• Sam Underhill (à gauche) et Tom Curry (au centre) ajustent les derniers règlages avec leur sélectionneur, Eddie Jones.
    Sam Underhill (à gauche) et Tom Curry (au centre) ajustent les derniers règlages avec leur sélectionneur, Eddie Jones. PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
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Coupe du Monde

Curry / Underhill : les lames de l’Albion

Flankers du XV de la Rose, Tom Curry et Sam Underhill Les deux jeunes et rugueux anglais ont connu des parcours différents mais forment, avec Billy Vunipola, une troisième ligne complète, puissante, mobile et pénible. Deux hommes qui vont avoir un rôle clé face à l’Argentine.

On aurait très bien pu titrer cet article "Les Kamikazes de la Rose". Après tout, c’est bien de cette façon que le sélectionneur Eddie Jones a affectueusement renommé ses deux flankers, Tom Curry et Sam Underhill. C’était à la fin du mois d’août. James Haskell venait d’annoncer à la surprise générale qu’il se lançait corps et âme dans une carrière de MMA et l’Angleterre s’apprêtait à affronter l’Irlande à Twickenham en match de préparation au Mondial. La semaine précédente, "Crazy Eddie" n’avait pas pu aligner ses deux apprentis équarrisseurs lors du premier match amical contre le pays de Galles car Underhill soignait une blessure à un orteil. Qu’à cela ne tienne, le boss de la Rose annonçait leurs titularisations communes pour l’Irlande et les affublaient de leurs nouveaux surnoms : "Je les appelle les Kamikaze Kids parce qu’ils tirent sur tout ce qui bouge ! Plus sérieusement, nous aurons besoin de sérieux clients dans le domaine du jeu au sol pour aller au Mondial. Au vu de l’évolution du jeu, il y a de plus en plus de libertés laissées au plaqueur, qui peut aujourd’hui rester dans le plaquage et contester aussitôt." Eddie avait vu juste. Avec ses deux kamikazes sur les ailes de sa mêlée, l’Angleterre pulvérisa l’Irlande 57 à 15. Depuis, Tom Curry et Sam Underhill forment une association redoutable et sont devenus les titulaires indiscutables à leurs postes respectifs.

Curry n’a que 21 ans !

Les deux jeunes talents ont fait le nécessaire pour en arriver là. Jugé trop léger à ses débuts internationaux en 2017, Tom Curry a pris six kilos de muscles pour s’affirmer à un poste de flanker côté fermé où il n’est plus rare de voir des deuxième ligne. "Dire qu’il n’a que 21 ans ! Ce gosse possède un physique incroyable, a souligné Jones. Je n’ai jamais vu un joueur comme lui. Il est fort, rapide, agressif et veut constamment apprendre." Ses performances en club en atteste, puisqu’il sort de sa saison la plus aboutie avec les Sharks de Sale : treize matchs en Premiership pour treize titularisations et un essai. Il s’est aussi affirmé en sélection en disputant l’intégralité du dernier Tournoi des 6 nations en tant que titulaire, et marqua même deux essais.

Underhill : "Tom ? C’est un cinglé !"

Sam Underhill, lui, revient de bien plus loin. à seulement 23 ans, le flanker de Bath possède un carnet de santé déjà bien rempli. Commotions à répétitions, opérations d’une épaule et, en fin d’année dernière, une grave déchirure des ligaments à une cheville. Une blessure qui le priva du dernier Tournoi avant le Mondial. Mais grâce un retour remarqué, Underhill gagna sa place dans l’avion. Et forme aujourd’hui un redoutable duo de "Kamikaze Kids" avec Tom Curry : "C’est lui, le vrai kamikaze, proteste Underhill. Il a blessé beaucoup plus de gens que moi à l’entraînement ! C’est un cinglé. Honnêtement, je suis très heureux d’être dans la même équipe que lui. Et pour en revenir au surnom dont nous a affublé Eddie, je pense que quand on joue au rugby, il est toujours bon de garder un raisonnable manque de considération pour sa santé personnelle. Alors, s’il pense que l’on se jette sur tout ce qui bouge, je suppose que je peux le prendre comme un compliment."

Jusque là, les deux Cerbère du pack de la Rose n’ont pas eu grand-chose à se mettre sous la dent : Curry a été titulaire face au Tonga et aux États-Unis tandis qu’Underhill céda sa place au jeune Ludlam contre les Eagles. Curry termina meilleur plaqueur du premier match (16 interventions, 94 % de réussite) et n’eut pour ainsi dire rien à faire pour contenir les rares assauts des Américains (4 plaquages). Curry et Underhill vont donc, ce week-end, trouver enfin des adversaires à leur hauteur en affrontant les Pumas de Pablo Matera et Marcos Kremer.

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