• Zach Holmes, l’ouvreur toulousain décroche une première victoire difficile face au Racing 92 . Photo Icon Sport
    Zach Holmes, l’ouvreur toulousain décroche une première victoire difficile face au Racing 92 . Photo Icon Sport
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Toulouse presque d’attaque

Malgré de nombreuses imperfections et une fin de match à frayeurs, les Stadistes ont signé leur premier succès de la saison. Et les trois-quarts pourtant décimés ont voulu montrer qu’ils avaient tout de même de l’appétit.

Depuis plusieurs semaines, les évocations sont nombreuses sur la pléiade d’absents qui touchent les rangs toulousains. Aucun pleurnichement de la part des dirigeants et entraîneurs rouge et noir mais simplement des faits : avec onze joueurs retenus (Cros et Elstadt ont été écartés au dernier moment de leurs sélections respectives), le champion de France est le club le plus touché en cette saugrenue période de doublons dont le rugby a le secret. Mais s’il est un secteur particulièrement amoindri, il est à chercher derrière. Imaginez tout de même que la ligne entière de trois-quarts qui est allée décrocher le Brennus en juin - exception faite de Pita Ahki, lequel a doublé Romain Ntamack en fin de saison dans la hiérarchie au centre - manque à l’appel : Dupont, Ramos, Ntamack, Guitoune, Médard, Huget, Kolbe. "On doit forcément recomposer la ligne d’attaque, expliquait l’entraîneur des trois-quarts Clément Poitrenaud la semaine passée. Mais, pour la plupart, les joueurs présents connaissent déjà le système. Ceci mis à part de quelques arrivées ou retours comme Tristan Tedder. Ces garçons ont l’habitude de travailler avec moi, donc je pense que cela a été rapidement intégré. C’est davantage en termes de nombre de joueurs disponibles que c’est compliqué puisque nous sommes relativement à flux tendu." Le club, dans la lignée de son passé récent, a décidé de faire confiance à ses hommes parfois dits de complément ou à ses jeunes. Pas étonnant donc de voir Matthis Lebel et Tristan Tedder se relayer avec le numéro 15 - même si le Sud-Africain fut en grande difficulté ce dimanche soir avant d’être remplacé à la pause - ou Lucas Tauzin enchaîner les titularisations à l’aile. Entre le besoin de repères collectifs et le talent individuel des habituels facteurs X à combler, la tâche est évidemment ardue pour ceux qui doivent faire oublier les internationaux.

Un Ahki XXL

Du côté d’Ernest-Wallon, tous les acteurs ont choisi d’évacuer la question. "On essaye de faire abstraction du contexte, reprenait Poitrenaud. Il est ce qu’il est, on le connaît. Une année qui suit un titre jamais évidente, seulement cinq semaines de préparation, une Coupe du monde et donc beaucoup d’absents… Une fois qu’on a dit ça, on fait quoi ? On s’effondre ou on fait face ? À nous de donner le maximum de confiance aux joueurs pour qu’ils ne soient pas impactés par ce contexte et se sentent pleinement légitimes. Personnellement, je n’en parle pas trop. Pas pour mettre un drap dessus mais parce qu’avec les joueurs présents, il y a possibilité de faire quelque chose d’intéressant, du moins aussi bien que la saison dernière en termes de rugby. Les résultats, c’est autre chose mais, sur la qualité de jeu, l’équipe doit être consciente de ses capacités." En ce sens, la victoire face au Racing 92 est venue apporter son lot d’enseignements. Non pas qu’elle fût parfaite dans le contenu, loin de là, mais les arrières toulousains ont par instants servi les initiatives et l’audace qu’on leur connaît. Notamment dans le premier acte avec ce deuxième essai inscrit par Arthur Bonneval au bout d’une relance de 80 mètres derrière… Un ballon de récupération, l’arme fatale de cette formation. Une action sur laquelle Tauzin, Holmes puis Ahki sont aussi intervenus. Un Pita Ahki d’ailleurs royal et véritable poison pour les Franciliens sur chacune de ses interventions.

"La pression sur le contenu"

À l’arrivée, les attaquants toulousains, même affaiblis et malgré trop de déchet sur certaines séquences, ont montré que leur appétit était intact. Même si ces maladresses et une cohésion encore insuffisante justifient les sueurs froides des ultimes minutes. Alors que les hommes d’Ugo Mola avaient clairement le match en mains et qu’ils pouvaient le terminer en toute quiétude, ils se sont offert quelques frayeurs notables qui montrent à ce groupe le chemin restant à parcourir en ces semaines où il s’agit de faire le dos rond et d’affronter les éléments. Toutefois, le succès dominical, le premier en cet exercice 2019-2020, a le mérite de délivrer quatre points très précieux aux Stadistes. Et de lancer définitivement leur exercice, avec un relatif confort pour désormais gommer les imperfections. "Ce n’est que le troisième match, prévenait Poirrenaud. La saison est longue et il n’y a pas de défaite interdite. On a évidemment tous à cœur de gagner à domicile pour se donner un peu d’air. Maintenant, la pression, on la met sur le rugby, le contenu, la qualité de la production, de l’engagement et l’investissement de chacun." Il devait néanmoins souffler au coup de sifflet final.

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