• Marika Koroibete et Viliamu Mata,  qui seront adversaires samedi, sont tous deux nés aux Fidji. Photos Icon Sport
    Marika Koroibete et Viliamu Mata, qui seront adversaires samedi, sont tous deux nés aux Fidji. Photos Icon Sport
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Coupe du Monde

Australie - Fidji : Frères ennemis

L’Australie n’a jamais autant compté de joueurs fidjiens dans ses rangs. Lesquels vont devoir affronter leurs compatriotes dès l’ouverture du Mondial. Voilà comment ils vivent la chose...

L’Australie n’a jamais été une équipe aussi multiculturelle. Rendez-vous compte : sur les trente-quatre joueurs retenus pour disputer le Mondial, pas moins de douze sont nés en dehors de l’île-continent, soit 39 % de l’effectif qui compte pas moins de six nationalités. Parmi ces douze naturalisés, quatre sont issus de îles Fidji. Et non des moindres puisqu’il s’agit tous de titulaires potentiels : le numéro 8 Isireli Naisarani, le centre Samu Kerevi, son homologue Tevita Kuridrani et l’ailier Marika Koroibete. Samedi, tous débuteront la rencontre sauf Kuridrani. Une si forte représentation mélanésienne dans les rangs australiens est une première : jamais les Wallabies n’avaient disputé une Coupe du monde avec autant de Fidjiens pour défendre leurs couleurs. Et comme le hasard fait bien les choses, les hommes de Michael Hooper débuteront leur compétition contre… les Fidji justement. Pour le plus grand bonheur du "petit" dernier venu, Isireli Naisarani (24 ans, 4 sélections) : "Je suis très excité à l’idée de jouer contre les Fijdi", confiait récemment le troisième ligne centre à nos confrères de la presse australienne. "Je suis né là-bas mais rassurez-vous, je sais pour quelle équipe je joue : l’Australie m’a donné la chance de devenir professionnel donc je lui donnerait mon cœur et je ferai de mon mieux si je suis sélectionné."

La trajectoire du nouveau tank des Wallabies (1,95 m, 115 kg) est assez particulière. à la différence d’un bon nombre de ses coéquipiers, "Isi" n’a pas été repéré par un agent, ni recruté par un entraîneur en balade. Non, il a été recruté par sa propre famille, son oncle Jesoni et sa tante Vive, installés à Brisbane. Un jour qu’ils étaient rentrés à Nausori, le petit village non loin de Suva d’où le jeune homme est originaire, Jesone et Vive ont assisté à un match de leur neveu. Ils prirent quelques vidéos et les passèrent au staff du club local de Brisbane South. Quelques semaines plus tard, le jeune numéro 8, alors âgé de 19 ans, posait le pied en Australie. Il fut ensuite recruté par Dave Wessels pour intégrer la Western Force en 2017 et quand la franchise de Perth fut éjectée du Super Rugby, Wessels œuvra pour le faire venir dans sa nouvelle équipe, les Melbourne Rebels. Treize matchs de Super Rugby et 4 sélections plus tard, Naisarani est retenu par Michael Cheika pour le Japon.

Waqaniburotu : "Les Wallabies comptent tellement de stars…"

En face, que pensent les Fidjiens restés avec la sélection de leur pays natal ? Avec sa grande sagesse, le capitaine fidjien Dominiko Waqaniburotu assure que son équipe n’éprouve aucun sentiment négatif contre les exilés : "Cela ne nous dérange pas de jouer contre des Fijdiens… Vous savez, les Wallabies comptent tellement de stars dans leur effectif que l’on ne peut se préoccuper que d’une minorité d’entre eux… Face à une telle équipe, la seule chose que l’on peut faire est de se concentrer sur nous et sur nos forces." On peut comprendre le néo-Palois, tant l’effectif des Vert et Or est bardé de stars avec, en prime, le retour de David Pocock en troisième ligne, ou les titularisations de James O’Connor ou Kurtley Beale dans le triangle arrière.

Il n’en reste pas moins que ces Wallabies ont pris un sérieux accent fidjien : de là à les appeler les "Wallajians", ou encore "Flying Wallabies", il n’y a qu’un pas. Car en dehors du terrain, les îliens ont également apporté leurs traditions : "C’est bon de pouvoir compter sur trois autres Fidjiens dans l’équipe. à Melbourne, je joue avec Marika (Koroibete, lui aussi titulaire samedi, N.D.L.R.), expliquait Isireli Naisarani. Quand on a le mal du pays, nous passons du temps ensemble, nous parlons notre langue et on se boit le kava chez lui. Nous cuisinons fidjien aussi ! Ce n’est pas toujours facile de vivre loin de ses proches mais je veux me sacrifier pour rendre ma famille fière. Quand je suis arrivé ici, c’était pour ne jouer qu’en Super Rugby, je n’aurais pas pensé aller plus haut alors je ne vais pas laisser passer cette chance."

"Isi" connaît toutefois mieux que personne la qualité de l’adversaire : "Je continue à suivre les Fidjiens, notamment ceux qui sont en France. Je sais qu’ils sont excellents avec leurs clubs donc on doit se méfier." Sages paroles, pour un jeune international aux quatre petites capes.

Midi-Olympique.fr
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