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La Rochelle : Le coup de la panne

Défensivement impériaux, séduisants dans le jeu sur la première mi-temps et en tête à la pause, les Maritimes ont encore tout gâché en deuxième période.

Jour, nuit. À peine trois rencontres passées et déjà une mauvaise habitude de prise. "Rois" des entames loupées l’an passé, les Rochelais sont devenus les "maîtres" des seconds actes ratés cette saison. Un pas en avant et deux en arrières. Battus à Clermont (28-10), ils sont à égalité avec leurs hôtes à la pause (10-10) et encaissent un humiliant 18 à 0 au retour des vestiaires. Victorieux face au Stade français (28-26), ils perdent la seconde période (8-12) et se font peur jusqu’au bout. À Montpellier, les Jaune et Noir encaissent vingt-quatre pions pour seulement six points marqués, après leur retour sur le pré. Alors qu’ils menaient de quatre longueurs au moment de rejoindre les vestiaires. "Bien attaquer le match oui, mais il ne faut pas le faire seulement durant quarante minutes. Pour décrocher un résultat à l’extérieur, on doit livrer un match le plus complet possible. Ça n’a pas été le cas. On a fait quarante très bonnes premières minutes et après…", résume Romain Sazy. Après, c’est l’habituel coup de la panne d’une formation au double visage. Jono Gibbes : "C’est vraiment décevant et frustrant pour les gars, car l’investissement était là. On prend trente points alors qu’on fait presque soixante bonnes minutes. Mais le message est clair : ce n’est pas quelque chose qu’on a besoin d’apprendre. On le sait déjà. On a besoin d’être plus précis et d’éliminer le doute sur le terrain pour le vidéo arbitrage."

Absence de réalisme et déchet technique

Le directeur sportif fait ici référence aux deux essais refusés (justement) à la vidéo à ses joueurs, lors du premier acte. Et surtout, au carton jaune reçu par Kerr-Barlow (lire le match). Mais ce tournant ne peut expliquer à lui seul les difficultés rochelaises rencontrées. Ses hommes ont une nouvelle fois payé cash leur manque de réalisme et leur déchet technique (14 turnovers) : "C’est le même constat que contre le Stade français. Il est important d’améliorer ça et c’est seulement une question d’exécution." Maladroits sur les derniers gestes en attaque, les visiteurs ont également diminué leur pressing défensif, qui avait totalement étouffé leurs hôtes jusqu’alors. Moins agressifs au plaquage et pas non plus aidés par un banc à l’apport trop limité, ils reculent à l’impact et le rapport de force s’inverse : "Je pense qu’il y a deux ou trois actions où on est en place, mais où nous manquons un plaquage (26 au total sur 134). Et du coup on crée un espace sur les extérieurs qu’ils exploitent", ajoute-t-il.

Une somme de détails non maîtrisés, comme plusieurs renvois adverses, qui, mis bout à bout, peuvent expliquer la baisse de régime de cette équipe sur la durée. Peut-on aussi parler de coup de "pompe" physique ? Uini Atonio (200e avec La Rochelle au GGL Stadium) répond : "Le groupe est venu avec les bonnes intentions. On voulait commencer le match à fond, tout donner. Et après, ça se voyait qu’on manquait un peu de gaz à la fin. Mais au moins, on n’a pas manqué d’envie. C’est peut-être positif pour l’avenir." Mais cela ne sera pas suffisant pour battre le Stade toulousain samedi à Marcel-Deflandre. Les Maritimes ne doivent plus relâcher leur vigilance après la pause, sous peine de se retrouver vite sous pression.

Julien Louis
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