• La mêlée, un des secteurs forts de l’équipe bayonnaise, a permis aux Basques de faire basculer la rencontre.
    La mêlée, un des secteurs forts de l’équipe bayonnaise, a permis aux Basques de faire basculer la rencontre. Pablo Ordas / Pablo Ordas
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Top 14

Bayonne à bon port…

L’Aviron confirme son bon début de saison. En venant à bout de La Rochelle après bien des péripéties. Victoire du mental mais aussi d’une équipe en progression. Notamment en mêlée.

Menés 12 à 0 en un gros quart d’heure, un carton rouge juste avant la pause… et l’Aviron est revenu du diable Vauvert avec, en face, l’une des meilleures formations du championnat, toujours à la recherche de sa première victoire à l’extérieur qu’il comptait bien obtenir chez un promu. "C’est en plus l’un des favoris le moins amoindri par le mondial, précise Hugo Boniface, et il nous a respectés en alignant sa plus grosse équipe." Mais ce déséquilibre, palpable durant les vingt premières minutes, qui promettait une déculottée aux Bayonnais, n’était-il pas un trompe-l’œil ? En tout cas une situation due, non pas à une passivité, mais à une entame catastrophique des Bayonnais, avec notamment des sorties de camp manquées, des coups de pied directs en touche. "Vu de l’extérieur c’était difficile de penser qu’on pouvait gagner mais, à la mi-temps, on a dit aux joueurs que si La Rochelle devait marquer des points, il fallait qu’il les mérite, qu’il produise quelque chose d’intéressant. On a été sous pression uniquement parce qu’on a fait des erreurs incroyables par rapport à ce niveau et à l’exigence qu’on doit avoir. On était totalement hors sujet."

Alors quand l’Aviron a cessé de commettre des fautes, la situation s’est redressée. Sauf qu’il lui a fallu jouer à 14, durant toute la seconde mi-temps, suite à un carton rouge justifié, adressé à Census Johnston. "On a su se remobiliser, glisse Arthur Duhau, face à une situation que l’on avait jamais vécue. Il ne fallait plus s’exposer chez nous, jouer les coups à fond." Ce qu’a fait l’ailier, parti de loin, sur l’essai d’Alofa. "J’ai tenté, ça a marché !" Bayonne s’est donc retrouvé tel qu’en lui-même. Même à quatorze. "Depuis quelques saisons, raconte Yannick Bru, une équipe à quatorze se trouve, des fois, renforcée mentalement. On a essayé de capitaliser là-dessus." Et les avants se sont surpassés. Avec une dette à rembourser pour le jeune pilier bayonnais, entré au plus mauvais, quand il fallait pousser à sept contre huit, face à une première ligne internationale. "On a fait un mauvais match devant contre Castres. On avait à cœur de se rattraper. À un de moins en mêlée, on a prouvé qu’en mêlée, on était présent dans ce Top 14." La mêlée, un faux problème pour le manager, injustement sanctionnée en début de match. "C’est contre l’esprit du jeu. Je pense que le juge de touche avait envie de passer à la télé. Notre mêlée a quand même été très costaude en deuxième mi-temps. Je suis très fier mentalement de ce qu’on a fait dans ce secteur de jeu parce que cela nous a permis de récupérer des pénalités importantes qui ont changé l’issue du match. C’est chouette." Avec aussi la performance de Luc Mousset, au niveau de la tenue en mêlée, en net affermissement depuis la saison dernière et en qui Yannick Bru a toujours cru. Ne répétait-il pas qu’il fallait lui laisser le temps de s’adapter. "Luc a beaucoup progressé en mêlée fermée. C’est un autre joueur. Je suis très fier de lui. Si on l’a sorti à la demi-heure, c’était une rotation prévue. Parce que Census, bientôt, il va être grand-père… Il ne peut pas enchaîner trop de temps de jeu. Les rotations sont fréquentes en cours de match."

"On avance pas à pas"

La mêlée, révélatrice sûrement du potentiel basque. Face au dernier demi-finaliste du Top 14, Bayonne confirme ses prétentions. "Je suis fier des gars, continue l’entraîneur en chef. J’y crois, en cette équipe, à son potentiel. On avance pas à pas." Mais Yannick Bru sait aussi, et il comptait là-dessus en début de saison, que la Coupe du monde, offre des opportunités, notamment aux promus. Et les bonnes performances de Bayonne sont contrebalancées par celles des autres. "Il faut prier pour qu’il ait plein de typhons et que la Coupe du monde, dure deux bons mois, ajoute-t-il. Blague à part, on le voit dans ce championnat. Brive a fait une performance majuscule face à Toulon, Castres a eu beaucoup de mal à battre Agen, Pau a perdu d’un point à Toulouse. Forcément, il a des rapports de force qui sont inversés. Le décor change complètement en ce début de saison. Et nous, nous sommes au milieu de ce décor-là. Il faut regarder la valeur relative. Agen, Pau, Brive, tout le monde est là. À force de dire que les outsiders allaient se faire fouetter, ils se sont nourris de cela et ont élevé leur niveau. Ce qui n’est pas rassurant pour nous. Nous, nous sommes au niveau mais les autres aussi. Faut pas s’emballer."

Et justement, rendez-vous à Agen samedi prochain.

Edmond Lataillade
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