Béziers : nœud coulant

  • Karl Wilkins échappe aux plaquages sur l’aile gauche. C’est pourtant la défense biterroise qui fut capitale en infériorité numérique. Photo Max PPP
    Karl Wilkins échappe aux plaquages sur l’aile gauche. C’est pourtant la défense biterroise qui fut capitale en infériorité numérique. Photo Max PPP MAXPPP - PIERRE SALIBA
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À quatorze contre quinze, les Héraultais décrochent leur premier bonus offensif cette saison (le dernier datait d’octobre 2018 face à Aurillac). Un exploit réalisé grâce à un plan défensif parfait.

Un "clean sheet" bonifié ! Quarante-cinq mois après (décembre 2015, 46-0 face à Bourgoin), les Biterrois remportent un succès vierge de point encaissé. Le tout, en infériorité ! Derrière cette performance majuscule, se cache une défense trois étoiles. Marco Pinto Ferrer raconte : "Ce succès montre encore une fois un état d’esprit remarquable dans l’équipe. […] Notre défense a pris le dessus et c’est certain que cela nous a aidés à décrocher ce point de bonus prestigieux." D’entrée, l’idée directrice était de presser les attaquants aixois pour les asphyxier et les faire déjouer. Arnaud Pic : "On avait envie de les presser fort, car nous savions qu’ils avaient des individualités dangereuses. L’idée était de les mettre constamment sous pression pour qu’ils échappent des ballons et c’est ce qui s’est passé. On a été un peu mieux sur l’agressivité et cela a beaucoup apporté à l’équipe."

Après l’exclusion de Tawalo (voir match), les Héraultais n’ont jamais dévié de leur plan. Poursuivant leur travail de "démolition", en s’adaptant avec brio à quatorze selon le coach des trois-quarts, Sébastien Logerot : "Nous avons été très efficaces sur les zones de rucks où l’équipe s’est très peu consommée finalement (interventions ciblées, un ballon et trois pénalités gagnées, NDLR). Ce qui nous a permis de reprendre vite les largeurs."

Mêlées jouées à sept gagnantes…

Comment ? En se montrant très généreux, précis et rapide dans la redistribution défensive. Arnaud Pic développe : "Il faut faire les efforts supplémentaires. Sur mêlée, on a essayé de bricoler un peu pour les pousser à sept afin d’avoir un défenseur de plus sur la largeur. La clé était aussi de bien communiquer avec l’arrière, l’ailier grand côté et le neuf pour couvrir les zones de "pied". Après, l’avance au score a aussi aidé l’équipe, car nos adversaires ne pouvaient plus taper…"

Dernier défi : résister à la réaction d’orgueil dans le money-time d’Aixois vexés, pour s’offrir la chance de décrocher un bonus dans les ultimes secondes (troisième essai marqué après la sirène). Déterminant d’après Logerot : "Ils sont venus souvent à cinq mètres de notre ligne (53e, 74e et 76e) et dans ces zones-là, on fait encore plus preuve d’agressivité. Les joueurs étaient survoltés, pas par rapport au carton, mais… On a senti un truc, il s’est passé quelque chose." Béziers réaffirme sa résilience défensive retrouvée et sa capacité à faire front dans l’adversité (troisième succès consécutif), quasi inégalée.

Julien Louis
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