• Malik Hamadache, auteur d’un essai au retour de la mi-temps, a permis à son équipe de venir à bout d’Agenais accrocheurs et longtemps devant au score. Photo Icon Sport
    Malik Hamadache, auteur d’un essai au retour de la mi-temps, a permis à son équipe de venir à bout d’Agenais accrocheurs et longtemps devant au score. Photo Icon Sport
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Pau : La victoire en cache une autre

Samedi soir, la Section s’est imposée au forceps et in extremis face à Agen. Au passage, l’entrant Malik Hamadache a prouvé qu’il faudrait compter avec lui. Un retour de flamme bienvenu.

"Merci Malik", "Super entrée Malik"… Une heure après la délivrance du coup de sifflet final, samedi, la poignée d’irréductibles supporters palois encore présente autour du Hameau salue chaleureusement le héros inattendu du soir, de sa sortie du vestiaire jusqu’à la réception. Car si l’estocade décisive a été portée par l’inévitable Watisoni Votu, décalé au centre mais au sens de la finition intact, le sursaut béarnais a bel et bien été initié par le revenant Malik Hamadache. Après 200 minutes en tribunes et sur la touche, le pilier de 30 ans, lancé à la mi-temps, a réalisé des débuts fracassants. Le Hameau l’a revu, comme à ses plus belles heures, multiplier les charges balle en main et avancer à l’impact. Une générosité récompensée par un essai crucial, à la 44e minute, inscrit avec la rage au ventre et le casque à pointe : "J’appelle Sam (Marques, N.D.L.R.) à cinq mètres de la ligne. Il me la donne comme il faut. Je le remercie pour cette offrande", commente, modeste, le premier marqueur du soir, côté vert et blanc. "La surpuissance des Palois", comme l’évoque Christophe Laussucq, a finalement permis aux hôtes de prendre l’ascendant. "Le banc a beaucoup amené et a apporté toute son énergie pour nous faire passer devant ", note Nicolas Godignon, soulagé comme ses hommes d’avoir décroché ces quatre points cruciaux, au regard de la situation de la Section dans ce championnat.

"Malik est là maintenant"

Malik Hamadache résume le sentiment général : "Ce résultat est important au niveau comptable mais aussi car il a montré l’état d’esprit d’un groupe décidé à ne rien lâcher et qui reste solidaire même quand il est dans le dur. On croit fermement en notre jeu. Je crois que nos essais les prouvent." Le succès de l’équipe, tout en abnégation, renferme une autre victoire, intime, pour l’obstiné pilier. Lui, le prétendant au XV de France devenu, en l’espace de quelques mois, l’incarnation des errements du club. Lui, l’indéboulonnable des premières années dans l’élite rétrogradé dans la hiérarchie, derrière Lourens Adriaanse et Mohamed Boughanmi. "La saison dernière a été dure, rien ne peut plus la changer. Ce qui compte, c’est que Malik est là maintenant ", affirme l’ancien Albigeois. Son partenaire Fabrice Metz apprécie la résilience du colosse : "Ca a été très compliqué pour lui mais il n’a jamais lâché. Il a montré, malgré tout ce qui se dit sur lui, qu’il a le niveau et peut prétendre jouer à droite. " Le principal interessé en est resté fermement convaincu : "Je ne doute pas de moi, je continue à croire en mes moyens. Ma position est claire : je veux regagner du temps de jeu et retrouver mon meilleur niveau. J’en suis capable. Je sais ce que je peux apporter à cette équipe."

Au terme de cette première sortie - ou plutôt entrée - concluante, Nicolas Godignon reconnaît, logiquement, le mérite de son joueur : "Avec ce genre de prestations, il prouve à tout le monde que c’est un vrai compétiteur. Les critiques étaient ce qu’elles étaient… En tout cas, Malik est plutôt dans une bonne dynamique. Il n’avait pas attaqué les deux premiers matchs car il a une concurrence au poste qui est importante et il y avait des choix. Mais il n’a pas baissé la tête et a continué à travailler comme il le fait depuis quelques mois. Déjà, en fin de saison, il avait retrouvé de l’allant." Et le manager d’entrouvrir un peu plus la porte : "Il a montré à tout le monde que c’était un joueur sur lequel on pouvait et devait compter." Des déclarations comme une main tendue. Malik Hamache espère voir son investissement récompensé à sa juste valeur dans les semaines et mois à venir : "C’est bien, tant mieux. Mais pour la suite, on verra… Ce n’est pas moi qui prend les décisions. Mon travail, c’est de me montrer à mon avantage. Je donne tout pour ne pas avoir de regrets mais le reste, ce n’est pas de mon ressort." Si l’international A "capé" lors d’un test officieux face à la Nouvelle-Zélande en novembre 2017, parvient à maintenir le niveau de samedi soir, il pourrait rendre quelques services à une Section amenée à batailler pour s’assurer un avenir dans l’élite…

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