• Face à Castres, l’Aviron bayonnais de Guillaume Rouet, ici à gauche, a ouvert son compteur de victoire à domicile. Une façon d’affirmer que personne ne viendra gagner facilement à Jean-Dauger cette saison.
    Face à Castres, l’Aviron bayonnais de Guillaume Rouet, ici à gauche, a ouvert son compteur de victoire à domicile. Une façon d’affirmer que personne ne viendra gagner facilement à Jean-Dauger cette saison. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Top 14

La Rochelle… à défaut de Japon

Àprès Castres, voici La Rochelle, un autre très gros calibre, qui se présente à Jean-Dauger. Un test pour le numéro 9 franco-espagnol de l’aviron.

Guillaume Rouet n’est pas homme à se dérober ni à pratiquer la politique de l’autruche. Il aurait pu être l’une des attractions de l’ouverture de la Coupe du monde si le match de qualification entre l’Espagne, la nation pour laquelle il jouait, et la Belgique, en mars 2018, ne s’était terminé de la plus sombre des façons pour lui. Pour avoir contesté l’arbitrage du Roumain Vlad Iordachescu, il avait écopé de trente-deux semaines de suspension et, surtout, les Ibères avaient été écartés sur tapis vert, au profit de la Russie. Néanmoins, le demi de mêlée était devant son écran pour le match d’ouverture entre le Japon et la Russie. "Oui, je l’ai regardé avec, comment dire… une boule au ventre, décrit le demi de mêlée de l’Aviron. Pour moi, on méritait d’y être. C’est un crève-cœur, clairement. La plaie ne sera jamais refermée. Elle restera ouverte tout au long de ma carrière. Jouer une ouverture de Coupe du monde, le plus grand événement de notre sport, c’est magique. Surtout que je devais faire équipe avec mon frère. Quelqu’un avec qui je partage beaucoup, de qui je suis très proche. Je lui dois beaucoup pour mon retour."

Durant quasiment la moitié de la saison dernière, Guillaume Rouet va ainsi ronger son frein. Surtout qu’après sa suspension, il devra guérir une blessure. Mais le soleil finira par se lever. Pas au Japon mais à Bayonne. Une consolation qui arrive à point et qui s’apprécie d’autant plus après une période noire : un titre de champion de France et un retour en Top 14. "C’est sûr, continue-t-il, je préférerais être au Japon mais je retrouve le plaisir avec Bayonne. Je suis vraiment content. Il faut relativiser, avancer." Prendre du plaisir, expression souvent galvaudée, mais, pour le Bayonnais, elle prend tout son sens. Il s’appliquera aussi à maintenir son club formateur dans l’élite, lui, l’un des rares rescapés de la dernière aventure, il y a trois ans. "On montre, pour l’instant, qu’on peut rivaliser, précise-t-il. On mérite d’être là vu le contenu de nos matchs." L’équipe est-elle mieux armée que lors de la précédente campagne dans l’élite ? "C’est compliqué de juger, avance-t-il. Ce n’était pas une année de Coupe du monde. Nous n’avions pas le même effectif. Le championnat a encore évolué. Je n’aime pas trop comparer. Ce n’est pas du tout pareil."

Etre au Mondial en France en 2023

Le défi face à La Rochelle arrive à point nommé pour une nouvelle évaluation. Il sera de taille. L’Aviron devra encore franchir une marche. Sera-t-il en mesure de renouveler sa performance dernière face à Castres ? "La Rochelle est encore un ton au-dessus, juge Guillaume Rouet. Ce sera un très bon test pour nous. Il faut qu’on garde nos forces c’est-à-dire jouer à 100 %, avec toujours notre même état d’esprit. Si nous n’avons pas les individualités de La Rochelle, on pourra s’appuyer sur notre collectif."

S’il fait partie des anciens, "sans jouer un rôle de papa pour les jeunes" pour autant, le trentenaire se donne encore quelques années. Il s’est même fixé un objectif, une vraie revanche sur le sort. Devinez. "Je voudrais terminer ma carrière avec une qualification pour la prochaine Coupe du monde, en France qui plus est, divulgue-t-il. J’aurai 34 ans et dans un monde idéal, si mon physique me le permet, ce serait une fin parfaite !"

Paul Arnould
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