• Virimi Vakatawa, qui n’aurait pas joué la Coupe du monde si Geoffrey Doumayrou ne s’était pas blessé pendant la préparation, se révèle être le facteur X des Bleus. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Virimi Vakatawa, qui n’aurait pas joué la Coupe du monde si Geoffrey Doumayrou ne s’était pas blessé pendant la préparation, se révèle être le facteur X des Bleus. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Coupe du Monde

Vakatawa : Le grand gagnant

Non convoqué en début de préparation, Virimi Vakatawa a gagné une place de titulaire en un mois. profitant du forfait de fofana, le centre du Racing 92 a même été étincelant face à l’Argentine.

Il y a seulement quelques mois, il aurait fallu être devin pour conter l’histoire de Virimi Vakatawa portant les Bleus dans ce premier match de Coupe du monde face à l’Argentine. Personne n’aurait pu imaginer un tel scénario. Il faut bien comprendre que le trois-quarts centre du Racing 92, très utilisé sous l’ère Novès, n’avait plus été aligné par Jacques Brunel depuis la défaite en Écosse en février 2018. Deux petits matchs à l’aile et puis s’en va. Sans le forfait de Geoffrey Doumayrou en plein milieu de la préparation, le joueur d’origine fidjienne n’aurait jamais vu le Japon. Arrivé dans le groupe france le 21 août, il a été le facteur X des Bleus un mois plus tard face à l’Argentine à Tokyo. Un match placé sous le signe de l’émotion. En début d’année, lors des funérailles de sa maman, celui qui avait intégré l’équipe de France à 7 sur les conseils de Philippe Saint-André pour accéder au XV de France, avait déposé un maillot des Bleus sur le cercueil. Une dernière offrande et une promesse : "J’ai promis de tout faire pour revenir en équipe de France et jouer la Coupe du monde. C’est ça qui m’a motivé."

Après la blessure de Doumayrou, celle de Wesley Fofana l’a propulsé titulaire un peu à la surprise générale. Un pari gagnant du staff tricolore puisque le Racingman a été impliqué sur les deux essais français. Une prestation scrutée par son entraîneur de club, Laurent Travers : "On pouvait avoir quelques doutes car il évoluait dans un contexte émotionnel très chargé, mais je trouve qu’il a parfaitement su le gérer. Il espérait vraiment avoir la chance de disputer cette compétition, et il a accueilli son rappel en Bleu comme un signe du destin. Il lui tardait vraiment d’entrer dans la compétition, de ne plus penser qu’à jouer au rugby, ce qu’il sait faire de mieux. Et je crois qu’on l’a encore bien vu." Le troisième ligne Pablo Matera aussi, mais il n’a pas réussi à attraper l’attaquant français qui a décalé Gaël Fickou pour le premier essai français. Rien de surprenant pour le manager francilien : "Offensivement, tout le monde a pu voir ce qu’il a apporté en termes de créativité, par son travail d’appui, par sa dextérité, il a été capable de créer des situations que lui seul pouvait amener. On l’a vu sur l’essai de Gaël Fickou, qu’il provoque en "asseyant" littéralement Pablo Matera, un des meilleurs défenseurs du monde, par un double cadrage-débordement. Il a également été tout près d’offrir un essai à Damian Penaud sur un offload, que Damian a malheureusement laissé tomber. C’est pour des gestes comme ça que Virimi est un joueur à part. Cela prouve qu’il a joué en pleine confiance. Il ne s’est pas posé de question."

Deux plaquages manqués, extérieurs coupés

Le trois-quarts centre tricolore devait surtout rassurer sur sa fiabilité défensive. Alors même s’il a manqué deux plaquages, il a parfaitement fermé les extérieurs en montant très vite. "En défense en club, il aime beaucoup évoluer avec Henry Chavancy qui lui parle beaucoup et le rassure à son intérieur, quand il prend l’initiative de couper. On pouvait avoir des doutes sur son entente avec Gaël Fickou, mais ils se sont finalement avérés très complémentaires en défense, ce qui était le premier secteur sur lequel ils allaient être jugés." La ligne d’attaque argentine s’est vite retrouvée sans solution. Les Bleus ont certainement trouvé la leur.

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