Trois-quarts : polyvalence gagnante ?

  • Gaël Fickou (France) contre l'Argentine
    Gaël Fickou (France) contre l'Argentine Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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L’enchaînement de trois matchs en dix jours est un véritable casse-tête pour le staff de Jacques Brunel. Toutefois, dans la ligne trois-quarts, la présence de nombreux joueurs polyvalents est source de solution.

"Être polyvalent, ça peut être un atout pour faire un très bon remplaçant ou 24e homme." Avec une touche d’ironie, Arthur Iturria avait froidement accueilli son repositionnement en deuxième ligne. C’était avant d’affronter l’Italie, le 30 août dernier, en match de préparation. Du point de vue du joueur, l’argument se défend. Mieux, il s’entend. Mais pour un staff technique, la polyvalence d’un joueur, c’est une bénédiction. Et une façon de mieux contourner la difficulté d’un calendrier alambiqué, pondu par World Rugby sous la pression des nations mineures, jusque-là toujours contrainte à ce drôle d’exercice d’enchaînement des matchs sur un laps de temps très court quand les équipes majeures étaient choyées et préservées.

Le XV de France s’apprête donc à disputer trois matchs en dix jours. Pas simple. "Je sais bien que les gens qui organisent ont des contraintes, souligne d’ailleurs Jean-Baptiste Elissalde, l’un des adjoints de Jaques Brunel, mais c’est quand même bizarre d’évoquer parallèlement la sécurité des joueurs." La réflexion est juste. Depuis le début de semaine, tous les Bleus interrogés sur la possibilité d’enchaîner deux fois quatre-vingts minutes en quatre jours ont répondu par la négative. "On a anticipé cette problématique depuis longtemps, explique Elissalde. La planification est prête, mais on sait que nous aurons des impondérables, des blessés, peut-être des suspensions à gérer. Ce que l’on maîtrise, c’est notre turn-over, la façon de faire fonctionner les deux équipes, ceux qui sont dans le groupe, ceux qui ne le sont pas. On s’est même penché sur des scénarios catastrophes avec des blessures contraignantes sur certains postes."

Une foulitute de combinaisons

Il n’empêche. L’exercice ressemble à un joli numéro entre jonglage et équilibriste. Et le choix d’une très large polyvalence parmi les joueurs présents dans la ligne de trois-quarts prend tout son sens et toute son utilité. On a bien regardé, compté et recompté : seuls trois joueurs apparaissent comme de vrais spécialistes à leur poste. Camille Lopez, Alivereti Raka et Pierre-Louis Barassi ne peuvent jouer respectivement qu’à l’ouverture, à l’aile et au centre. Les autres ? Ils offrent une foultitude de combinaisons. Un véritable rubik’s cube. Antoine Dupond ? Il peut jouer aussi bien à la mêlée qu’à l’ouverture. Baptiste Serin ? Idem. Maxime Machenaud ? Allez donc demander à Laurent labit ce qu’il en pense. Durant la Coupe du monde 2015, le demi de mêlée du Racing 92 avait fait mieux que dépanner en numéro 10. Au Stade toulousain, Thomas Ramos passe indifféremment de son poste d’arrière à celui d’ouvreur. Damian Penaud peut glisser de l’aile vers le centre, tout comme Maxime Médard de l’arrière à l’aile et Yoann Huget faire le chemin inverse. Avant de retrouver en équipe de France sa position de prédilection au centre, Gaël Fickou était aligné à l’aile. Aujourd’hui ouvreur du XV de France, Romain Ntamack est un premier centre au Stade toulousain. On continue ? Virimi Vakatawa, utilisé à l’aile sous l’ère de Guy Novès, a connu sa première titularisation au centre samedi dernier contre l’Argentine. Quant à Sofiane Guitoune, ce n’est pas nous qui le disons, mais Jean-Baptiste Elissalde : "Il peut jouer partout." "Mais je sais aussi, reprend le technicien, que j’ai cinq ou six joueurs qui seront deux fois de suite sur les feuilles de matchs contre les États-Unis et le Tonga. On essaiera donc de gérer au mieux les temps de jeu des uns et des autres." D’aucuns avancent que le staff de Brunel fait du bricolage. Peut-être, mais pour le coup, il est contraint et forcé par le calendrier. Surtout, il a été anticipé durant la préparation estivale. Elissade témoigne : "On a profité de tous ces moments d’entraînement, que nous n’avons pas habituellement, pour faire des essais, pour trouver des connivences, pour voir comment les joueurs eux-mêmes se sentaient sur différents postes." Pour quels résultats ? Réponse en attente.

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