La fusée Retière

  • Arthur RETIERE of La Rochelle during the Top 14 match between La Rochelle and Toulouse on September 14, 2019 in La Rochelle, France. (Photo by Eddy Lemaistre/Icon Sport) - Arthur RETIERE - Matmut ATLANTIQUE - Bordeaux (France)
    Arthur RETIERE of La Rochelle during the Top 14 match between La Rochelle and Toulouse on September 14, 2019 in La Rochelle, France. (Photo by Eddy Lemaistre/Icon Sport) - Arthur RETIERE - Matmut ATLANTIQUE - Bordeaux (France) Icon Sport - Icon Sport
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Arthur Retière, ailier de La Rochelle, réalise un début de saison canon. Depuis son arrivée en 2016, le joueur de 22 ans est passé de demi de mêlée à ailier avec un certain succès même s’il reste encore sous-côté par les observateurs.

Arthur Retière, "joueur d’instinct" comme aime à l’appeler son père Didier, est un amoureux inconditionnel de rugby depuis son plus jeune âge. Alors qu’il n’était encore qu’un gamin, il participait déjà à des stages de rugby dans le Pays basque, en l’occurrence le célèbre séjour "Imanol Harinordoquy" en 2010. "Fils de" mais très vite "père qui", il était un phénomène de précocité, difficile à plaquer et à vous donner le tournis balle en main. Vincent Lecheneaut, président du CS Nuiton, le club de rugby de Nuits-Saint-Georges en Bourgogne, se souvient. "On l’a vu grandir, évoluer depuis tout petit jusqu’à sa majorité. Il était déjà au-dessus du lot, capable à lui tout seul de traverser le terrain même dans des catégories où ça devient plus difficile." À l’époque, le jeune Retière aurait sans doute beaucoup rigolé si vous lui aviez dit qu’il aurait le droit à un portrait de lui dans le Midi Olympique. Car comme explique son père Didier ou son ancien président, Arthur ne faisait pas de plan sur la comète, n’avait pas déjà imaginé un possible plan de carrière. Il voulait jouer tout simplement contre les meilleurs. "Il ne me disait pas "je veux être professionnel et aller dans tel ou tel club". Ce qui lui plaisait c’était de jouer les meilleures équipes, contre les meilleurs de sa génération et de s’éclater", se rappelle Didier Retière. "Il prenait le rugby comme un amusement, raconte Vincent Lecheneaut. Il ne s’est jamais pris la tête, il a toujours su garder ce recul par rapport au haut niveau, même lorsqu’il a connu les sélections U18, U19 et U20."

Le choix du Stade rochelais et du positionnement

Malgré ses expériences au rugby à 7, c’est bien au XV qu’il explosa. En 2016 et après un apprentissage au Racing 92, il signe au Stade rochelais avec l’ambition d’avoir davantage de temps de jeu dans une équipe ambitieuse mais loin du standing francilien. Sous les ordres de Patrice Collazo, "Fifou" comme il est surnommé fait ses preuves comme demi de mêlée. Titulaire lors de la demi-finale en 2017 face au RC Toulon, le grand public découvre un jeune joueur d’à peine 20 ans, bas sur les appuis qui se régale dans les zones proches des rucks, offrant aux supporters maritimes des chevauchées dignes pour les connaisseurs des grandes années Benjamin Ferrou. Mais comme trop souvent dans le rugby moderne, une grave blessure stoppa sa progression le 26 août 2017 contre Brive. Victime d’une rupture du ligament croisé, il entama une course contre la montre aux côtés de Lylian Barthuel le kiné du Stade. "Ça avait été très dur, se rappelle Didier Retière. Je l’avais accompagné lorsqu’il était parti se faire opérer. Le club avait été déterminant. Car pour un sportif, se retrouver dans un centre de rééducation un peu tout seul ou s’entraîner à l’isolement c’est très difficile. La Rochelle ne l’a jamais sorti, il faisait tout avec l’équipe et je pense que ça a favorisé son retour. Je me souviens je lui avais dit en rigolant "tu seras apte à jouer quand tu pourras t’entraîner en contact total sans mettre de strap" et depuis qu’il a repris, il n’a jamais remis de strap." C’est aussi ça Arthur Retière. Une force de caractère capable de faire une vidéo moins de six mois après sa grave blessure où on le voit réaliser un salto arrière comme s’il se levait de son canapé.

Sous-côté en France ?

Depuis son retour au plus haut niveau, le "bôgrai" s’est installé à l’aile de l’équipe. Titulaire indiscutable, il a encore montré contre Toulouse sa pointe de vitesse impressionnante avec une course jusqu’à 37 km/h. Avec déjà deux essais au compteur cette saison et bon nombre de franchissements, il monte en puissance à un poste qu’il apprivoise encore depuis peu. D’où peut-être ce côté légèrement sous-côté dans notre championnat. "C’est un jeune joueur à ce poste, cela ne fait véritablement que deux ans qu’il y joue", explique son père Didier. Barassi, Ngandebe, Carbonel : en mentionnant le futur du XV de France on oublie bien souvent Arthur Retière. "Ça doit certainement être l’un de ses objectifs", nous glisse le père. En tout cas, cela ne changera pas ses habitudes, comme le fait de retourner à Nuits-Saint-Georges et de "traverser la rue pour dire bonjour à un vieux qui venait le voir jouer le dimanche", comme nous contait son ancien président. Alors, rendez-vous à l’aube de la Coupe du monde en 2023 pour une interview d’Arthur Retière sous les couleurs du XV de France ? On serait tenté de mettre un "petiô" billet…

Paul Arnould
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