• "Je n’ai pas reconnu  le plan de jeu argentin"
    "Je n’ai pas reconnu le plan de jeu argentin"
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Coupe du Monde

Hernandez : "Je n’ai pas reconnu le plan de jeu argentin"

Juan Martin Hernandez - Ancien ouvreur de l’Argentine Pour l’ancien demi d’ouverture des Pumas Juan-Martin Hernandez, consultant pour ESPN durant toute la Coupe du monde, le plan de jeu argentin n’a pas été appliqué.

Comment expliquez-vous l’apathie générale des Pumas lors de la première période ?

Je n’ai pas reconnu la stratégie des Argentins, notamment sur le jeu au pied. Quand je revois encore le premier essai, ça me rend dingue. Au départ, il y a un ruck dans le camp argentin autour de la ligne des quinze mètres. Normalement, le plan de jeu, c’est de taper au pied par-dessus pour mettre la pression sur la défense proche de la ligne de touche. Or, sur ce coup-là, on a choisi de taper haut dans la diagonale opposée. Seulement la redistribution des joueurs n’était pas prévue pour ce genre de dégagement. Résultat : Maxime Médard récupère le ballon et élimine Boffelli à la retombée. Ensuite, tout s’enchaîne très vite avec des relais de Dupont, puis Ollivon qui traverse le terrain. La suite, c’est simple : comme l’Argentine était totalement désorganisée sur la montée défensive, Vakatawa élimine Matera et Fickou peut marquer. C’est un exemple parmi tant d’autres durant toute la première mi-temps.

Mais pourquoi l’Argentine n’a-t-elle pas réussi à mettre son jeu en place ?

Parce que ce sont les Français qui ont eu les meilleures prises d’initiatives. À l’exception des cinq premières minutes de la première mi-temps, j’ai vu une équipe d’Argentine perdue, sans repère et incapable d’appliquer son plan de jeu. Ensuite, il faut aussi rendre hommage à l’équipe de France qui a su saisir la moindre opportunité. Et puis, les Pumas ont raté beaucoup trop de plaquages.

L’ouvreur des Pumas Nicolas Sanchez a semblé en difficulté dans cette rencontre. Est-ce votre sentiment ?

Il n’a pas eu le confort habituel pour jouer. Bravo à la défense française qui a su l’empêcher de jouer comme il sait le faire. Mais il n’est pas le seul responsable. Au contraire. Tous les joueurs sont sortis du système à un moment ou un autre. C’était impossible de jouer, de mettre en place quelque chose de cohérent offensivement dans ces conditions. Les Pumas n’ont pas su s’adapter aux circonstances de la rencontre et mettre le ballon dans les bonnes zones de jeu pour mettre la pression sur l’adversaire. Heureusement, l’équipe s’est reprise un peu en seconde période.

Seulement, l’Argentine a répondu dans des secteurs de jeu dans lesquels elle n’était pas attendue…

C’est exactement ça. Si l’Argentine est revenue, c’est sur le courage et le mental. Mais pas sur le jeu. Chez nous, avant la rencontre, on craignait la France sur les ballons portés, sur les zones de ruck, sur la mêlée. Et paradoxalement, ce sont ces secteurs de jeu où les Argentins ont été dominants en seconde période. Je ne suis pas non plus très étonné car je sais que Mario (Ledesma) a beaucoup travaillé ces secteurs de jeu. Mais, malheureusement, cela a été insuffisant. La France, grâce à des individualités comme Vakatawa ou Fickou, a fait la différence.

L’Argentine n’a-t-elle pas été trop présomptueuse en fin de première mi-temps en choisissant de ne pas tenter les pénalités ?

Je pense effectivement que nous avons fait des mauvais choix. Pour le coup, il aurait fallu prendre les points. À la mi-temps, il y aurait eu 17-6. Au lieu de cela, la mêlée des Pumas a été pénalisée et, sur l’action suivante, la France a marqué trois points de plus à cause d’un plaquage haut de Cubelli. Au lieu de 17-6, il y avait 20-3 pour les Français à la mi-temps. Et à la fin, il n’y a que deux points d’écart... Propos recueillis à Tokyo par A. B.

Interview à retrouver en vidéo dans son intégralité sur midi-olympique.fr.

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