• 38e minute : Gareth Davies intercepte le ballon et inscrit le deuxième essai du match spectaculaire face à l’Australie. Photo Icon Sport
    38e minute : Gareth Davies intercepte le ballon et inscrit le deuxième essai du match spectaculaire face à l’Australie. Photo Icon Sport PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
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Coupe du Monde

Prises de têtes

Ce choc du groupe D a tenu toutes ses promesses en termes d’intensité, d’incertitude et de combat. Seul regret, il a été pollué par de nouvelles hésitations à propos des plaquages hauts... Les Gallois profitent de cette victoire pour prendre la tête de la poule.

On a bien cru que les Gallois allaient tuer ce match bien avant son terme. On les vit déjà vainqueurs quand, après 35 secondes de jeu, l’ouvreur Dan Biggar ajusta un drop après un contre-ruck judicieux de son flanker Aaron Wainwright. Et l’on crut aussi qu’une correction des Wallabies se dessinait quand ces derniers encaissèrent un cinglant 13 à 0 en à peine plus de deux minutes juste avant la pause. Un essai sur interception de ce diable de Gareth Davies qui fut élu homme du match et deux pénalités de Rhys Patchell faisant passer le score de 10 à 8 à 23 à 8… mais il n’en fut finalement rien.

C’est désormais un fait, ces Galles-Australie sont décidément des matchs à part. De véritables chocs des titans qui réservent leurs lots de surprises. La première fut que les deux ouvreurs remplaçants, Rhys Patchell et Matt Toomua ont mieux conduit l’attaque de leurs équipes respectives que les titulaires, Dan Biggar et Bernard Foley. Le premier à fait preuve d’un remarquable sang-froid pour passer des pénalités difficiles, tandis que le second redonna instantanément un coup de fouet à la ligne de trois-quarts australiens. Sitôt entré en jeu, Toomua débloqua une situation pour envoyer Dane Haylett-Petty derrière les perches. Un essai qui relança complètement la rencontre. Les Australiens remirent ensuite la main sur le ballon et imposèrent un terrible défi aux avants gallois. Un véritable bras de fer qui amena l’essai en force de Michael Hooper à l’heure de jeu : "Ce test a été vraiment rude, confirmait le troisième ligne gallois Josh Navidi au visage tuméfié à l’issue de la rencontre, nous sommes tous mâchés. Mais c’est encore meilleur de gagner un match de cette façon justement, cela nous donne de la confiance en vue du match contre les Fidji."

Cheika : "Je suis gêné par cette situation"

Vous l’aurez compris, ce match fut spectaculaire. Tant dans l’intensité, le combat que dans la qualité et la variété des essais marqués. Mais il fut aussi le théâtre d’une certaine incompréhension autour de trois longs appels à la vidéo demandés par Romain Poite et qui gâchèrent un peu la fête. L’on pense en particulier à cette situation étrange entre le centre Samu Kerevi qui, en défiant Rhys Patchell, toucha malencontreusement la zone au-dessus des épaules de l’ouvreur gallois car ce dernier, au lieu de tenter un plaquage convenable, se contenta de rester droit comme un "i" pour barrer la route au puissant centre australien… "En tant que joueur, j’essaye de défier pour dominer mon adversaire et gagner la ligne d’avantage, expliquait Michael Hooper. Le problème, c’est que la technique de plaquage de Patchell a été très mauvaise et il est parti en arrière. Très honnêtement, je ne vois pas comment Kerevi aurait pu faire pour éviter cette situation. J’ai donc tenu à en parler à l’arbitre pour que cette situation ne se reproduise plus." Son sélectionneur, Michael Cheika, s’est montré plus véhément et n’a pas hésité une seconde à rappeler le fameux cas de son ailier Reece Hodge, suspendu trois semaines : "C’est marrant parce qu’il me semble avoir déjà vu ce plaquage chez un certain Reece Hodge, mais je ne suis pas sûr. Quand un mec de chez nous plaque en ayant le fameux cadre de règles du plaquage en tête, il se fait suspendre. Patchell n’a pas pensé une seconde à ce cadre mais nous sommes quand même pénalisés. En tant qu’ancien joueur de rugby, je suis gêné par cette situation." Il est vrai que si l’on décortique et ralentit chaque séquence où le corps arbitral a l’ombre d’un doute, on risque de gâcher cette belle fête qu’est censée être la Coupe du monde…

Simon VALZER
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