Farrell range l’épaule

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Publié le , mis à jour

Owen Farrell, fan de rugby à 13, a coutume d’utiliser son épaule pour plaquer. Sauvé des eaux en novembre dernier par des arbitres conciliants, il sait qu’il n’aura plus de joker, au Japon…

Évidemment, il y a la magie du sport. Mais entre une équipe d’Angleterre favorite du Mondial japonais et quinze Tonguiens laminés par les All Blacks il y a quinze jours (92-7), on ne vous mentira pas : le suspens est quasi nul. Malgré tout, le XV de la Rose assure s’être préparé "au défi ultime" face aux Polynésiens, tombeurs de la France en 2011 ; et de son côté, le capitaine Owen Farrell a même profité de ces derniers jours pour changer du tout au tout sa technique de plaquage. Au vrai, la star britannique - probablement le meilleur ouvreur du monde à l’heure actuelle - a tendance à plaquer très haut, qui plus est sans s’aider des bras. Et de toute évidence, cette technique un rien sauvage aurait dû valoir à Owen Farrell deux cartons jaunes (au moins…) lors de la dernière tournée d’automne, pour des plaquages dangereux sur le trois-quarts centre sud-africain Andre Esterhuizen et, trois semaines plus tard, sur le deuxième ligne australien Izack Rodda. Récemment, Eddie Jones, le coach anglais, a alerté ses hommes sur le fait qu’une Coupe du monde pouvait basculer sur une décision d’arbitrage, notamment dans le secteur des plaquages. Peu avant que les Anglais ne quittent leur île pour rejoindre le Japon, le patron de la défense John Mitchell a néanmoins poussé l’analyse un peu plus loin, détaillant aux journalistes le travail réalisé avec son capitaine : "Pour être clair, expliquait donc le coach néo-zélandais, on a proposé à Owen deux schémas : sur le premier, la main est placée devant l’épaule ; il est en position d’administrer un plaquage réglementaire ; sur le second, l’épaule devance la main, alerte l’arbitre et agace la foule. Il faut que tous nos joueurs aient à l’esprit que lors du dernier Mondial des moins de 20 ans, il y a eu un nombre incommensurable de cartons rouges pour plaquages dangereux. Cet automne, les arbitres auront aussi la main leste."

John Mitchell : "On s’est entraîné à treize…"

De fait, le deuxième ligne des All Blacks Scott Barrett fut exclu le mois dernier pour une charge réalisée l’épaule en avant contre un adversaire australien, poussant les champions du monde à terminer à quatorze. Conscients qu’ils pourraient tôt ou tard évoluer dans ce Mondial en infériorité numérique, les entraîneurs néo-zélandais décidèrent même, face aux Tonguiens quelques semaines plus tard, de sortir Ryan Crotty du terrain pour terminer la rencontre à quatorze. C’est ce qui s’appelle parer à toute éventualité, n’est-ce pas ? "Nous confrontons également nos joueurs à ce genre de situation, poursuit Mitchell. à l’entraînement, on les met sous pression pour les habituer à bien réagir. Un jour, on a même fait une séance entière à treize. […] Il faut gommer la panique : du calme et des têtes froides, c’est ce dont nous aurons besoin pour être champions."

Conquête, occupation, défense et donc, discipline : tel est le secret d’un champion du monde potentiel et cette Coupe du monde, bien qu’hystérisée par la fraîcheur d’un nouveau territoire, ne dérogera pas à la règle, les derniers matchs des Four-Nations l’ont bel et bien prouvé. Histoire de mettre toutes les chances de leurs côtés, Eddie Jones et ses assesseurs ont donc demandé à leur meneur de jeu Owen Farrell de ranger les épaules au placard, de cesser de défendre comme un treiziste et d’apaiser les arbitres. Le message a-t-il été assez clair ?

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