• Le demi de mêlée Arthur Coville a brillé aux côtés de Joris Segonds mais la jeunesse parisienne a  manqué d’expérience. Photo Icon Sport
    Le demi de mêlée Arthur Coville a brillé aux côtés de Joris Segonds mais la jeunesse parisienne a manqué d’expérience. Photo Icon Sport
Publié le / Modifié le
Top 14

Stade Français : Le péril jeune

Malgré un début de match parfaitement maîtrisé, les Parisiens se sont fait peur en fin de match. La raison ? sans doute des erreurs de jeunesse. Explications.

N’en déplaise aux mauvaises langues, le Stade français d’Heyneke Meyer joue le carte de la formation française. C’est un fait intangible. Samedi soir, l’ancien sélectionneur des Springboks, à qui l’on a reproché de vouloir construire une nouvelle franchise sud-africaine, a choisi d’aligner quatorze "frenchies" dans le XV de départ et un total de dix-neuf "JIFF" sur la feuille de match. Surtout, la moyenne d’âge était de 24.4 ans sur ce XV de départ. Seuls trois joueurs (Maestri, Clément et Mapoe) avaient plus de 30 ans au coup d’envoi. Des gamins de 20 piges ou un peu plus, il y en avait donc à la pelle : Delbouis, Lapègue, Coville, Francoz, Chapuis… Ce qui n’a pas empêché le club de la capitale, après deux défaites consécutives, de réaliser une première partie de rencontre de très bon niveau. À la baguette, une charnière composée d’Arthur Coville (20 ans) et Joris Ségonds (22 ans), ancien pensionnaire de Pro D2. Ces deux-là, pour leur deuxième titularisation commune, ont affiché de belles dispositions. De par leurs postes, ils ont évidemment été impliqué dans tous les bons coups parisiens. Mais ils ont surtout fait preuve de maturité et de bon sens à l’instant de faire leurs choix durant la forte période de domination en début de rencontre. Un exemple ? Cette faculté à jouer proche de la défense adverse avec des passes laser, réalisées au cordeau par Arthur Coville et flirtant parfois avec l’interception, pour mieux créer de l’incertitude dans la défense adverse, ont perturbé les Bayonnais.

Senekal : "ils manquent parfois un peu de maîtrise"

"J’ai pourtant demandé une montée plus agressive lorsque j’ai vu ça, explique Yannick Bru, l’entraîneur adverse. Mais on a été trop spectateurs." "Joris (Ségonds) a pris les premiers ballons très proche de la ligne d’avantage, reprend Arthur Coville. Nous avions toujours une cellule d’avants à son intérieur pour fixer la défense. Et comme ça bien marché, nous avons continué." Le demi de mêlée parisien, capitaine des champions du monde U20 en 2018, s’est franchement illustré par la qualité de ses passes. Sur deux des trois essais parisiens, il s’est révélé décisif, à chaque fois grâce à une double sautée, à chaque fois pour Adrien Lapègue, 20 ans lui aussi. "Joris m’a facilité le travail, souligne Coville. Il est jeune (22 ans) mais il a déjà une grande expérience, notamment en Pro D2 qui est un championnat difficile." À Aurillac, il a très vite porté le poids de lourdes responsabilités. Et ça se sent.

Dans le sillage de la charnière, la troisième ligne Chapuis-Francoz-Godener, elle aussi très jeune, s’est montré à son avantage.

Seulement, si le Stade français s’est fait peur en fin de match, c’est probablement aussi en raison d’un manque d’expérience. "Ils ont tous montré beaucoup d’envie mais en raison de leur jeunesse, ils manquent parfois un peu de maîtrise, explique l’entraîneur des avants Dewald Senekal. C’est normal. Il faut l’accepter. Quant à Arthur et Joris, ce n’était que leur deuxième match ensemble. Ils sont en train de construire leur charnière. Ils ont la tête bien posée sur les épaules et c’est vraiment intéressant pour le Stade français et pour le futur de l’équipe." "Jouer avec autant de jeunes joueurs, c’est franchement enthousiasmant, s’exclame encore Coville. Mais c’est à nous de relever le défi, d’assumer la confiance qu’on nous donne." Pour le coup, les Parisiens n’ont pas su vraiment gérer leurs temps faibles, notamment en deuxième période. "On ne peut pas se permettre de faire vingt très bonnes premières minutes comme ça et après se relâcher et se faire peur jusqu’à la fin", estime l’arrière Kylan Hamdaoui. Et ce dernier d’ajouter : "Mais on est quand même rassurés : premier match à domicile, première victoire. On restait quand même sur deux défaites. Donc point de bonus offensif ou pas, on s’en fiche."

BEURDELEY Arnaud
Réagir