• Sapiac était fermé en début de semaine. Les joueurs montalbanais sont en quarantaine jusqu’à dimanche soir et espèrent pouvoir reprendre une activité normale dès lundi.
    Sapiac était fermé en début de semaine. Les joueurs montalbanais sont en quarantaine jusqu’à dimanche soir et espèrent pouvoir reprendre une activité normale dès lundi. La Dépêche du Midi / Florent Duprat / La Dépêche du Midi
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Pro D2

La bactérie de la panique

Un staphylocoque qui aurait été contracté par un joueur de Montauban, et transmis à ceux de Nevers par contamination, perturbe la bonne tenue de la cinquième journée. Deux matchs sont reportés.

Staphylococcus aureus. Derrière ce nom barbare se cache la nouvelle terreur du championnat de Pro D2. Aurillac -Montauban et Nevers - Béziers, deux matchs comptant pour la 5e journée ne se tiendront pas ce week-end et sont reportés à une date ultérieure, qui sera fixée après une réunion du bureau de la LNR prévue le mardi 1er octobre.

Voilà les conséquences directes d’une épidémie de staphylocoque doré qui touche les effectifs professionnels de Nevers et Montauban. Dans le Tarn-et-Garonne comme dans la Nièvre, la bactérie a fait son œuvre et s’est propagée à grande vitesse, mettant sur le flanc au moins dix Montalbanais et douze Neversois. Comment a-t-on pu en arriver là ? "C’est une transmission interhumaine, explique Akram Ben Saïd, le médecin de l’USM. Les premiers signes de la maladie ont concerné un pilier bien avant la venue de Nevers. Nous avons été au-delà du traitement en allant jusqu’à hospitaliser le joueur qui présentait lui aussi des signes d’infection à une jambe mais pas un staphylocoque doré. L’homme a été pris en charge à l’hôpital Purpan de Toulouse et a pu reprendre le rugby à sa sortie de l’hôpital car il était déclaré guéri." Le jour du match face à Nevers, "un deuxième joueur, qui commençait à présenter les premiers signes de la maladie, a été écarté du groupe et n’a pas pris part à la rencontre", tient à préciser le médecin.

C’est après le match que les choses se sont accélérées. Dans la semaine suivant la rencontre, perdue par Montauban (26-29), l’histoire prend d’autres proportions. Du Pré-Fleuri de Nevers à la cuvette de Sapiac à Montauban, de nombreux joueurs commencent à présenter des signes de contamination. "Cela se traduit par une infection cutanée, des boutons qui coulent et c’est le pus généré qui est vecteur de transmission de la maladie. Avant de pouvoir décréter que la contamination était collective, il fallait que plusieurs cas se déclarent." Dès lundi, l’USON a signifié à la Ligue la présence de la maladie dans ses rangs et son intention de ne pas accueillir Béziers ce week-end. Un communiqué a été publié mardi sur les réseaux sociaux du club. Les Montalbanais ont annulé une opération de communication chez un partenaire du club avant de sacrifier la sacro-sainte conférence de presse d’avant-match qui devait se tenir mercredi. Montauban s’est exprimé mercredi dernier, par voie de communiqué, pour expliquer que les installations du club étaient fermées et les joueurs mis en quarantaine. "On tombe des nues", explique le président tarn-et-garonnais Jean-François Reygasse. "On estime avoir fait les choses dans les règles. Pour nous, le joueur malade aligné face à Nevers était guéri." Des propos corroborés par le médecin du club : "Le joueur a quitté Purpan en étant apte à jouer au rugby. Nous avons convoqué le laboratoire d’hygiène et d’analyse pour effectuer des prélèvements au stade et sur les installations utilisées par les joueurs. Tous les prélèvements nous sont revenus négatifs samedi dernier. Ce qui écarte une contamination indirecte. L’hypothèse la plus probable est celle d’une contamination directe par un joueur porteur dont les symptômes ne s’étaient pas encore déclarés, ou pas de manière assez sensible pour alerter le joueur et les médecins."

Pas de négligence

L’enchaînement des faits provoque l’ire du président de Nevers (lire par ailleurs) qui estime que tout n’a pas été fait pour protéger ses joueurs car les Montalbanais savaient qu’au moins un de leurs joueurs était porteur de la maladie. Ces derniers s’en défendent et assurent avoir fait tout ce qui était en leur pouvoir pour éradiquer la maladie. Akram Ben Saïd reprend : "Tous les membres du club, des joueurs au personnel administratif, suivent un traitement préventif, même s’ils ne sont pas contaminés. Dans cette affaire, nous sommes plus sur de la surmédicalisation. Il n’y a pas de négligence. Je comprends la colère du président de Nevers mais le club de Montauban a fait les choses parfaitement dans les règles." Pour conclure, le médecin montalbanais tient à rassurer : "La contagion est gênante mais sur des hommes jeunes en pleine force de l’âge, ce n’est pas une maladie grave. On en guérit très bien."

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