• ASM Clermont Auvergne v Stade Rochelais - Top 14
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Top 14

Des Rochelais à double-face

Parfois séduisants puis absents, les Rochelais n’arrivent pas encore à réaliser un match plein depuis le début de la saison. Il le faudra pourtant pour battre le champion toulousain samedi à Marcel-Deflandre. 

C’était en juin dernier. Les Toulousains fondaient sur un nouveau titre de champion de France (le 20e !) et battaient le Stade rochelais en demi-finale du Top 14 (20-6) dans un match où les Rochelais ne furent jamais en mesure d’inquiéter le redevenu grand Stade toulousain. Quelques mois plus tard, les choses ont bien changé surtout du côté de La Rochelle. Si l’effectif n’a que peu évolué, l’arrivée de Ronan O’Gara a permis d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire des Jaune et Noir. Viendra le temps de faire un premier bilan après les quatre premières journées disputées, pourtant, on peut d’ores et déjà affirmer que les Rochelais débutent ce nouvel exercice du Top 14 dans la peau d’un personnage bien connu des mordants des BD comics de super-héros, l’inévitable Double-Face. Comprenez, double visage. Le bon d’un côté et le mauvais de l’autre. La comparaison peut paraître incongrue mais expliquons-nous.

Contre Clermont, le Stade français et Montpellier, les Maritimes ont été séduisants par séquences. Le point de paroxysme étant la première période en Hérault où les joueurs de Jono Gibbes ont littéralement dominé dans tous les secteurs des Montpelliérains groggy et sans doute surpris par le niveau de jeu de leurs hôtes d’un jour. Prises d’initiatives, combinaisons maîtrisées, peu ou pas de fautes (deux en première période) et une parfaite harmonie entre un jeu d’avants puissant dans l’axe symbolisé notamment par un Qovu retrouvé et des trois-quarts appliqués et inspirés jusque dans la dernière passe. « Il y a de très bonnes choses. On n’est pas assez récompensé peut-être. Sur la deuxième mi-temps, on retombe dans nos travers, on a plus de mal à mettre notre rugby en place. » Le capitaine Romain Sazy parle ici du deuxième visage de ses coéquipiers. Ce côté de la pièce qui fait défaut à son équipe et qui revient constamment depuis le lancement de la saison.

De la 1re à la 80e minute

Pourtant du mieux, il y en a dans le contenu des matchs des Jaune et Noir. L’évolution est flagrante et positive et montre que les Maritimes ne sont pas très loin d’atteindre un niveau homogène durant 80 minutes. Que manque-t-il aux Rochelais ? Sans aucun doute ce côté tueur dans les temps forts (il faut aussi rajouter la réussite) et une bonne dose de maîtrise dans les temps faibles. «C’est dur de repartir de ce déplacement sans que nos efforts payent mais on ne désespère pas», disait le capitaine rochelais. «C’est une déception, c’est très frustrant pour les gars, regrettait le manager Jono Gibbes. L’investissement et l’engagement étaient là. Prendre 30 points alors qu’on fait 60 minutes vraiment bien, c’est dur. On a besoin d’être plus précis.»


En s’appuyant sur un effectif qui retrouve progressivement certains de ses cadres, les Rochelais peuvent faire confiance aux jeunes joueurs qui tirent parfaitement leur épingle du jeu. Rémi Leroux, titulaire dans la cage et auteur d’un bon match à Montpellier, Thomas Lavault, Mathieu Tanguy, Jules Favre : tous s’affirment et montrent qu’il faudra compter sur eux cette année. Face à un Stade toulousain qui n’a plus terminé un premier bloc de quatre matchs avec qu’une seule victoire depuis plus de vingt ans (au moins depuis la saison 1997-1998 !), le défi s’annonce musclé pour le Stade rochelais. Basculer enfin sur une rencontre où le positif prédominera à l’heure de l’analyser. En outre, quoi de mieux que de s’offrir le champion toulousain pour mettre les petits regrets de ce début de championnat dans le rétroviseur. Et garder qu’une face, celle du bien. 

Paul Arnould
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