, l’Usap peine à se remettre d’une saison passée particulièrement traumatisante. Le collectif catalan doit réagir.

Est-il trop tôt pour tirer des conclusions ? Semble-t-il. Trop tôt pour se montrer alarmiste ? Aussi. Difficile toutefois d’oublier, et encore moins d’excuser une prestation sans saveur ni révolte, du côté d’Aix-en-Provence dimanche dernier (25-10). Dix minutes puis le néant. Un essai puis le trou noir. Incapable de réagir dans la difficulté, paniquée, sans doute également, par le fait de mener au score un peu trop tôt dans la partie, l’Usap s’est laissé envahir par ses vieux démons. En Pro D2, et qui plus est à l’extérieur, un tel manque d’engagement et de combat ne pardonne pas. Les différences individuelles (Deghmache, Taumoepeau sur le premier essai) ne sont finalement qu’un trompe-l’œil. Là où il devait intervenir, à chaque moment clé, le collectif catalan est resté sans voix. Non pas délité, mais dépourvu d’une quelconque capacité à réagir comme un seul homme. "On ne peut pas avoir un plus mauvais état que celui affiché à Aix. Le rugby, ça se joue au départ sur le gain du ballon. Et pour le gagner, il faut être agressif, avoir envie d’être meilleur que l’autre. Le minimum, que nous n’avons pas eu, résume Thibauld Suchier. On s’attendait à un début de semaine rugueux, ça a été le cas. On est passé très rapidement sur la vidéo car il n’y avait pas grand-chose à voir. L’Usap a fait un non-match, on n’a rien fait, littéralement", peste le demi d’ouverture.

Chateau : "Si on continue à se mettre les ballons sur la tête..."

Sur la pelouse de Maurice-David, dimanche, ni le capitaine Mathieu Acébès, ni les hommes de vestiaire, Karl Chateau en tête, n’ont pu redresser la barre d’un navire sang et or trop rapidement submergé par le premier coup de mistral aixois. Comment expliquer, alors, ce rendez-vous manqué ? "Il y avait une bonne part de chance qu’après la saison que nous avons passée, la confiance ne revienne pas à 100 % tout de suite. L’Usap ne pouvait pas redevenir une équipe en pleine possession de ses moyens dès les premiers matches. On y travaille dessus. On n’a vraiment pas passé une bonne semaine. Nous avons pu revoir le match et clarifier les choses. Et il a fallu trouver des solutions très rapidement", explique Karl Chateau. Plus qu’une simple histoire de hauts et de bas, l’Usap doit composer avec ses maux, qui l’entraînent parfois vers le bas. "Inconsciemment, nous avons une image de notre équipe très joueuse, qui trouve son salut par le jeu. Mais aujourd’hui, nous n’en sommes pas forcément capables. Il faut jouer plus simplement pour retrouver de la confiance, de l’avancée, et surtout la victoire", clame le flanker usapiste, présent au club depuis 2013. En l’espace d’une semaine, il est évident que les Catalans ne pourront pas faire de miracle sur le terrain. Mais une réaction est tout de même espérée, presque vitale, ce week-end contre Colomiers à Aimé-Giral. Au-delà de l’état d’esprit défaillant sur ce début de saison, Karl Chateau réitère sa volonté de retrouver un jeu plus simple et efficace : "Ce qu’on a pu voir sur les deux premiers matchs, c’est que tous les joueurs ont cette envie de faire le geste qui va amener le break et qui va délivrer tout le monde. Sauf que ce n’est pas fait au bon moment, ni de la meilleure manière. Et au final, ces gestes nous mettent dans la difficulté. Si on continue à se mettre les ballons sur la tête, on offrira aucun contenu à notre équipe et à nos supporteurs. Les adversaires vont forcément jouer dessus en montant très fort défensivement. On sait comment ça va se passer si l’Usap continue de montrer autant de signes de fébrilité et de manque de confiance. Il faut revenir à des choses simples." Désormais, seuls les actes vont compter.

Emilien Vicens
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