• Pierre Mignoni, Christophe Urios et Xavier Garbojosa ont tous trois gagné contre leur ancienne équipe ce week-end. Photo Icon Sport
    Pierre Mignoni, Christophe Urios et Xavier Garbojosa ont tous trois gagné contre leur ancienne équipe ce week-end. Photo Icon Sport
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La revanche des ex

Confrontés à leurs anciens clubs dans des contextes houleux, Pierre Mignoni, Christophe Urios et dans une moindre mesure Xavier garbajosa s’en sont tous tirés avec une victoire ce week-end. Quand les histoires d’amour finissent mal, il faut malgré tout des vainqueurs…

D’ordinaire drapé dans le politiquement correct, le mundillo du rugby a vécu une drôle de semaine, avant les matchs opposant Lyon à Toulon, Bordeaux à Castres et Montpellier à La Rochelle. Pourquoi ? Parce que toutes ces rencontres opposaient des managers à leurs anciennes équipes, dans des contextes tout sauf anodins. On en veut pour preuve cet inhabituel silence radio décrété par le Castres olympique du côté du Lévézou, transformant Christophe Urios en celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, tandis que le manager bordelais avait été invité à se justifier, toute la semaine, au sujet de son absence au barbecue de fin de saison dernière. Et si Xavier Garbajosa échappa aux polémiques avant d’affronter ses anciens élèves rochelais, ce ne fut pas le cas de Pierre Mignoni, qualifié dans la semaine de "mercenaire" par Mourad Boudjellal, lui et son gang de Toulonnais. De quoi déclencher la colère froide du manager lyonnais dans la semaine… "Ça me désole, parce qu’on parle de famille, de vrais joueurs toulonnais, déplorait Mignoni vendredi. Ce n’est pas bien... Nos familles, elles sont à Toulon. On a une culture forte de ce club. On a grandi dans ce club. On a été élevé dans ce club par des gens qui nous ont inculqué le respect et la fierté. Est-ce qu’on est des mercenaires ? Non ! Est-ce qu’on est des hommes fiers ? Oui. Mais parce qu’on est des vrais Toulonnais. Pas des gens qui parlent à travers un micro. Et il n’y a pas de haine du tout. La haine, c’est lui qui l’attise, et ce n’est pas bien. Mais ça, je lui dirai entre quatre yeux. Pas devant des micros. Parce que je le connais. J’ai travaillé avec lui, pour lui. Il parle facilement devant les micros. Mais quand on est face à face, il parle beaucoup moins."

Le poids des mots

L’explication eut-elle lieu ? Jusqu’à plus ample informé, on n’en sait rien, hormis que les deux hommes réglèrent certains comptes par le biais d’un coup de fil vendredi soir. Seule certitude, sur le terrain, les joueurs lyonnais ont apporté un soutien total à leur manager en s’imposant sans coup férir à Mayol (20-6), avec une volonté de fer. De quoi faire regretter ses mots à Boudjellal, sachant que son manager Patrice Collazo préfère généralement se servir dans l’autre sens des déclarations dans la presse ? "J’ai peut-être rajouté de la pression là où il ne fallait pas en mettre à notre jeune équipe, admettait Boudjellal après coup. Cette défaite, j’en porte une responsabilité." Trop tard pour le regretter… Tout comme regretteront sans doute les joueurs du CO de n’avoir pas mis des mots sur l’émotion, parfaitement affleurante, qui se dégageait de leur match. Pour l’avoir affrontée peut-être plus frontalement et su en tirer une source de motivation pour ses joueurs, Christophe Urios a une fois de plus quitté le stade Pierre-Fabre en vainqueur, quelques mois après l’énorme déception de cette qualification manquée face à Toulon. Peut-être l’occasion de procéder à un certain deuil… Quant à Xavier Garbajosa, non content d’avoir acquis la victoire face à ses anciens protégés, celui-ci a surtout eu le bonheur de voir son message transcrit en actes par ses hommes, à l’image du dernier essai inscrit par Immelman, ou du doublé d’un Willemse affûté comme jamais et délesté de dix kilos. Probablement le meilleur symbole de la mutation du MHR sous les ordres de Garba...

Midi-Olympique.fr
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