• Romain Ntamack (France) est bien arrivé avec ses coéquipiers au Japon malgré l'alerte au typhon
    Romain Ntamack (France) est bien arrivé avec ses coéquipiers au Japon malgré l'alerte au typhon Patrick Derewiany / Midi Olympique / Patrick Derewiany / Midi Olympique
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Edito

Plan B ?

L'édito d'Emmanuel Massicard... Bonne nouvelle, le XV de France a résisté au Typhon nommé Faxai. Moquez-vous mais l’affaire est sérieuse. Nos Bleus sont en sécurité… Du moins pour le moment. Car si le Top 14 leur permet d’avoir une belle petite expérience du rugby d’hiver qui se joue trop souvent, chez nous, au ralenti et dans la boue, rien ne dit qu’ils sont armés pour résister à des vents de 200 km/h annoncés sur Tokyo et sa région. Même pas sûr, non plus, que leur projet de jeu puisse coller à la réalité météorologique japonaise si peu clémente en cette période de l’année. Mieux vaut pour eux – et pour nous- qu’ils aient un plan B en magasin, histoire de ne pas revivre les naufrages de 1995 et 2003, face à l’Afrique du Sud et l’Angleterre. Par deux fois, en Coupe du monde, nos certitudes n’avaient pas résisté aux éléments déchaînés.

Croisons les doigts pour que la leçon ait été retenue. Digérée et même assimilée. C’est à ce prix que les partenaires de Guirado pourront durer au-delà du premier match, face à l’Argentine qui les attend dans une douzaine de jours lors du grand jeu de la vérité. À cet instant précis, on saura si cette équipe a véritablement du coffre, un avenir devant elle, ou si elle devra tenter le tout pour le tout contre l’Angleterre, au bout des matchs de poule. Un « tapis » dans le jargon du poker, comme un grand coup de bluff…

Pour l’heure, nos rares certitudes se limitent à un premier galop d’entraînement léger et prometteur, remporté contre une équipe d’Ecosse largement remaniée. On l’a vu, hélas, le reste de la préparation fut plus haché, moins clinquant, ampoulé et finalement assez fidèle à l’image du XV de France ces dernières années malgré les conditions climatiques favorables, au cœur de l’été européen…

Du coup, les doutes restent vifs avant de retrouver les Pumas pour le match de la peur. Malgré l’envie d’y croire, malgré l’âme du supporter qui sommeille toujours en nous, ces fameux doutes sont obligatoirement renforcés par cette fichue météo, qui pourrait encore jouer contre nous si elle venait à jouer les prolongations sur Tokyo. Parce que cette équipe bleue qui nous paraît avoir été bâtie pour la vitesse et le déplacement n’a pas, sur le papier au moins, la maîtrise des Argentins dans le jeu au sol et l’affrontement direct. En fait, seule la mêlée fermée pourrait à ce jour nous donner des raisons de croire en une lutte à couteaux tirés sous un ciel de chagrin.

Pour le reste, on le verra dans ce journal, il faudra alors s’en remettre aux qualités d’un Bernard Le Roux ou d’un Wenceslas Lauret, qui comptent parmi nos meilleurs atouts dans l’étouffoir du combat. Des choix comme des paris quand le premier, suspendu, n’a pas participé au moindre match de préparation et qu’il débarquerait sans repères. Et quand le second, lui, n’a participé qu’au dernier match amical, face à l’Italie…

Vous l’aurez compris, c’est maigre. Et cela nous plonge encore plus dans l’inconnu avant de débuter la compétition même si l’on veut croire que les Bleus prennent un malin plaisir à cacher leur jeu et qu’ils puissent nous réserver encore quelques - belles- surprises. Allez, croisons les doigts… La météo est parfois si incertaine…

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