• Le surpuissant numéro huit briviste So’otala Fa’aso’o a avancé sur chacune de ses charges. Il aura été très précieux pour le CAB Photo Diarmid Courrèges
    Le surpuissant numéro huit briviste So’otala Fa’aso’o a avancé sur chacune de ses charges. Il aura été très précieux pour le CAB Photo Diarmid Courrèges
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Chutier - Midi Olympique

Brive : Quel lancement de feu

Brive a lancé sa saison grâce à une première mi-temps de toute beauté. Elle fut riche de trois essais et ne laissa pas la moindre pénalité à l’adversaire. Un délice au son des Trois Cafés Gourmands.

Un dernier frisson, un arrachage plein de bravoure, gâché par un mauvais jeu au pied, une dernière séquence de défense pour faire sauter le ballon des mains de l’adversaire. Et une ultime pénalité pour marquer la délivrance au son de la fameuse chanson des Trois Cafés Gourmands repris à l’unisson, et même a cappella, presque comme le Flower of Scotland à Murrayfield, le rythme enjoué en plus : "Accepter ma rengaine, Elle veut juste dire "je t’aime", Soyez sûr, j’en suis fier…. J’ai la Corrèze en cathéter." Les vers du groupe corrézien ont donc célébré cet après-midi où le CA Brive fit mentir son public ! Car rarement, on aura vu un stade aussi pessimiste avant un coup d’envoi. Tous les observateurs croisés avant la rencontre n’en menaient pas large. Comme pour conjurer le mauvais sort, ils annonçaient à eux-mêmes et à leurs joueurs une après-midi de souffrance. Rendons grâce aux joueurs brivistes de les avoir démentis, au moins pendant les 40 premières minutes et de leur avoir offert une première période élégiaque, un feu d’artifice offensif avec une vraie dose de patience. Les Brivistes ne sont pas partis à l’abordage, ils ont tricoté des séquences pleines de maîtrise pour marquer trois essais et surtout, ils ont laissé leurs adversaires à zéro pénalités en quarante minutes. C’est cette statistique qui exprima le mieux la qualité de la première mi-temps corrézienne, un vrai bijou de maîtrise autour d’une charnière Blanc-Olding aux petits oignons et un facteur X nommé Sevanaia Galala, entré très tôt à la place de Dunbar. Le numéro 8 So’otala Fa’aso’o fut aussi un atout précieux par sa puissance, on apprécia aussi sa bonne maîtrise de la langue de Molière dans les vestiaires et sa gentillesse à l’opposé de la rudesse de ses contacts : "Je sens que les joueurs sont en train de se hisser au niveau du Top 14. Ne me parlez pas de mon essai, j’ai été très chanceux."

Brive a parfaitement su prendre des Clermontois très amoindris, c’est vrai. L’essai de la quatrième minute après une séquence interminable et une passe au pied de Olding pour Namy. Un geste à la "Jean-Claude Roques", les plus anciens apprécieront. "Nous avions aussi le vent dans le dos, c’est très important de compter sur cet avantage en début de match. Nous avons su enchaîner alors qu’en face, l’ouvreur ne parvenait pas à taper très loin pour dégager son camp. Pas mal de choses se sont jouées là-dessus" estimait Julien Blanc, Jeremy Davison n’a pu empêcher un sourire de se dessiner sur son visage parfois sévère : "Nous avons lancé notre saison contre un gros morceau. On avait besoin de prouver à tout le monde car j’entendais dire qu’on n’avait pas le niveau, que nous allions souffrir mais moi j‘étais confiant. On avait fait de bonnes choses dans les matchs amicaux. On savait que nous avions la profondeur d’effectif nécessaire pour tenir la distance. Oui, les critiques ont vexé les joueurs et peut-être les entraîneurs."

Jouer à se faire peur

Le coach nord-irlandais se délectait bien sûr de cette première période terrible : "quasi parfaite" selon les mots de son capitaine Saïd Hirèche. Jeremy Davidson ajoutait : "Elle a été le contraire de ce que nous avons fait lors des deux premiers matchs, mais attention, contre Pau et contre Agen, nous avions eu 57 % de possession. Mais nous n’avions pas été précis. Cette fois, nous avons trouvé cette fameuse précision, même avec les deux commotions qui nous ont obligé à faire deux changements très tôt. ça m’a fait très peur surtout pour la fin de la rencontre." Comme attendu, la deuxième mi-temps fut plus laborieuse, avec deux essais de contre clermontois qui auraient pu être très cruels (ballon "jeté" par Fa’aoso et coup de pied contré de Blanc). Brive aura su éviter le hold-up dans un dernier quart d’heure haletant qui a troublé jusqu’au sourire de François Hollande présent dans les tribunes. Pris par l’ambiance, il s’est peut-être lâché lui aussi sur les Trois Cafés Gourmands…

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