• Raphaël Lagarde et les Agenais ont proposé une copie quasi parfaite face aux Montpelliérains. Une montée en puissance depuis le début de la saison qui est remarquable.
    Raphaël Lagarde et les Agenais ont proposé une copie quasi parfaite face aux Montpelliérains. Une montée en puissance depuis le début de la saison qui est remarquable. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Agen de vice et de fer

Christophe Laussucq et ses hommes ont gagné la partie d’échecs proposée par le MHR. Le jeu frontal des hommes de Garbajosa n’a jamais pris le dessus sur la défense héroïque des Agenais.

Ceux qui enterraient les Agenais sont bons pour payer leur tournée. Après des débuts difficiles à Armandie contre Toulon lors de la première journée, un succès poussif contre Brive et un match très encourageant mais au résultat frustrant à Pau la semaine dernière, les joueurs du SUALG ont validé leur progression en faisant tomber un cador du championnat à Armandie. Au terme de ce match très solide explose une certitude : il faudra compter sur Agen cette saison. Le plus petit budget du championnat n’est pas condamné. Cette victoire nette et sans bavure, construite avec méthode et patience autour d’une défense de fer et d’une conquête retrouvée, est un signal fort envoyé aux autres équipes qui ont coché le déplacement à Armandie comme un voyage forcément pourvoyeurs de points.

Les Agenais, dans le sillage d’un Raphaël Lagarde très inspiré dans son jeu au pied, ont stratégiquement parfaitement mené leur match. Christophe Laussucq et son staff avaient ciblé le jeu frontal et direct de ces Montpelliérains, surpuissants dans l’avancée mais empruntés lorsqu’ils sont poussés dans leurs derniers retranchements et sortis de leur registre de prédilection. Quand le plan est bon, reste à l’appliquer et les joueurs ont parfaitement suivi les consignes : de l’occupation bien sentie avec le pied de l’ouvreur, une (saine) agressivité de tous les instants pour harceler le porteur de balle adverse et une conquête retrouvée, rampe de lancement idéales pour des attaquants inspirés. Vincent Farré, le troisième ligne agenais, explique : "On avait bien étudié ce XV montpelliérain à la vidéo. Nous avions bien vu qu’ils axaient leur jeu sur deux ou trois porteurs de balles puissants qui proposaient un jeu de destruction à zéro passe sur les premiers temps de jeu. Notre mission, avec Romain (Briatte, N.D.L.R.), était de gagner les duels sur ces joueurs-là pour les empêcher de construire. Quand on voit les Du Plessis, Willemse, Timu et consorts arriver balle en main, il faut fermer les yeux, serrer les bras et se jeter dans la bataille… Bon, on a l’air de ne pas s’en être trop mal sortis", détaille dans un sourire le redoutable plaqueur agenais, auteur d’une prestation majuscule, comme l’ensemble de son paquet d’avants.

Une conquête retrouvée

Car c’est tout le huit de devant qui a rectifié le tir après les premières prestations en dents de scie. Passée au laminoir de la vindicte populaire après la défaite contre Toulon, la mêlée agenaise a aujourd’hui retrouvé des couleurs. Le travail de Benoît Lecouls commence à porter ses fruits. "Je suis content pour mes piliers et pour Benoît, tout le monde a fait preuve de caractère en relevant la tête. On marque encore un bel essai en première main après mêlée et j’ai aimé ce sursaut d’orgueil en fin de match, où on va chercher Masilevu pour qu’il marque un troisième essai alors qu’on aurait pu gérer et se contenter du score qui était acquis." Vincent Farré acquiesce : "Les séances spécifiques et ciblées sur le joug endurées toute la semaine en préparation ont payé. On sort un match avec une très belle mêlée et une très belle touche, c’est très positif."

Surtout, après avoir eu le gain du ballon, les Agenais ont su le maîtriser et ne pas le rendre à la va-vite : "Cela est la clé de notre succès et cela sera la clé de nos succès à venir. On ne peut pas continuer à s’exposer éternellement contre des équipes qui ont de telles puissances offensives. Il faut impérativement que l’on ait l’initiative du jeu et cela passe par la conservation du ballon. On a montré que lorsque l’on tient le ballon, on sait s’en servir. On n’a pas à rougir." Prochain écueil pour les Agenais à Castres, après une semaine de repos bien méritée où les joueurs pourront profiter de la retransmission de la Coupe du monde l’esprit léger. Avec deux victoires en quatre rencontres, leur contrat est rempli.

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