• Sam Underhill (Angleterre) est plaqué de façon virile par Siale Piutau (Tonga)
    Sam Underhill (Angleterre) est plaqué de façon virile par Siale Piutau (Tonga) Icon Sport / Icon Sport
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Coupe du Monde

Les Tonga sont à prendre au sérieux

Défait par l'Angleterre 35 à 3, les Tonguiens ont tout de même réalisé une partie très sérieuse.

Pour tout vous dire, à l’annonce de la composition peu ou prou type de l’Angleterre pour ce match, nous voyions mal comment la modeste formation tonguienne pouvait endiguer une telle machine, deux semaines seulement après avoir encaissé 92 points face à la Nouvelle-Zélande à Hamilton en match de préparation. Quand bien même l’illustre sélectionneur des Aigles des mers, Toutai Kefu déclarait en préambule du Mondial que son équipe "donnerait tout pour décrocher une qualification historique pour les quarts de finale", les Tonga nous paraissaient être la formation du Pacifique la plus faible du tournoi.

Force est de constater que pour son entrée en matière dans ce Mondial japonais, cette dernière nous a bien fait mentir. Sans réellement rivaliser mais en faisant bien plus que résister face à l’ogre anglais, les Tonguiens ont montré qu’ils seraient plus que des faire-valoir dans cette poule C, et qu’Argentins comme Français seraient bien inspirés de ne pas les jouer les mains en haut du guidon, s’ils voulaient que leurs opérations comptables se passent comme prévu.

Résister n’est pas gagner

Car ce dimanche à Sappora, jamais les partenaires de Vaipulu n’ont semblé étouffés par le rouleau compresseur anglais. Durs sur l’homme, solides en mêlée et plutôt bien organisés, les hommes du Pacifique ont posé de réels soucis à ceux d’Eddie Jones, qui n’ont pas pu dérouler leur jeu et imposer de longues séquences comme ils l’auraient souhaité. D’ailleurs leurs occasions concédées ne furent pas si nombreuses et sans un doublé de l’inévitable Tuilagi, le doute aurait pu s’installer chez les favoris de la poule. Sans quelques grosses fautes de défense collective sur les extérieurs aussi, peut-être les Tonguiens auraient viré en tête à la pause (18 à 3).

Seulement voilà, résister n’est pas gagner et malgré une grosse débauche d’énergie pour contenir les phénomènes britanniques, force est de constater que les hommes de Toutai Kefu affichent un manque de mobilité flagrant, d’autant qu’ils n’ont pas non plus l’apanage offensif dont disposent leurs homologues fidjiens. Si les cartouches de Kalamafoni et consorts ont (longtemps) retardé l’échéance, les valeureux îliens n’ont pu en fin de match, empêcher les partenaires d’Owen Farrell de prendre le bonus.

Une performance qui, malgré une défaite finale par plus de trente points (35 à 3), donne un certain crédit aux paroles du sélectionneur Kefu. Leurs futurs adversaires sont prévenus et n’auront cette fois pas l’excuse de la "surprise" qu’avait constitué le dernier exploit des Aigles du Pacifique lors d’un Mondial. C’était en 2011, face à la France…

Midi Olympique
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