Ambiance : Tout en décontraction

  • Yacouba Camara (France) lors d'un entraînement des Bleus
    Yacouba Camara (France) lors d'un entraînement des Bleus Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Aux entraînements de l'équipe de France, les sourires mangent parfois sur le sérieux. La nouvelle génération, désormais majoritaire, impose ses codes.

Ce n’est peut-être qu’une anecdote, mais elle en dit long sur ce qui se passe en ce moment, entre les quatre murs des hôtels bleus. Dimanche 15 septembre, au pied du Mont Fuji dans le sanctuaire Kitaguchi Hongu Fuji Sengen, les Bleus immortalisaient leur cérémonie de remise de cape par une première photo d’équipe. Costumes cravates impeccables, cape évidemment sur la tête et posture droite, mains dans le dos, regard porté au loin. Sérieux. Et cette suggestion du capitaine Guirado, une fois le cliché officiel dans la boîte. "On pourrait en refaire une autre, un peu moins sérieuse. Non ?" Comme à Marcoussis avant de partir, la deuxième photo donnait alors à voir des joueurs en désordre. Certains, de dos. D’autres, une main cachant un œil, cette célébration que toute la nouvelle génération bleue adopte depuis bientôt deux mois et que Fickou répéta, samedi, pour célébrer son essai face à l’Argentine. Partout, des sourires. Et ce cri de ralliement : "l’équipe est toka" en référence à une chanson éponyme du rappeur Fianso.

Serin : "Ça se prend un peu moins la tête"

Une génération nouvelle a clairement pris le pouvoir et imposé ses codes à la vie d’un groupe depuis longtemps en quête de fraîcheur. Elle a imposé ses expressions, ses jeux et la musique qui accompagnent ce groupe à chaque entraînement. "Il y a certainement plein de petites paramètres qui influent. L’expérience, une part de chance. Mais il y a surtout une part humaine. Avant, on s’entraînait bien, mais on traversait les semaines de manière assez plate, sans étincelle. Là, il y a plein d’histoires qui rythment les semaines. C’est peut-être présomptueux, mais je crois qu’il se passe quelque chose dans cette équipe" avançait Jean-Baptiste Elissalde, samedi dernier, quand il fut interrogé sur les raisons d’un succès arraché en fin de match, quand ces Bleus étaient plutôt habitués à être les dindons d’une farce amère, dès qu’un match se jouait à rien. "Depuis que je suis en équipe de France, j’avais très peu ressenti ça, cette bonne humeur qui est véhiculée, confie le demi de mêlée Baptiste Serin. Il y a beaucoup de sourires. J’avais vécu ça sur ma première sélection en Argentine où on était un peu loin de tout et de la pression médiatique. On était pas mal de nouveaux et ça nous avait permis d’écarter un peu la pression. J’ai l’impression qu’on est un peu dans le même schéma. Il y a beaucoup de jeunes, ça se prend un peu moins la tête."

Le groupe vit bien ? La facilité de langage hérisse les poils. Il y a pourtant du vrai. Les plus anciens, les cadres, les joueurs à 50 sélections sont désormais en minorité. Ils se plient à ces codes nouveaux. Ils y trouvent même du plaisir, comme l’affirme le capitaine Guirado. "C’est clair que, de toute façon, nous sommes désormais plus nombreux qu’eux. Ils n’ont pas trop le choix" en rigole le Montpellériain Yacouba Camara. "Il y a une petite lutte sur les blagues, les chambrages entre les jeunes et les anciens. Et je crois bien que nous prenons le dessus." Pourvu que ça dure.

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