• Le terrain d'entraînement des Tricolores au Japon
    Le terrain d'entraînement des Tricolores au Japon / Patrick Derewiany / Midi Olympique
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Reportages

Premiers pas japonais

Depuis dimanche soir, les Bleus prennent leurs marques au Japon et découvrent une autre culture, même si leur priorité est de récupérer du décalage horaire.

Disputer ce Mondial au Japon, ils en ont longtemps rêvé ! Après des mois de sacrifices, avoir sué sang et eau pendant l’été, les Français touchent enfin au but. "Tout le monde avait à cœur d’être ici, c’est désormais chose faite, reconnaissait l’arrière Maxime Médard. S’entraîner ici, entamer tous les protocoles de World Rugby, le programme des cérémonies d’accueil qui arrivent. Tout cela augmente l’excitation de commencer cette compétition."

Depuis dimanche, les Bleus doivent surtout s’acclimater à un environnement nouveau, tout en essayant d’en finir avec le jet-lag. "J’ai encore du mal à récupérer, rigolait Damian Penaud en milieu de semaine. La nuit dernière, je me suis réveillé à 2 h 30 en pensant qu’il était 7 heures. Je me suis levé, j’étais plein gaz (rires). J’ai dû me rendormir avant de me réveiller à 5 heures. C’est encore un peu agité mais quand je me suis levé à 7 heures, j’étais en forme." Pour l’instant, les Français ont donc fait des allers retours entre l’hôtel et leur terrain d’entraînement, situé au pied du Mont Fuji et bordé par la forêt où ils cohabitent avec les libellules. La récupération est privilégiée à la découverte du pays, ses coutumes et sa culture. Le Japon n’est pourtant pas une destination comme une autre et les rugbymen n’ont pas forcément l’habitude d’y poser leurs valises.

Alors, dès lundi matin, les hommes de Jacques Brunel ont eu droit à une réunion pour ne pas faire d’impair. Et même s’ils ont été peu confrontés au monde extérieur, tous ont bien compris qu’ils devraient s’adapter à un autre mode de vie. "Les gens sont très gentils, pudiques mais surtout extrêmement respectueux des règlements. à nous d’en faire de même", poursuivait Maxime Médard qui ne cachait pas une certaine attirance pour la mode japonaise, les temples et les mangas. Ce n’est pas le cas de tous. Sébastien Vahaamahina en rigolait : "Je ne connaissais pas du tout et ce n’est pas une destination qui m’attirait particulièrement." Les premiers pas au pays du Soleil Levant sont d’autant plus intrigants. "Le respect. C’est impressionnant, poursuivait le deuxième ligne de Clermont. C’est cadré, ça file droit, ça fait un peu peur des fois. Par exemple, on nous a bien prévenus qu’il ne fallait pas pisser au bord du terrain à l’entraînement (rires). Et, il ne faut pas traverser la route si le bonhomme n’est pas vert… à l’hôtel c’est particulier, les Japonais sont à poils ! Ils vont aux bains comme ça. Je n’y suis pas allé, ça ne m’intéresse pas (rires)." En réalité, ils se rendent en kimono au Onsen, des bains chauds qui font partie de la tradition nippone. Il est vrai que voir des hommes et des femmes arpenter les couloirs et même les restaurants des hôtels seulement vêtus d’un kimono vous confronte directement à une autre culture.

Interviews en chaussettes !

Et cela ne s’arrête pas là pour l’ailier Virimi Vakatawa : "J’étais déjà venu une fois à Tokyo, à l’occasion d’un tournoi à VII. La culture ici est vraiment différente. Notre officier de liaison nous a expliqué toutes les différences qui existent entre la France et le Japon et je peux vous dire qu’il y en a un paquet ! Comme mes bras sont recouverts de tatouages, on m’a dit que je ne pourrais pas aller dans certains endroits publics comme des bains. Je n’ai pas eu de problème jusqu’ici car nous avons fait notre récupération de lundi dans une piscine privée, mais je suis prévenu pour la suite." Les Français doivent aussi composer avec des règles de vie inédites, comme se déchausser pour entrer en salle de presse. Ce qui amusait Maxime Médard : "Répondre à des interviews en chaussettes, je ne l’avais jamais fait. Et pour aller à la musculation. Il faut prendre deux paires de chaussures : une pour l’intérieur, une pour l’extérieur."

à défaut de pouvoir flâner dans la région pourtant magnifique du Mont Fuji, les Tricolores, qui ont tout de même eu droit à une démonstration de Taiko (tambour japonais), lundi soir à leur hôtel, avant de visiter des écoles jeudi, ont surtout découvert le climat pendant ces premiers jours. Et ils ont été gâtés avec un terrible orage lors de la séance d’entraînement de mardi après-midi, après une matinée ensoleillée accompagnée d’une chaleur moite. "Le temps change très vite, reconnaît Virimi Vakatawa. Ça me rappelle celui que l’on peut avoir aux îles Fidji. Il fait toujours chaud et humide là-bas aussi." Un orage qui aura permis aux Français de comprendre un peu mieux la culture locale puisque les bénévoles présents à l’entraînement se sont empressés d’aller chercher des serviettes pour qu’ils puissent se sécher dès leur sortie du terrain. Aligatô !

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