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Agen : Du plomb dans la tête

Le SUALG a longtemps tenu la victoire. Mais repart avec zéro point. Cruel. Rageant. La leçon est rude mais riche en enseignements.

Le chrono affichait 78 minutes et une poignée de secondes quand Christophe Laussucq a soudainement bondi de son siège, depuis le haut de la tribune principale, pour rejoindre le bord du terrain à la hâte. Le manager tenait à assister, au plus près, au dénouement de cette partie acharnée, étriquée, accrochée. L’Agenais n’en croyait pas ses yeux, sûrement : trois minutes plus tôt, ses hommes tenaient un précieux succès entre leurs mains ; puis, en une course tranchante de Watisoni Votu et une transformation poteau rentrant de Clovis Le Bail, le SUALG se retrouvait relégué à six longueurs. "C’est un scénario cruel ", résumera, après coup, le technicien. Avec le plus frustrant des résultats à l’arrivée : un revers par six unités synonyme de zéro pointé au classement. Même pas un méritant bonus de consolation. À l’instar de Brive, la semaine passée, à Armandie…

Si, après seulement trois journées, la course pour le maintien vient juste de débuter, les Lot-et-Garonnais sont conscients de l’importance d’une telle opportunité en déplacement. "On n’aura pas quarante occasions de prendre des points", souffle le manager. Alors, certes Agen a affiché un engagement de tous les instants, a démontré une belle solidarité et a même produit quelques lancements intéressants. Mais sans maîtrise sur les basiques, la meilleure des volontés se révèle le plus souvent vaine à ce niveau de la compétition. La défaite de samedi l’a rappelé à ce groupe jeune et tendre : "Pour gagner son maintien, il faut avoir un bon état d’esprit mais aussi prendre des points ", rappelle Marc Barthomeuf.

"J’en ai marre que l’on soit cons…"

La séance vidéo de ce début de semaine promet d’être riche en enseignements et l’atelier renvois devrait accaparer les troupes dans les jours à venir. La mauvaise gestion dans ce secteur clé symbolise la fragilité d’un collectif en apprentissage : "Je suis un peu agacé, oui, tance Christophe Laussucq. Nos sorties de camp ont été catastrophiques et ça fait maintenant trois matchs que ça se passe mal sur les réceptions. Forcément, ça donne plus que des regrets car on ne fait pas ce qu’on travaille. On donne des possessions trop faciles. J’ai en marre que l’on soit cons comme ça. Il n’y a pas d’autres mots, il faut grandir. Nous ne sommes ni les plus beaux, ni les plus puissants, ni les plus rapides. Mais en étant plus matures, il y avait la place pour gagner. " Au coup de sifflet final, les joueurs, éreintés mais lucides, plaidaient coupable : "Après chaque renvoi, on passait vingt minutes à défendre. Il aurait fallu être plus malins sur certaines actions", notait Marc Barthomeuf. "Il n’est pas possible de gagner des matchs comme ça, reconnaissait Raphaël Lagarde. On se met le feu tout seul. " L’ouvreur et ses partenaires accusaient le coup, momentanément : "Le vestiaire était un peu silencieux mais faut relever la tête. Il y a eu du contenu, l’équipe est en progression." Son capitaine, aussi, entrevoyait du positif : "Les autres années, nous avions mis longtemps avant d’avoir un tel match référence sur l’engagement à l’extérieur."

Alors, Pau, match potentiellement fondateur ou mauvais présage ? La leçon du jour, primordiale, pourra-t-elle être mise à profit ? La suite de la saison en dira plus sur la vérité de ce court et rageant revers : car dans le Béarn, on a vu un SUALG plutôt résistant à l’impact, doté d’une profondeur de banc inattendue et capable de produire des actions de qualité sur ses rares ballons ; mais on a également vu une équipe en flagrant manque de maîtrise et d’expérience. Nicolas Godignon se montre plutôt optimiste pour le devenir de l’adversaire du jour : "On peut féliciter les Agenais. Je trouve que l’on a tendance à les condamner un peu vite." Une certitude, en tout cas : les points échappés sont définitivement envolés. ve

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