Fabrice Metz, l’enraciné

  • Indispensable à la section, le deuxième ligne de Pau, Fabrice Metz, qui n’a raté que quatre minutes de jeu depuis le début de saison, fait preuve d’exemplarité et entend accomplir sa mission de résurrection de la Section. Photo Icon Sport
    Indispensable à la section, le deuxième ligne de Pau, Fabrice Metz, qui n’a raté que quatre minutes de jeu depuis le début de saison, fait preuve d’exemplarité et entend accomplir sa mission de résurrection de la Section. Photo Icon Sport
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Deuxième de ligne de pau pour sa quatrième saison dans le béarn, où il est devenu incontournable, il vit un nouveau départ. à l’image d’une équipe dont il est plus qu’un symbole.

Dire qu’il est indispensable à la Section paloise depuis le début de saison est un doux euphémisme. Fabrice Metz, qui entame son quatrième exercice dans le Béarn, n’a raté que quatre petites minutes en cinq journées. Ratio très rare pour un deuxième ligne. "Je me sens totalement épanoui et je me suis aussi remis en cause l’été dernier", souligne-t-il en référence à l’ensemble du groupe. Parce que cette équipe sortait d’une année décevante, tant par les résultats sur le terrain que par les comportements en-dehors. Dans la droite ligne du président Bernard Pontneau et du staff, les joueurs se sont jurés d’être irréprochables dans leurs attitudes. Même s’il refuse l’étiquette de gardien du temple, Metz en est un garant : "à l’intersaison, il a fallu se remettre en question et se recentrer sur nous-mêmes. Des choses se sont dites lors des réunions en interne. Je ne veux pas trahir de secret de vestiaire mais on s’est fait des promesses. Il y a un blason à redorer. Le passé, c’est le passé, mais il était important de réaliser ce bilan. J’ai le sentiment que ça prend forme en match. Il faut continuer sur cette lancée."

Protocoles commotion, Neuro tracker et vision du jeu

Lui, montre la voie. Par ses performances et son aura grandissante. Mais, s’il fait presque figure d’expérimenté malgré ses seuls 28 ans, l’international (1 sélection) préfère le devoir d’exemplarité à la déclaration de leadership : "Je n’ai pas envie de réclamer ce rôle. Des joueurs plus anciens au club, comme Julien Fumat ou Daniel Ramsay, le tiennent déjà. Je suis bien dans l’effectif et je veux rester à ma place, demeurer humble. Si je peux être leader, c’est dans le boulot obscur." Ce combat dans lequel il excelle depuis tant d’années mais qui l’a parfois réduit à l’image du deuxième ligne de devoir. Or, Metz a élargi sa palette et se montre beaucoup plus actif dans le jeu courant. Ceci grâce à une prise de conscience personnelle et une nouvelle méthode de travail. "J’ai mis des choses en place dans ma préparation, après avoir connu plusieurs protocoles commotion, avec un neuro tracker (système d’entraînement en 3D qui aide à améliorer l’attention et la vigilance, ou à renforcer les habiletés cognitives, N.D.L.R.), raconte-t-il. Cela m’a fait beaucoup de bien, me permet de mieux analyser le contexte sur le moment et de prendre une décision plus vite. Jusque-là, je souffrais d’une petite lenteur dans ma vision du jeu. Là, je vois une vraie amélioration sur ce plan et je suis plus à l’aise pour lire les situations." Ce qui, évidemment, enrichit son profil : "Je pense avoir évolué ballon en mains. Désormais, je me propose davantage dans le jeu offensif. Il y a quelque temps, j’avais tendance à me retrancher derrière mes points forts, sur les tâches de l’ombre, même si je ne veux pas perdre ces qualités."

Une deuxième carrière dans le bois énergie

En clair, Fabrice Metz semble aujourd’hui vivre un autre départ. Encore une fois comme une Section dont il est le parfait symbole. "Je suis ici depuis 2016 et, si je n’avais pas perçu quelque chose d’intéressant, je ne serais pas resté. J’ai toujours cru en le projet du club. Là, j’ai l’impression qu’un truc se crée. Peut-être que j’aurais raison sur le long terme, peut-être pas. Pau a des ambitions et je veux apporter ma pierre à l’édifice." Lui, à la fois bâtisseur et enraciné, qui a donc établi à Pau plus qu’une maison secondaire. Le deuxième ligne est de ceux qui aiment s’investir pleinement dans ce qu’ils entreprennent. C’est vrai pour le rugby, également pour ce qui ne le concerne pas. Ses racines justement, elles sont en Alsace où ce passionné de la forêt a monté une entreprise de bois énergie avec son frère il y a quelques années. "J’ai connu un accident quand je jouais à Oyonnax et je suis sorti de la pelouse sur une civière. Heureusement, ce n’était rien de grave mais ce fut une sorte de déclic et, à partir de là, j’ai voulu maîtriser mon avenir. Je ne sais pas de quoi il sera fait et quand je devrai arrêter de jouer. J’ai préféré anticiper." Depuis, Metz organise ses semaines en fonction : "à distance, je passe des coups de téléphone, je réponds aux mails et j’essaie de développer la société avec un œil extérieur. La saison passée a été dure mentalement. Du coup, sur mes jours de repos, je passais à autre chose. Mon activité était une porte de sortie. Puis avoir un pied dans le monde de l’industrie permet de garder la tête sur les épaules." Avant, à terme et si tout se déroule comme prévu, de rejoindre sa région natale au moment de raccrocher les crampons et se plonger à temps plein dans sa deuxième carrière. Mais d’abord, il entend accomplir son autre mission : la résurrection de la Section.

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