• Agustin Creevy (Argentine) contre la France
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Entretiens

Creevy : « Ça va être la guerre »

Alors qu’il s’apprête à devenir le joueur le plus capé de l’histoire du rugby argentin, Agustin Creevy, talonneur des Pumas, se prépare à un terrible combat pour ce match de la mort.

Vous avez évolué deux ans en Angleterre, à Worcester avant de rejoindre les Jaguares. Que vous ont apporté ces deux années ?

Worcester a été un moment très important dans ma carrière. J’ai beaucoup grandi là-bas. J’ai aussi beaucoup progressé sur mes lancers en touche. Dan Richmond, qui était en charge de ce secteur au club, ne m’a pas lâché pendant deux ans ! Je lui dois beaucoup. J’ai aussi changé ma façon de voir mon sport et j’ai compris comment les Anglais voient le rugby…

Et comment le voient-ils alors ?

Les Anglais pratiquent un rugby très structuré, très rigoureux. Ils ne laissent pas beaucoup de place à l’improvisation : quand ils sont dans leurs camps, ils tapent au pied ; au milieu du terrain, ils jouent ; dans les 22 mètres, ils enchaînent au près. Cela m’a fait du bien d’être formé à ce rugby. Cela m’a structuré moi-même.

Votre expérience du rugby anglais va-t-elle aidé votre équipe ?

Je l’espère. Je vais tout faire pour. Vous savez, ça va être la guerre. C’est comme une finale pour nous. Soit on gagne et on reste, soit on perd et on rentre chez nous. C’est aussi simple que ça.

Êtes-vous toujours en contact avec Worcester ?

Oui, j’y ai gardé des amis, notamment chez les kinés. J’ai passé beaucoup de temps là-bas avec un gamin qui s’appelait Jack Singleton. Ce n’était qu’un môme, il jouait au même poste que moi alors je l’aidais un peu pour ses lancers et on passait du temps en salle de musculation. Et aujourd’hui, il a 23 ans et fait partie du groupe anglais qui dispute ce Mondial ! Je suis très fier de sa réussite.

Vous avez dit que ce match allait être une guerre. Depuis plusieurs années, les Pumas pratiquent un jeu très amitieux, basé sur le mouvement. Allez-vous revenir à un jeu très direct pour ce match ?

Oui. Je ne vous cache que ce sera un match pour les avants et que cela va cogner dur. On fera aussi des mêlées, des mauls, des touches… bref, un vrai match d’avants.

L’Angleterre a remporté vos neuf dernières confrontations. Que devez-vous faire pour inverser la tendance ?

Remporter la bataille des avants. Tout commencera de là. Il faudra gagner les mêlées, les touches, les mauls et être efficace dans les rucks.

La mêlée a eu beaucoup de mal durant le dernier Rugby Championship avant de se ressaisir face à la France lors de cette Coupe du monde. Comment expliquez-vous un tel redressement ?

On a beaucoup travaillé. Vraiment beaucoup. Sur nos techniques individuelles et notre mentalité. Je pense qu’à un moment, nous avions un peu oublié cela. Depuis, nous avons progressé et j’espère que cela va continuer car la mêlée anglaise est très forte.

La mêlée a toujours été fondamentalement la base de votre jeu. En êtes-vous revenus ?

Oui, cela a changé, c’est vrai. Nous y avons accordé moins d’importance. Mais je sens que cette tradition est en train de revenir. On y travaille chaque semaine. On bosse même la mêlée dans les hôtels !

Pourquoi les Argentins sont-ils aussi émotifs sur un terrain ? Et pourquoi le sont-ils plus qu’une autre équipe ?

C’est difficile à dire. Ce maillot représente tellement pour nous… C’est notre pays, nos familles, c’est mon club… Et puis vous savez, on vit quelque chose de particulier avec les Jaguares : on passe notre vie ensemble. Toute l’année ou presque, nous sommes ensemble dans les hôtels, les avions, sur les terrains… On finit par s’aimer les uns les autres. Nous sommes davantage que des amis, nous sommes des frères. C’est ce qui, à mon avis, nous sépare de toutes les autres équipes du monde.

Vous êtes sur le point de devenir le Puma le plus capé avec 88 sélections. Que ressentez-vous ?

Je suis fier. Très fier. Je ne peux même pas expliquer ce que cela représente pour moi. C’est magnifique d’avoir réussi à jouer 88 tests avec ce maillot. Je ne l’aurais jamais imaginé. C’est comme un rêve pour moi. Je suis très heureux. Je pense à mon club, à ma famille et tout ce que j’ai fait pour en arriver là. C’était dur mais avec le recul je me dis que cela en valait la peine.

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