• Thibault Giroud, préparateur physique des Bleus
    Thibault Giroud, préparateur physique des Bleus Icon Sport / Icon Sport
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Coupe du Monde

Physique : La révolution Giroud

En tablant sur des intensités d’entraînement supérieures aux matchs, les Bleus se sont enfin permis de tenir une fin de match. Celle, justement, qui leur échappait si souvent...

Bien sûr, les Bleus ont souffert en seconde période. Jusqu’à, pendant près d’une demi-heure, ne plus voir le ballon. Pourtant, si beaucoup de raisons tactiques expliquent ce gros passage à vide qui, un temps, fit craindre le pire, difficile de l’imputer à des raisons physiques. Bien avant, on pensera aux sorties de camp mal négociées, à quelques pénalités ou en-avant grossiers qui permettaient aux Argentins de remettre la main sur le ballon et, un peu plus loin, à une utilisation de jeux au pied haut, sous lesquels les Bleus étaient pourtant dominés.

Physiquement, en revanche, les Bleus ont tenu la distance. Après le coaching, quand les deux équipes se sont retrouvées à égalité de fraîcheur physique, ils ont même su reprendre le dessus, dans une fin de match où leur premier rideau défensif a maintenu les Pumas à bonne distance, sans possibilité franche de progression autour des rucks et toujours empêtrés, au milieu du terrain, dans le pressing défensif des Bleus qui leur fermait les accès vers l’extérieur.

Des entraînements plus intenses que les matchs

Ce travail, c’est celui du foncier et des trois mois d’efforts qui viennent de s’écouler. Dans les colonnes de Midi Olympique il y a huit jours, le préparateur physique des Bleus expliquait bien que "on ne rattrape pas en trois mois un retard sur les meilleurs." Il précisait toutefois : "la progression athlétique des joueurs a été énorme. Pendant trois mois, on les a eus tout le temps avec nous, jour et nuit. C’est facilitant par rapport au contexte de club où, après la journée de travail, les mecs rentrent chez eux et font finalement ce qu’ils veulent. Cette fois, nous les avions tout le temps avec nous, sous contrôle. Nous avons pu les mettre dans un cadre pour développer des qualités transférables sur le terrain et adaptées au rugby international. La vitesse y est prépondérante, la capacité à répéter des efforts à haute intensité aussi." Pour y parvenir, les Bleus ont notamment perdu du poids. Jusqu’à 8 kg pour certains. Le résultat d’entraînement à intensité maximale. Picamoles raconte : "Nous travaillons dans l’idée que nos entraînements doivent être plus durs, physiquement, que les matchs. Par exemple, nous travaillons sur des séquences de 4 minutes, puis 3 minutes, puis 2 minutes sans interruption de jeu. Et nous répétons ce schéma trois fois. En quatre-vingts minutes de match, une telle intensité ne se produit jamais." Les effets s’en sont fait ressentir, avec une fin de match solide. Un bémol, toutefois : quand les Argentins ont choisi de se recentrer sur leur densité physique, devant, les Bleus ont accusé le coup de cette perte de poids. On ne peut pas tout avoir.

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