• Auteur du troisième essai rochelais, Vincent Rattez, recalé du XV de France, a déstabilisé la défense toulousaine. Photo Icon Sport
    Auteur du troisième essai rochelais, Vincent Rattez, recalé du XV de France, a déstabilisé la défense toulousaine. Photo Icon Sport Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Top 14

Le chemin est tracé pour La Rochelle

Sur courant alternatif depuis le début de la saison, le Stade rochelais a réalisé sa première grosse performance à domicile contre le champion toulousain grâce notamment à des trois-quarts explosifs.

Ce Top 14 est décidément à part. Il est peut-être le seul championnat de rugby au monde où la pression au bout de quatre journées se fait ressentir lorsque les prémices de l’exercice ont mis en avant quelques failles et un bilan comptable loin des ambitions du club. L’ambiance, les 16 000 drapeaux déployés au stade Marcel-Deflandre et les 20 premières minutes fermées, acharnées au terme d’un combat physique intense mais une absence totale de jeu nous ont fait penser à un match de phase finale. Tous avaient le souvenir de cette demi-finale d’il y a quelques mois, perdue face à ces mêmes Toulousains. Ou encore de la défaite sur le fil durant la phase régulière. C’est pourquoi les supporters rochelais étaient loin d’être sereins à l’issue du déplacement à Montpellier. L’idée dominante était qu’il serait difficile de s’offrir le champion toulousain, qui restait sur trois victoires consécutives face à La Rochelle. Imaginez donc notre surprise lorsqu’aux alentours de 17 h 30 dans les travées de Marcel-Deflandre, on entendit plus dans les discussions entre supporters les regrets d’avoir perdu le bonus offensif que l’euphorie et la satisfaction d’une victoire acquise dans la maîtrise et avec la manière qui plus est. Pour être tout à fait franc, certes les coéquipiers de Romain Samy ont laissé échapper les cinq points bêtement, et alors ? Les plus grands compétiteurs pourront affirmer qu’il est difficile d’être complètement satisfait d’un match comme celui-ci et les apprentis comptables nous ressortir le refrain du "chaque point compte à la fin de la saison". Grand bien leur fasse car pour nous, après trois premières rencontres où il était difficile d’y voir clair dans le jeu rochelais, ce match de samedi a permis de savoir exactement où le Stade rochelais voulait aller cette année. Et c’est le plus important. "On a bien retrouvé notre rugby malgré les 20 dernières minutes pas assez propre", disait le Néo-Zélandais Victor Vito, qui effectuait son premier match depuis le début de la saison. "Le bonus ? On doit avoir du respect envers Toulouse. Ils ont la qualité pour être toujours présent. On a été dans le rythme durant plus de 60 minutes mais on doit être plus propre pour mieux maîtriser la fin du match. Mais c’est Toulouse !"

Plusieurs cordes à leur arc

Avant de prendre le dessus, les Rochelais ont subi. Terriblement. Pendant 25 minutes. Un début de match compliqué face à des Toulousains bien décidés à imposer leur rythme très vite. Contrairement au début de saison, les Jaune et Noir ont cette fois-ci tenu bon, n’encaissant que six points (dont un drop) et en ne se mettant pas beaucoup à la faute. "On avait donné un nombre de points à ne pas prendre contre Toulouse pour pouvoir s’imposer aujourd’hui et c’est vrai que dans les 20 premières minutes, on a été agressés par leur monopole du ballon. On n’a pas paniqué, on s’est redistribués et on n’a pas montré de signe de fébrilité à l’arbitre. On était présent", réagissait l’entraîneur des avants Grégory Patat. Contre le Stade français, les Rochelais avaient repris le contrôle de la rencontre avec du jeu dans l’axe. Cette fois-ci, la lumière est venue par les cannes de Vincent Rattez et Jules Favre. Sans oublier la conquête très propre et il faut le souligner ! Façon de montrer que le Stade rochelais a plusieurs cordes à son arc pour réagir lorsqu’il est contrarié par l’adversaire. Une satisfaction pour Grégory Patat. "Le carton rouge (pour Kok à la 54e, N.D.L.R.) a fait qu’il y avait plus d’espaces sur les extérieurs mais je pense qu’on s’est créés beaucoup d’occasions. On les a débordés." Alors tout n’a pas été parfait contre Toulouse. Mais la progression après ce bloc de quatre matches est bien présente. La complémentarité se ressent de plus en plus et les soucis aperçus les week-ends précédents sont gommés. Progressivement mais sûrement, le Stade rochelais avance pas à pas dans ce Top 14, un peu masqué par la forme exceptionnelle du voisin girondin. Ça tombe bien, les Rochelais adorent être dans l’ombre pour mieux sortir le bon de son nez au moment voulu.

Paul Arnould
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