Publié le / Modifié le
Top 14

Agen-Bayonne : Pas un match de bas de tableau

L’aviron et Agen sont deux équipes qui vont lutter pour leur survie. Mais leur classement et leur bon début de saison font déjouer les pronostics.

"Le classement, je le prends en photo ! Je le regarderai lors des périodes plus difficiles." Joël Rey connaît trop la valeur de cette quatrième place même si cette hiérarchie n’est, à ce stade, pas trop significative. Mais qui aurait parié en une confrontation entre le 4e et le 10e du classement, alors que tous les suiveurs voyaient ces deux équipes bien plus en bas ? Ce n’est donc pas à un match entre équipes de la zone rouge qu’Armandie est convié… Si Yannick Bru confiait, après le match face à La Rochelle, que sa formation était au niveau, il appuyait sur le constat que les autres formations l’étaient également.

Néanmoins, si certains avancent que ce match oppose deux équipes qui jouent le maintien, les Basques ne le voient pas de cette manière. Le manager bayonnais n’a-t-il pas volontairement omis de prononcer ce mot depuis le début de la saison ? Il entrevoit d’autres ambitions. Joël Rey, comme tous les Bayonnais, se range derrière cette façon de voir les choses. Sans occulter l’importance de cette confrontation entre gens qui savent qu’ils ne devraient pas disputer les phases finales. Alors personne n’avancera que ce sera un match à huit points. "C’est sûr qu’avec Agen, on va batailler, admet Joël Rey. C’est un match important. De l’avis général du rugby français, c’est notre championnat." Celui d’en bas. Mais pour l’instant, ce n’est pas le cas. "Aujourd’hui, il y a des clubs moins bien classés qu’Agen et nous, poursuit-il. Demain, ils auront les moyens de faire mieux. Et nous, nous allons nous battre partout, pas particulièrement à Agen. Même si, sur le papier, c’est un adversaire à notre niveau."

Personne n’attendait la victoire de l’Aviron au Racing pour l’ouverture. C’est bien dans ces mêmes dispositions que les Basques voyageront dans le Lot-et-Garonne. "On ira à Agen comme on est allé à l’Arena, à Jean-Bouin. Ne croyez pas qu’on a coché une croix sur le calendrier, comme le pense beaucoup de monde. On a ferraillé au Racing, fait ce que l’on a pu face à La Rochelle. C’est le même état d’esprit qui nous animera samedi. Si on peut ramener quatre points, ce sera fantastique, deux points, très bien, un point, important. Il faut qu’on ramène des points comme tous les week-ends."

"personne n’a craqué"

Pas de petites équipes donc, pour l’heure, dans ce championnat. La compétition offre bien des surprises qui profitent aux supposées modestes. "C’est en effet la grande surprise, explique l’ancien Palois, la satisfaction de ce début de championnat. Personne n’a craqué. Tout le monde a au moins une victoire et des bonus. Si cela dure toute l’année, ce sera intéressant. Et quand une équipe emmagasine de la confiance, elle s’accroche."

Le cas des deux adversaires du jour. Agen et Bayonne présentent beaucoup de similitudes en ce début de saison. L’entraîneur des avants les a repérées. "Dans l’état d’esprit. Agen résiste bien. Tout le monde lui prédisait le pire, vu que l’équipe avait perdu beaucoup de monde. D’accord, mais il a encore trouvé des ressources pour dénicher de bons joueurs dont certains viennent de Pro D2, comme chez nous. Le Pro D2 est un très bon réservoir. On ne sent pas les Agenais débordés. À Pau, à Castres, ils font plus que jeu égal."

Les retrouvailles entre ces deux équipes promettent un face-à-face équilibré, vivant. Les deux formations aiment le jeu, pas seulement dans leur histoire. "Eux, comme nous, essayons de produire, insiste Joël Rey. L’une des clés du match sera de conserver le ballon. Les pertes de balles seront fatales. Rien n’est écrit."

Même si les Bayonnais ne veulent pas donner à ce match une priorité vitale, il n’en demeure pas moins que le résultat sera regardé de près.

Edmond Lataillade
Voir les commentaires
Réagir