• Le deuxième ligne néo-zélandais s’épanouit sur la rade, il compte désormais parmi un des leaders de combat varois. Photo Icon Sport
    Le deuxième ligne néo-zélandais s’épanouit sur la rade, il compte désormais parmi un des leaders de combat varois. Photo Icon Sport
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Alainu'uese, l’autre "Big man"* de la rade

Deuxième ligne de Toulon Romain Taofifenua au repos suite à une nouvelle commotion, il sera la caution puissance du RCT. Sans pression, mais avec le sens des responsabilités.

Il y a un an, presque jour pour jour (9 octobre), Toulon officialisait la signature de Brian Alainu’uese. Arrivé de Glasgow en qualité de joueur additionnel, le géant néo-zélandais avait alors pour mission de dépanner à un poste où l’effectif varois était temporairement privé de Vernet, Gorgodze et Taofifenua. Depuis ? "Brice", comme le surnomme le vestiaire varois, s’est imposé comme un joueur indispensable aux yeux de son staff. Aligné à 18 reprises (14 titularisations) dès sa première saison, le deuxième ligne compte ainsi parmi les leaders de combat. N’a-t-il jamais regretté d’avoir rejoint Toulon, alors qu’il était à quelques mois de devenir sélectionnable avec l’équipe d’Écosse ? "Croyez-moi, ça a été le choix le plus difficile à faire de ma carrière. J’étais heureux en Écosse, et en même temps Toulon ne se refuse pas… Mais c’était la meilleure décision. Je n’ai jamais regretté. Cet endroit est le meilleur du monde pour jouer au rugby. On s’entraîne au soleil, les habitants sont attachants et le groupe est talentueux." La seule contrariété ? "J’ai une femme originaire de Glasgow… je dois donc la surveiller par rapport au soleil", s’amuse le géant de la rade, avant d’exploser de rire : "Je lui demande de ne pas s’exposer plus de cinq minutes par jour !"

Trêve de plaisanterie, Alainu’uese espère être à la hauteur de l’héritage laissé par les anciens deuxième ligne du club. " Au RCT sont passés des joueurs qui ont révolutionné notre poste. Je pense à Bakkies Botha et Victor Matfield, mais également à Mamuka Gorgodze", analysait le "big man" varois, avant d’ajouter, avec une pointe de légèreté : "Je crois que le président aime bien les deuxième ligne"

Tout va pour le mieux, donc, pour le géant de la rade ? Oui, sauf qu’un an après son arrivée, celui qui a grandi du côté d’Auckland doit une nouvelle fois enfiler son costume de super héros. Car s’il se remet à peine d’une blessure au dos qui l’a éloigné des terrains pendant plus de deux mois, "Brice" se retrouve une fois encore à jouer les pompiers de service. La raison ? Les absents, encore et toujours : Mamuka Gorgodze ayant été appelé pour disputer le Mondial avec la Géorgie et Romain Taofifenua ayant été mis au repos forcé suite à une nouvelle commotion. "Pour Mamuka c’est génial. En revanche Romain… ça me fait ch*** ! Il revenait de la préparation pour la Coupe du monde, il était super bien physiquement, un brin revanchard et il est mis eu repos au pire moment… Maintenant, c’est une opportunité qui est offerte aux autres joueurs du club. Il va falloir se hisser au niveau." Et s’il demeure un jeune joueur (25 ans), Alainu’uese sait qu’il va devoir épauler ses cadets : Swan Rebbadj et Corentin Vernet. "J’ai un peu plus d’expérience qu’eux, alors je sais que le staff compte sur moi."

"La nourriture française est… dangereuse"

Mais bien plus qu’un joueur d’expérience, le numéro 5 du RCT, sera la caution puissance de l’équipe. Aux côtés du très mobile Rebbadj, le Néo-Zélandais se mue temporairement en unique "ultra-puissant" du pack. Avec ses 202 centimètres, et ses 133 kilos, l’ancien joueur de Glasgow devra mener ses coéquipiers sur ses (très) larges épaules. "Patrice attend de moi que j’avance en mêlée et que je fasse mal sur mes plaquages. Je dois permettre à l’équipe de rivaliser physiquement. Patrice veut qu’on remarque ma présence sur le terrain."

L’objectif pour Brian Alainu’uese est donc de porter Toulon, le temps que les autres géants fassent leurs retours, et qu’Eben Etzebeth rallie la rade. "Avant de penser à la concurrence à venir, je veux me concentrer sur les prochaines échéances. On n’a pas le droit de perdre si on veut rester dans la course aux qualifications. Puis si je commence à réfléchir au retour des joueurs, je vais oublier de me concentrer sur mes marges de progression personnelle. La principale ? Le fitness. J’aimerais arrêter de manger autant ! La nourriture française est… dangereuse. Entre le pain et le beurre, c’est tellement bon." Léger dans les mots, Brian Alainu’uese sait qu’il devra impérativement peser sur les défenses adverses. Et ce dès dimanche, contre le Stade rochelais.

* Big man n’est pas un nom de super-héros, mais bien le surnom utilisé dans les pays anglo-saxons pour définir les hommes aux dimensions démesurées.

Pierrick Ilic-Ruffinatti
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