La folle semaine de Lopez

  • 70e minute : Camille Lopez, qui vient d’entrer en jeu à peine deux minutes plus tôt, tape un drop-goal et offre aux Tricolores une bouffée d’oxygène précieuse. Les Pumas ne reviendront pas...
    70e minute : Camille Lopez, qui vient d’entrer en jeu à peine deux minutes plus tôt, tape un drop-goal et offre aux Tricolores une bouffée d’oxygène précieuse. Les Pumas ne reviendront pas... Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Grand perdant de la composition d’équipe après la titularisation de Romain Ntamack, le Clermontois est finalement celui qui donna la victoire aux Bleus. Sacré pied de nez.

Tout s’est terminé sous la tribune officielle de l’Ajinomoto stadium de Tokyo. Camille Lopez, qui n’est pas franchement le meilleur pour feindre ses émotions, affichait là une franche banane, riait de tout. Après une petite demi-heure à répondre aux médias français sur tout et, surtout, sur son dernier drop qui offfrit la victoire aux Bleus, le Clermontois vit s’approcher quelques journalistes de télés argentines. "M. Lopez ? On peut vous prendre quelques mots en espagnol ?" Ce n’est pas lui faire injure : Lopez peut bien porter fièrement un patronyme d’Hidalgo, il n’entend pas grand-chose à la langue de Cervantes. Mais un soir comme ça, où tout lui a souri après avoir vécu une franche déception quelques jours plus tôt, Lopez s’amuse de tout. Il s’est donc essayé à l’exercice. "La partita" (1) s’est transformée en "el matcho". "La pelota" est devenue "el ballon". Tout le monde s’est bien marré. Lui le premier. Épilogue d’une folle semaine.

Thomas m’a dit : "Camille !" Il voulait que je prenne le drop

Le début avait tout du cauchemar. Titulaire cet été pour le premier match de préparation face à l’Écosse à Nice, reconduit une semaine plus tard à Murrayfield, Lopez avait tous les traits d’un titulaire en puissance, pour cette grande ouverture face à l’Argentine. Et samedi dernier (14 septembre), badaboum : Jacques Brunel et son staff communiquent la composition d’équipe aux joueurs. Aucune surprise, ou presque. Le "presque", c’est Romain Ntamack qui débute à l’ouverture. Et, donc, Camille Lopez sur le banc. Ceux qui l’ont entouré à ce moment parlent d’un joueur très déçu, mais pas en colère. Il confirme : "Des matchs comme ça, t’as envie de les commencer. Mais le staff a fait un autre choix, ça se respecte. Et puis, certains sont restés en France ou dans les tribunes. C’est à eux qu’il faut penser. Moi, je n’ai aucun problème avec le statut de remplaçant. C’est la vérité, je peux vous le dire sur la tête de mes enfants ou de qui vous voulez." Et on ne touche pas aux enfants.

Lopez jure même qu’il a félicité son concurrent direct. On n’a pas vérifié pour cette fois mais, pendant le Tournoi, quand cette même passation Lopez-Ntamack s’était déroulée entre les matchs de l’Angleterre et l’Écosse, le Toulousain avait raconté la même histoire. "Ce n’était pas une situation facile pour lui, je m’en doute. Mais il est d’abord venu me féliciter, immédiatement. Et toute la semaine, il a été à mes côtés pour m’aider, aux entraînements. Il a vraiment joué le jeu, je l’en remercie."

Comme quoi, on peut à la fois être mauvais perdant, comme Lopez, mais aussi beau joueur. Et décisif, in fine, dans un rôle qu’on ne souhaitait pourtant. Samedi, Lopez a touché un premier ballon, pour donner un coup de renvoi. Puis un second, trente mètres face aux poteaux, alors que les Pumas venaient juste de reprendre l’avantage. "On en discute avec Thomas Ramos, je me mets dans l’axe et je pilote les avants avec le demi de mêlée de manière à s’organiser pour pouvoir tenter ma chance... Thomas est derrière et me dit : "Camille !" Il voulait que je prenne le drop." Lopez l’a pris. Il l’a mis. Et la France a gagné.

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