Publié le / Modifié le
XV de France

Les Bleus pourront-ils adapter leur jeu à la météo ?

Lles pluies diluviennes qui vont s’abattre sur le pays pendant la compétition pourraient conduire les Français à resserrer leur plan de jeu.

C’était le leitmotiv du staff du XV de France quand il a concocté le programme de préparation à cette Coupe du monde : il fallait habituer les joueurs à évoluer dans des conditions de chaleur et d’humidité extrêmes, telles celles qu’il est fréquent de voir sur l’archipel japonais entre les mois de septembre et novembre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nos Bleus ont eu chaud (même s’il a manqué l’humidité), d’abord à Monaco, puis à Valence (Espagne) et enfin à Nice. Le staff a poussé le vice jusqu’à planifier des séances de physique en début d’après-midi en Espagne, là où le thermomètres frôlait les 40 degrés. Les Tricolores ont été si habitués qu’ils ont même presque connu un choc thermique à leur arrivée en Ecosse lors de leur deuxième match de préparation même si le climat y était très clément.

Les coéquipiers de Guilhem Guirado ne souffriront donc pas de la chaleur au Japon, où l’on constate en moyenne une température de 30 degrés. Le hic, c’est qu’au Japon, cette chaleur s’accompagne de pluies diluviennes. Et les prévisions météo des semaines à venir n’incitent pas à l’optimisme. Ce lundi ? Orages. Mardi ? Beau. Mercredi ? Orages. Jeudi ? Orages. Idem pour la semaine prochaine. Comme un signe, les Bleus ont même été accueillis au Japon par un tyhon : "Dans l’heure qui précède l’arrivée d’un typhon à Tokyo, il fait extrêmement chaud et humide", confie Charles, un expatrié français devenu guide pendant la Coupe du monde. "Ensuite, et pendant trois à quatre heures, ce sont des pluies diluviennes et des vents violents. Les rafales sont si fortes qu’il est parfois difficile de dormir." Voilà dans quel contexte les Bleus sont arrivés. Et voilà dans lequel ils vont jouer. Le problème, c’est qu’ils n’ont pas vu une goutte de pluie depuis trois mois. Et n’ont pas pratiqué leur rugby dans ces conditions...

Des profils offensifs

L’autre grand leitmotiv de la préparation du XV de France fut la vitesse. Vitesse de déplacement des joueurs d’abord, qui ont sué sang et eau pour perdre des kilos superflus et surtout augmenter le fameux ratio de "mètres parcourus par minute" si cher au préparateur physique Thibault Giroud, mais aussi vitesse de déplacement du ballon avec le nouveau plan de jeu bâti par le staff et entrevu lors du premier match amical contre l’Ecosse à Nice. Les Bleus sont donc plus affûtés que jamais. Mais sauront-ils développer ce jeu si ambitieux avec un ballon glissant ? Certains avanceront à juste titre qu’ils sont habitués à jouer sous la pluie, avec un Top 14 qui se dispute de septembre à mai. Ce à quoi il faut bien avouer, quand il pleut en France, les équipes de Top 14 ont justement l’habitude de réduire la voilure et de se concentrer sur un jeu d’occupation lent et soporifique…

Les Bleus, eux, n’ont jamais pratiqué leur jeu dans ces conditions alors qu’il ne reste que peu de temps avant d’affronter l’Argentine... Vont-ils donc resserrer leur organisation et leur stratégie ? Très honnêtement, on en doute. Pourquoi ? Parce que le staff a tout mis en place pour pratiquer ce rugby de mouvement, très offensif. Il a aussi fait des choix forts, notamment sur les hommes en se passant de Morgan Parra ou Mathieu Bastareaud par exemple, et qu’il va devoir maintenant les assumer. Les qualités de gestionnaire du premier ou la puissance et l’efficacité au sol du second auraient certainement été précieuses sous la pluie...

Autre constat, le XV de France ne compte pas d’ouvreur au profil de gestionnaire dans ces rangs : un demi d’ouverture doté d’un long jeu au pied, qui joue assez loin de la défense. Camille Lopez, Romain Ntamack ou même Thomas Ramos sont de purs attaquants, qui jouent près de la défense. Et l’on voit mal ces derniers jouer contre-nature au dernier moment... Même s’ils devront tant bien que mal s’adapter à ces conditions particulières.

Sur le même sujet
Réagir